Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

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2 – LES GROUPES D'HÉLICOPTÈRES LÉGERS :

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

11ème groupe d’hélicoptères légers « école »

Essey-Lès-Nancy

Commandement de l'ALAT du 1er corps d'armée

/ …

12ème groupe d’hélicoptères légers

Föhren – Hetzerath

Commandement de l'ALAT du 2ème corps d'armée

Lieutenant-Colonel JORANT

13ème groupe d’hélicoptères légers « école »

Lesquin

Commandement de l'ALAT du 3ème corps d'armée

/ …

 

Les groupes d'hélicoptères légers de corps d'armée sont le pendant des régiments d'hélicoptères de combat dans l'aviation légère implantée au niveau du corps d'armée.

Ces unités ne sont que des unités de transport de personnalités, à savoir les généraux et officiers supérieurs du corps d'armée idoine.

De même, de par l'utilisation exclusive d'hélicoptères légers dépourvus de tout armement offensif, ces unités ne peuvent être employées uniquement que comme unité de reconnaissance. Au 1er janvier 1989, seul le 12ème groupe d’hélicoptères légers existe, les deux autres sont mis sur pied par les escadrilles d'hélicoptères légers des 6ème et 7ème régiments d'hélicoptères de combat renforcées de deux escadrilles d'hélicoptères légers issues des écoles.

En temps de guerre et hors unités effectuant la gestion de la garnison et de la formation initiale des recrues, les trois groupes d'hélicoptères légers sont à l'effectif de 350 hommes (20 officiers – 97 sous-officiers et 179 hommes de troupes) et sont théoriquement dotés de 83 véhicules divers et de 20 hélicoptères légers.

Le groupe d'hélicoptères légers type se répartit en :

  • un état-major,

  • une escadrille de commandement et des services,

  • 1ère et 2ème escadrilles d'hélicoptères légers.

 

 

Selon les tableaux d'effectifs, le matériel dédiée à ces unités chargées des liaisons est l’hélicoptère léger de type SA.316B Alouette III.

 

Cependant, il arrive de trouver des escadrilles dotées de l’hélicoptère léger de type SA.318C Alouette II ou de l'hélicoptère léger de type SA.341F Gazelle.

 

En effet, si l'on prend en compte l'exemple du 12ème groupe d'hélicoptères légers, seule unité à être mise en œuvre en temps de paix, nous pouvons voir que cette unité ne compte qu'une escadrille d'hélicoptères légers au lieu des trois réglementaires. Cette escadrille comptait encore en 1988 des hélicoptères légers de type SA.341F Gazelle qui sont remplacées au 1er janvier 1989 par des hélicoptères légers de type SA.316B Alouette III.

 

En temps de guerre, le 12ème groupe d'hélicoptères légers se voit affecter une seconde escadrille mise sur pied par l'école de spécialisation de l'ALAT de Dax (40). Cette escadrille est dotée de dix hélicoptères légers de type SA.318C Alouette II.

 

Pour les deux autres unités, nous avons pu voir que les 7ème et 6ème régiment d'hélicoptères de combat perdent respectivement une escadrille d'hélicoptères légers de type SA.316B Alouette III au profit des 11ème et 13ème groupe d'hélicoptères légers.

 

Le 11ème groupe d'hélicoptères légers a été dissous le 30 juin 1985. Son état-major sert à mettre sur pied le 7ème régiment d'hélicoptères de combat et sa 1ère escadrille est intégré à ce nouveau régiment. Il est reformé en temps de guerre par l'escadrille d'hélicoptères légers n° 2 de ce régiment.

 

Le 13ème groupe d'hélicoptères légers basé aux Mureaux (78) a été dissous le 30 juin 1984 pour se transformer en 1er groupe d'hélicoptères légers de zone de défense. Ce groupe est reformé en temps de guerre à Lesquin (59) par l'escadrille d'hélicoptères légers n° 2 du 6ème régiment d'hélicoptères de combat basée en ce lieu.

 

De plus l'école de spécialisation de l'ALAT de Dax (40) met sur pied deux escadrilles supplémentaires équipées chacune de dix hélicoptères légers de type SA.318C Alouette II qui viennent renforcer ces deux groupes. Voici donc un tableau récapitulatif des dotations en temps de paix et en temps de guerre.


Situation « paix » :



11ème groupe d'hélicoptères légers

12ème groupe d'hélicoptères légers

13ème groupe d'hélicoptères légers

EHL

/ …

EHL 1

(10 SA.316B Alouette III)

/ …

/ …

/ …

/ …


Ce tableau se suffit à lui-même, nous ne ferons aucun commentaire.


Situation « guerre » :



11ème groupe d'hélicoptères légers « école »

12ème groupe d'hélicoptères légers

13ème groupe d'hélicoptères légers « école »

EHL

EHL 1

(10 SA.316B Alouette III)

EHL 1

(10 SA.316B Alouette III)

EHL 1

(10 SA.316B Alouette III)

EHL 2

(10 SA.318C Alouette II)

ES.ALAT de Dax

EHL 2

(10 SA.318C Alouette II)

ES.ALAT de Dax

EHL 2

(10 SA SE.318C Alouette II)

ES.ALAT de Dax


Nous pouvons voir que ces groupes d’hélicoptères légers, devant compter un total de six escadrilles avec un total de soixante hélicoptères légers de type SA.316B Alouette III, ne comptent chacune que deux escadrilles avec un total de trente hélicoptères légers de type SA.316B Alouette III et trente hélicoptères légers de type SE.318C Alouette II.


Les trois groupes d'hélicoptères légers de corps d'armée sont donc sur le même système organisationnel que les six groupes d'hélicoptères légers de zone de défense qui seront étudiés dans la page consacrée aux unités de « défense Opérationnelle du Territoire ».


Selon le site alat.fr de Monsieur Christian MALCROS, quatre-vingt-six hélicoptères légers de type SA.316B Alouette III ont été livrés à l'Aviation Légère de l'Armée de Terre entre février 1960 et octobre 1970.


Au 1er janvier 1989, sur les quatre-vingt-six exemplaires perçus, l'Aviation légère de l'armée de terre ne dispose plus que de soixante-cinq hélicoptères de ce type. En enlevant les trente machines affectées aux groupes d'hélicoptères légers, il en reste trente-cinq réparti entre :

 
  • le 5ème groupe d’hélicoptères légers : 5 exemplaires avec treuil

  • l'escadrille 1ère armée : 5 exemplaires

  • le DÉTALAT de Djibouti : 5 exemplaires avec missiles antichars de type SS11

  • le DÉTALAT de Berlin : 2 exemplaires

  • en réserve : 18 exemplaires

 

TABLEAU DE COMPARAISON DES HÉLICOPTÈRES EN DOTATION :

 
 

SA.316B Alouette III

SA.318C Alouette II

Motorisation :

Turboméca Artouste III B

Turboméca Astazou II A2

Puissance unitaire :

850 ch

550 ch

Rotor :

tripale

tripale

Équipage :

1 pilote + 6 passagers

1 pilote + 4 passagers

Longueur hors-tout :

10.03 m

9.75 m

Hauteur hors-tout :

3.09 m

2.75 m

Diamètre du rotor :

11.50 m

10.20 m

Poids à vide :

1 230 kg

895 kg

Poids maximal au décollage :

2 200 kg (charge utile de 750 kg)

1 650 kg

Vitesse de croisière :

185 km/h

170 km/h

Vitesse maximale :

210 km/h

205 km/h

Plafond :

3 200 m

3 200 m

Distance franchissable ou Autonomie :

540 km

720 km

Armement :

/ …

/ …

 

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D – LES UNITÉS DU GÉNIE :

 

Faisant suite aux unités de l’Aviation Légère de l'Armée de terre, abordons maintenant l'arme du Génie.

 

L'arme du génie est une arme à double « action ». Elle a pour but, en temps de guerre, de favoriser la manœuvre des forces amies et d'entraver celles de l'adversaire.

 
  • Favoriser la manœuvre des forces amies : cette action se caractérise par deux grands points, la mission d'assaut et la mission de préservation des moyens de progression (traitement des itinéraires et franchissement de coupures)

  • Entraver la manœuvre de l'adversaire : cette action se base uniquement sur une mission de contre-mobilité (pose de mines, destruction d'ouvrages et mise en place d'abatis)

 

Le régiment du génie de corps d'armée est conçu et organisé afin de traiter des différentes missions. Nous verrons ci-après l'organisation du régiment de par ses unités élémentaires, cependant, nous pouvons acter ici que chaque régiment est un concentré d'actions tant offensives que défensives.

 

A cet effet, chaque corps d'armée se voit affecter un commandement du génie dirigeant théoriquement deux unités placées sous ses ordres.

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

2ème régiment du génie

Metz

Commandement du génie du 1er corps d'armée

Colonel VINCENT

6ème régiment du génie

Angers

Commandement du génie du 3ème corps d'armée

Colonel LEDUC

10ème régiment du génie

Spire

Commandement du génie du 2ème corps d'armée

Colonel BRUNET

11ème régiment du génie

Rastatt

Commandement du génie du 2ème corps d'armée

Colonel ROBBE

71ème régiment du génie

Oissel

Commandement du génie du 3ème corps d'armée

Colonel FRANCOISE

 

A la lecture du tableau ci-dessus, nous pouvons voir que deux des trois corps d'armée sont dans leur dotation pleine et entière. En effet, le 1er corps d'armée n'a qu'un seul régiment du génie. Cependant ce fait est à relativiser car la 1ère armée dirige l'action de la Division du Rhin qui dispose de quatre unités du génie, à savoir trois régiments de franchissement (les 1er, 12ème et 16ème régiments du génie) ainsi que le 83ème bataillon d'engins fluviaux du génie.

 

Les cinq régiments de corps d'armée sont tous des unités d'active. Quant à la division du Rhin, les 12ème et 16ème régiments du génie sont mis sur pied en temps de guerre, les deux autres unités étant d'active.

 

Mentionnons également un élément méritant d'être souligné. Le 4ème régiment du génie – unité école – est affecté à la 14ème division légère blindée – école en temps de guerre. Cette division est elle-même affectée au 1er corps d'armée.

 

Cependant cette unité du génie possède une 24ème compagnie d'instruction du franchissement et une 25ème compagnie de franchissement amphibie dotées de matériels divers.

 

En temps de guerre, ces régiments du génie de corps d'armée sont à l'effectif de 1 208 hommes (53 officiers – 233 sous-officiers et 922 hommes de troupes) et sont dotés de 358 véhicules divers.

 

Le régiment du génie de corps d'armée s'organise théoriquement en :

 
  • un état-major,

  • 21ème compagnie de commandement et des services,

  • 22ème compagnie d'appui,

  • 24ème compagnie de ponts flottants motorisés,

  • 25ème compagnie de franchissement amphibie,

  • 1ère compagnie de combat mécanisée,

  • 2ème compagnie de combat motorisée.

 

 

Face à cette situation de prise d'armée théorique, la situation suivante s'impose dans le tableau exposé ci-après

 
 

Commandement / appui

Franchissement

Combat

2ème régiment du génie

21ème CCS

22ème CA

24ème CPFM

25ème CFA

1ère CC

2ème CC

6ème régiment du génie

21ème CCS

22ème CA

/ …

25ème CFA

1ère CC

2ème CC

10ème régiment du génie

21ème CCS

22ème CA

23ème CFA

25ème CFA

1ère CC

2ème CC

11ème régiment du génie

21ème CCS

22ème CA

25ème CFA

26ème CFA

1ère CC

2ème CC

71ème régiment du génie

21ème CCS

22ème CA

24ème CPFM

25ème CFA

/ …

2ème CC

 

Pour information en sus des unités présentées supra, certains régiments du génie administrent en temps de paix d’autres unités élémentaires.

 

Les 6ème et 71ème régiments du génie administrent respectivement les 141ème/ 142ème et 231ème/232ème compagnies du génie affectées aux 9ème division d'infanterie de Marine et 8ème division d'infanterie. Ces compagnies du génie forment en temps de guerre les 14ème et 23ème régiments du génie avec apport de réservistes, renforçant l'état-major et mettant sur pied une troisième compagnie de combat et une compagnie de commandement et de soutien par régiment.

 

Les 2ème et 71ème régiments du génie coordonnent respectivement l'action de la 971ème compagnie d’électron-mécaniciens pour le premier et les 1ère compagnie de concassage et 2ème compagnie d'enrobage pour le deuxième.

 

Nous pouvons voir que la dotation théorique n'est que peu respectée. Seul le 2ème régiment du génie est conforme au schéma théorique. En matière de franchissement, seuls les 2ème et 71ème régiments du génie possèdent une 24ème compagnie de ponts flottants motorisés, les 10ème et 11ème régiments du génie, unités stationnant en Allemagne fédérale, ont deux compagnies de franchissement amphibie.

 

Le 6ème régiment du génie ne possède quant à lui qu'une seule compagnie de franchissement.

 

Pour le franchissement de coupures, ces cinq unités du génie sont toutes dotées de ponts automoteurs d'accompagnement de type « GILLOIS » comptant à l'effectif de la 22ème compagnie d'appui. Les autres unités sont dotés de bacs amphibies et d'engins de pont (travures ou rampes travures) de type « GILLOIS » inscrits aux matériels de dotation des compagnies de franchissement amphibies.

 

Ces engins « Gillois », comme nous venons de le dire se divisent en trois grands ensembles que sont :

 
  • le bac amphibie automoteur « GILLOIS » qui est un engin autonome de « franchissement discontinu ». Il assure le transbordement de véhicules ou d'attelage de véhicules. Le terme « bac » explique qu'il charge d'un bord et décharge de l'autre bord en traversant la coupure humide. Il est auto-alimenté.

  • l'engin de pont « GILLOIS » type 2D se présente en engin « travure » ou en engin « rampe travure ». Il s'agit en fait du même engin que cité supra mais en lieu et place d'un « bac », il est doté sur sa partie supérieure de travures permettant d'établir un pont continu par la réunion de plusieurs engins de pont. Les engins « rampe travure » sont aux extrémités. Un pont de 48 mètres de long peut être établi par chaque des deux sections « pont » de la compagnie de franchissement amphibie.

  • le pont automoteur d'accompagnement « GILLOIS » est un pont mécanique dépliable de 22 mètres de long avec possibilité de couplage avec un autre engin du même type aidé d'un chevalet autostable.

  



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