Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

LES BRIGADES DE ZONE

 

MISE A JOUR EN DATE DU 17 AVRIL 2019

 

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SITUATION GÉNÉRALE :

 

En 1984, dans le cadre de la réforme des unités de combat dédiées à la défense opérationnelle du territoire, est décidée la mise sur pied de sept unités de réserve appelées « brigades des zone » devant remplacer les dix divisions de réserve.

 

Ces sept brigades de zone se répartissent dans chacune des six zones de défense sachant que la zone de défense « Est » compte deux brigades de zone.

 

Ces brigades sont donc les éléments d’intervention des zones de défense. En effet, en cas de guerre face aux unités du Pacte de Varsovie, nos troupes d’active ou d'école appartenant à la 1ère armée ou à la Force d’Action Rapide interviennent en renfort des troupes de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Allemagne Fédérale.

 

Notre territoire sera donc défendu par les sept brigades de zone au niveau des zones de défense comme le feront les vingt-trois régiments interarmes divisionnaires (RIAD) et les six régiments frontière au niveau des divisions militaires territoriales.

 

Pour mémoire, mentionnons que les quatre divisions d'infanterie – école pouvant être mobilisées au début des années 1980 au profit de la défense opérationnelle du territoire se réduisent à une seule unité – école à partir de 1984 tout en sachant que cette seule unité aura comme mission la défense du site du Plateau d'Albion.

 

En effet, les 131ème et 151ème divisions d'infanterie – école se transforment en 12ème et 14ème divisions légères blindées « école » tout en étant désormais rattachée au 1er corps d'armée et la 141ème division d'infanterie « école » est dissoute.

 

Il ne reste donc plus que la 152ème division d'infanterie – école. Cette unité école a comme mission de défendre la zone du plateau d’Albion, haut lieu de notre dissuasion nucléaire. Cette unité a été présentée dans la chapitre consacré aux divisions d'infanterie.
 

Un tableau exposé ci-après compare le nombre de nos unités de réserve et nos unités – école engagées en 1977 et le nombre de nos unités de réserve et école engagées en 1989 au profit de la défense opérationnelle du territoire (les chiffres entre parenthèse sont les unités école) :




Situation 1977

Situation 1989

Différence

Combat

Régiment de cavalerie légère

14 (5)

8 (1)

-6

Régiment d'infanterie portée

42 (12)

18 (3)

-24

Appuis

Compagnie du génie

14 (4)

16 (2)

2

Soutien

Régiment de commandement et de soutien

14 (4)

8 (1)

-6

Total

84 (25)

50 (7)

-34


La dissolution des dix divisions de réserve et de trois des quatre divisions d’infanterie – école, montre une baisse sensible, au niveau zonal, des moyens de combat mis en œuvre pour la défense opérationnelle du territoire soit une perte sèche de 40,48 %.


Cependant au niveau des divisions militaires territoriales, il faudra compter sur les vingt-trois nouveaux régiments interarmes divisionnaire (qui sont pour quinze d'entre-eux des ex-régiments d'infanterie portée de divisions de réserve) et sur les six régiments « frontière ».


Pour être même plus précis, les unités – école qui représentaient un total de vingt-et-un régiments et quatre compagnies unité en 1977, ne sont plus que cinq régiments et deux compagnies en 1989 soit une baisse de 72 %. Une grande partie de ces moyens est en fait reportée sur le corps de bataille de la 1ère armée avec la création des 12ème et 14ème divisions légères blindées – école.


Les unités de réserve qui représentaient cinquante-quatre régiments et dix compagnies en 1977, passent à vingt-neuf régiments et quatorze compagnies en 1989 soit une baisse de 67,19 %.


Passons maintenant au détail de chiffres.


Nous pouvons voir qu'en matière d'infanterie nous avons une perte de vingt-quatre unités entre 1977 et 1989.


Cependant, cette perte est compensée par la création de vingt-trois régiments interarmes divisionnaires qui vont accompagner les six régiments « frontière ».


Mentionnons que selon le TTA 907 – édition 1982 et l'aide mémoire d'officier de cavalerie de 1987, l'effectif d'un régiment porté est de 980 hommes et 160 véhicules avec :


  • une compagnie de commandement et de soutien,

  • une compagnie d’éclairage et d’appui,

  • quatre compagnies de combat.


Selon des informations reçues sur le 8ème régiment d’infanterie de Marine – régiment interarmes divisionnaire (RIAD) par l’ancien officier en charge de son escadron d’automitrailleuse, ce type d’unité, à l’effectif d’environ 1 200 hommes est composé de :


  • une compagnie de commandement, d’appui et de soutien (une section PC et transmissions, une section d’éclairage et de reconnaissance sur jeep -, une section antichar équipée de canon de 106 sans recul sur jeep - une section de mortiers de 120 ou de 81),

  • quatre compagnies de combat à 149 hommes,

  • un escadron d'automitrailleuses à 9 automitrailleuses (6 AML60 et 3 AML90).


Les régiments interarmes divisionnaires ont un nombre variable de compagnie de combat, cela oscille entre quatre et six compagnies de combat. Leur escadron d'automitrailleuses compte trois pelotons d'automitrailleuses et un peloton porté.


Le régiment « frontières », avec une organisation particulière, compte quant à lui 1 050 hommes.


Au 1er janvier 1989, les quinze régiments d'infanterie portée de réserve comptant au titre des sept brigades de zone se structurent sur le modèle présenté via le TTA 907.


Sur les douze régiments d'infanterie comptant au titre des écoles en 1977, il n'en reste plus que trois en ligne en 1989 au sein de la 152ème division d’infanterie – école. Sur les neuf manquants, quatre ont rejoint les 12ème et 14ème divisions légères blindées – école, quatre ont été dissous et le neuvième a été transformé en régiment de commandement et de soutien et a rejoint la 14ème division légère blindée – école.


Au titre des unités du génie, il appert que ces compagnies s'étoffent de deux unités sachant que nous passons de quatorze divisions avec une seule compagnie du génie, à huit grandes unités comptant deux unités du génie.


Au titre des unités du train, nous perdons six régiments de commandement et de soutien. Un des trois régiments – école rejoint sous un autre numéro la 12ème division légère blindée – école.


Six régiments de cavalerie disparaissent entre la situation de prise d'arme de 1977 et celle de 1989. Nous passons donc de quarante-deux à vingt-quatre escadrons de combat pour les huit grandes unités de combat des zones de défense.


Les quatorze régiments de réserve de l'Arme-Blindée-cavalerie de 1977 (dont cinq régiments école) se répartissent en trois groupes :


  • sept régiment de reconnaissance dotés de véhicules légers tout-terrain dans les escadrons de combat,

  • quatre régiments blindés de division d'infanterie dont deux unités école dotés d'automitrailleuses légères,

  • trois régiments de chars de bataille école dotés de chars de bataille et/ou de chars légers.


En 1989, les sept régiments de réserve sont uniquement dotés d'automitrailleuses légères soit un total de 189 véhicules. S'y ajoutent les quarante-huit automitrailleuses légères du 19ème régiment de Chasseurs, unité école.


Mentionnons que vingt-et-un des vingt-trois régiments interarmes divisionnaires intègrent chacun un escadron d'automitrailleuses légères à neuf engins soit 189 automitrailleuses légères.


Les quatre régiments de cavalerie – école ayant disparu ont rejoint les deux divisions légères blindées – école alors que les deux régiments de réserve manquants sont dissous et leurs escadrons répartis dans les régiments interarmes divisionnaires.


Revenons au sujet qui nous intéresse, à savoir la brigade de zone.

 

L'organisation théorique de la brigade de zone est ainsi faite en termes d'unités de mêlée, d'appui et de soutien :


La brigade de zone est une unité interarmes de combat d'un effectif de 3 390 hommes dotée de 710 véhicules divers. Cette unité de combat n'est mise sur pied que pour la lutte contre des unités légères s'étant infiltrées sur les arrières de notre ligne de défense. Elle ne peut en aucun cas intervenir en première ligne contre des unités blindées ou mécanisées.

 

Elle peut cependant avoir en renfort des unités de réserve comme les régiments interarmes divisionnaires et/ou les régiments d'artillerie de réserve normalement placés comme éléments organiques de corps d'armée.

 

Comme le présente le schéma supra, elle comprend d'une manière théorique :

 
  • trois unités de mêlée :

    • un régiment d'automitrailleuses issu de l'Arme blindée cavalerie comprenant :

      • un état-major,

      • un escadron de commandement et de soutien,

      • un escadron de reconnaissance,

      • deux escadrons de combat,

    • deux unités d'infanterie portée sur véhicule de transport de type GBC-8KT comprenant chacun :

      • un état-major,

      • une compagnie de commandement et de soutien,

      • une compagnie d'éclairage et d'appui,

      • quatre compagnies de combat,

  • deux unités d'appui :

    • deux compagnies de combat du génie comprenant chacune

      • une section de commandement,

      • une section d'appui,

      • trois sections de combat.

  • une unité de soutien :

    • un régiment de commandement et de soutien comprenant :

      • un état-major,

      • un escadron de commandement et de quartier général,

      • un escadron mixte circulation – transport,

      • une compagnie de matériel,

      • une section santé.

La brigade de zone est donc équipée de matériels spécifiques listés ci-dessous :

 
  • 27 automitrailleuses légères :

    • 15 automitrailleuses légères de type « Panhard » avec canon de 90 mm de type F1 montés sur tourelles en armement principal avec autant de mitrailleuses de 7,62 mm modèle AANF1 en armement secondaire,

    • 12 automitrailleuses légères de type « Panhard » avec un mortier de 60 mm monté sur tourelle en armement principal et deux mitrailleuses de 7,62 mm modèle AANF1 en armement secondaire,

  • 30 véhicules antichars :

    • 18 véhicules légers tout-terrain anti-char avec canon de 106 mm sans recul modèle M40 sur affût tripode M79,

    • 12 véhicules légers tout-terrain anti-char avec poste de tir Milan sur affût monopode,

  • 173 lance-roquettes et mortiers divers :

    • 155 lance-roquettes antichars de 89 mm modèle F1,

    • 18 mortiers tracté de 120 mm modèle F1.

Après avoir présenté d'une manière théorique ces unités, voici ci-dessous le détail des sept brigades de zone :

 

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102ème BRIGADE DE ZONE

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107ème BRIGADE DE ZONE

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108ème BRIGADE DE ZONE

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109ème BRIGADE DE ZONE

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110ème BRIGADE DE ZONE

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115ème BRIGADE DE ZONE

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127ème BRIGADE DE ZONE

 

Mentionnons que les deux compagnies du génie sont conjointement gérées par un état-major dédié à l'effectif de 20 hommes.

 

Lorsqu'il n'y a qu'une compagnie du génie, on perd donc les 190 hommes et les 40 véhicules de l'unité manquante et les 20 hommes (et leurs véhicules dédiés) de l’état-major du génie. On arrive donc à un total de 3 180 hommes et d'environ 660 véhicules divers pour la brigade de zone.

 

Nous pouvons voir que la 127ème brigade de zone possède trois régiments d'infanterie portée au lieu des deux réglementaires. Cette grande unité, bien qu'ayant pris le vocable de brigade, reste sur le format division de réserve (modèle 1977) avec néanmoins une compagnie du génie en sus.

 

Son effectif global passe donc à 4 370 hommes avec 870 véhicules.




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