Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

LA DIVISION DU RHIN
 

MISE À JOUR DU 14 JUILLET 2018


La division du Rhin n’est pas la plus connue de toutes les unités mises sur pied en 1989.


Cette unité d’aide au franchissement de coupures humides est mise sur pied au début des années 70 sous le vocable « Zone de Franchissement du Rhin – ZFR ». Elle prendra le nom de « division du Rhin » au 1er juillet 1984 avant d’être baptisée « brigade d’Alsace » au 1er janvier 1993 pour être ensuite dissoute le 30 juillet 1999.


Le 1er juillet 1984, à l’issue de la dissolution de la 6ème division blindée et du transfert de son état-major dans le sud-Est en vue de la création de la 6ème division légère blindée, la 62ème division militaire territoriale mutualise ses moyens de commandement avec la « Zone de Franchissement du Rhin » et participe ainsi à la création du 156ème régiment de commandement et de soutien (unité de réserve avec noyau d’active), apportant ainsi rang et prérogative à la grande unité divisionnaire qu’est la nouvelle « division du Rhin ».


Constituée primitivement du 1er régiment du génie (active), des 10ème, 29ème et 31ème bataillons de chasseurs à pied (réserve) et du 59ème régiment d’artillerie sol-air (réserve), la Zone de Franchissement du Rhin devenue division du Rhin en 1984 amalgamera diverses unités pour être dotée au 1er janvier 1989 de quatre unités du génie, de quatre unités d’infanterie, d’une unité d’artillerie et d’une unité du Train.


La mission de la division du Rhin est très simple : elle œuvre pour le passage des grandes unités de combat et des forces logistiques de l’armée de terre en temps de guerre. En effet, hors les unités forces françaises qui stationnent en République Fédérale Allemande (trois divisions blindées et divers éléments organiques de corps d’armée et d’armée), les autres troupes se trouvent sur le territoire métropolitain.


Dès le déclenchement du conflit nous opposant vraisemblablement aux forces armées du Pacte de Varsovie et en fonction des « accords - cadre » signés avec les autorités ouest-allemande et « otaniennes », l’armée française s’engage tout ou partie sur le territoire de la République Fédérale Allemande.


Dans un premier temps, il s’agit donc de faire franchir le Rhin en toute sécurité à douze divisions, à deux corps d’armée et leurs éléments organiques dont deux brigades logistiques puis dans un second temps d’assurer le ravitaillement via le déplacement des unités du 1er commandement logistique.


A cet effet, la division du Rhin s’organise de la manière suivante :

Comme nous pouvons le voir, outre les cinq unités composants le 156ème régiment de commandement et de soutien et les neuf unités de commandement régimentaire, cette division se compose de deux ensembles bien définis :


  • l’ensemble « franchissement » avec quatre régiments ou bataillons du génie soit :

    • six compagnies de franchissement de coupures humides,

    • six compagnies de combat du génie,

    • une compagnie de bateaux,

  • l’ensemble « bulle de protection » avec quatre unités d’infanterie et un régiment d’artillerie soit :

    • seize compagnies de combat d’infanterie,

    • quatre batteries de tir sol-air dotées chacun de huit canons antiaérien de type Bofors de 40 mm,

    • trois compagnies d’éclairage et de combat dotées chacune de six mortiers de 120 mm et de six canons sans recul de 106 mm montés sur Jeep,

    • une compagnie de combat de l’Arme-Blindée-Cavalerie dotées d’automitrailleuses légère.

Les six compagnies de franchissement de coupures humides sont le cœur du dispositif car elles assurent, par l’installation de divers modèles de pont, la capacité de démultiplication des axes.


Le 1er régiment du génie est doté de deux compagnies de ponts flottants motorisés soit la possibilité d’installation maximale en temps de guerre de 300 mètres de pont par compagnies (soit 100 mètres de pont par section).


Les deux autres régiments issus de la réserve doivent également passer sur ce type de matériels : le 12ème régiment du génie le sera au 1er octobre 1989. Nous n’avons aucun renseignement en ce sens pour le 16ème régiment du génie.


Au 1er janvier 1989, si l’on se réfère aux termes du TTA 155, ces deux régiments sont normalement dotés d’une compagnie de franchissement US 60 T et une compagnie d’équipage de pont fixe Bailey.


Ces matériels sont d’origine américaine et datent des années 1950. Vous aurez tous les détails des engins et moyens utilisés dans la page traitant des unités du génie.


Comme nous pouvons le voir, la Division du Rhin est donc capable de projeter sur le fleuve six moyens divers de franchissement ce qui permet de démultiplier ou de remplacer selon les cas, les dix ponts déjà existant en temps de paix et reliant l’Alsace (rive gauche) de la République Fédérale Allemande (rive droite).


A ces six ponts projetés par les trois régiments de pontonniers du génie, ajoutons les moyens de transbordement du 83ème bataillon des engins fluviaux du génie qui est une unité dont l'état-major est mis sur pied en temps de guerre mais dont les unités de franchissement existent en temps de paix en dépendant administrativement du 32ème régiment du génie. Ses deux compagnies sont référencées sous les numéros 831/32 et 832/32. En temps de guerre, le bataillon devient autonome et intègre la Division du Rhin sous le numéro 83.


Ce bataillon disparaîtra au cours de l’année 1989 lorsque la compagnie 831/32 est dissoute.


Les ponts autour de Strasbourg sont les plus importants, c’est en cela que le 59ème régiment d’artillerie est chargé de la protection antiaérienne du pont rail-route de Beinheim et le pont de Gambsheim. Ce régiment est formé par appelés ayant effectués leur service militaire au 53ème régiment d’artillerie de Mulheim.


Les trois bataillons de Chasseurs sont mis sur pied à partir des centres mobilisateurs de Colmar, Monswiller et Wolfisheim avec un recrutement local issu des appelés ayant fait leur service militaires aux 1er, 152ème et 153ème régiment d’infanterie encasernées respectivement à Sarrebourg, Colmar et Mutzig.


Il en va de même pour le 37ème régiment interarmes de défense qui est mis sur pied au centre mobilisateur de Monswiller.





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