Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

LES GRANDES UNITÉS DE COMBAT DES ZONES DE DÉFENSE


MISE A JOUR EN DATE DU 14 MAI 2018



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SITUATION GÉNÉRALE :


En 1984, dans le cadre de la réforme des unités de combat dédiées à la défense opérationnelle du territoire, est décidée la mise sur pied de sept unités de réserve appelées « brigade des zone » devant remplacer les onze divisions de réserve.


Ces sept brigades de zone se répartissent dans chacune des six zones de défense sachant que la zone de défense « Est » compte deux brigades de zone.


Ces brigades sont donc les éléments d’intervention des zones de défense. En effet, en cas de guerre face aux unités du Pacte de Varsovie, nos troupes d’active ou d'école appartenant à la 1ère armée ou à la Force d’Action Rapide interviennent en renfort des troupes de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Allemagne Fédérale.


Notre territoire sera donc défendu par les sept brigades de zone au niveau des zones de défense comme le feront les vingt-trois régiments interarmes divisionnaires (RIAD) au niveau des divisions militaires territoriales.


Pour mémoire, mentionnons que les quatre divisions d'infanterie « école » pouvant être mobilisées au début des années 1980 au profit de la défense opérationnelle du territoire se réduisent à une seule unité « école » à partir de 1984 tout en sachant que cette seule unité aura comme mission la défense du site du Plateau d'Albion.


En effet, les 131ème et 151ème divisions d'infanterie « école » se transforment en 12ème et 14ème divisions légères blindées « école » tout en étant désormais rattachée au 1er corps d'armée et la 141ème division d'infanterie « école » est dissoute.


Il ne reste donc plus que la 152ème division d'infanterie « école ». Cette unité « école » a comme mission de défendre la zone du plateau d’Albion, haut lieu de notre dissuasion nucléaire.


Un tableau exposé ci-après compare le nombre de nos unités de réserve et d'école engagées en 1977 et le nombre de nos unités de réserve et d'école engagées en 1989 au profit de la défense opérationnelle du territoire (les chiffres entre parenthèse sont les unités école) :




Situation 1977

Situation 1989

Différence

Combat

Régiment de cavalerie légère

15 (4)

8 (1)

-7

Régiment d'infanterie portée

45 (12)

18 (3)

+2

Régiment interarmes divisionnaire

/ …

23

Régiment frontière

/ …

6

Appuis

Compagnie du génie

15 (4)

16 (2)

+1

Soutien

Régiment de commandement et de soutien

15 (4)

8 (1)

-7

Total

90 (24)

79 (7)

-11


La dissolution des onze divisions de réserve et de trois des quatre divisions d’infanterie « école », montre une baisse sensible des moyens mis en œuvre pour la défense opérationnelle du territoire, soit 12,22 % de perte sèche.


Pour être même plus précis, les unités « école » représentent un total de vingt-quatre unité en 1977, mais plus que sept en 1989 soit une baisse de 70,83 %.

A contrario, les unités de réserve qui représentent soixante-six unités en 1977, passent à soixante-douze unités en 1989 soit une hausse de 9,09 %.


Passons maintenant au détail de chiffres.


Nous pouvons voir qu'en matière d'infanterie avons une augmentation globale de deux unités (quarante cinq régiments d'infanterie portée en 1977 à quarante-sept régiments d'infanterie divers en 1989). La perte de vingt-sept régiments d'infanterie portée est compensée par la création de vingt-trois régiments interarmes divisionnaires et de six régiments « frontières ».


Mentionnons que selon le TTA 907 – édition 1982, l'effectif d'un régiment porté est de 965 hommes avec :


  • une compagnie de commandement et de soutien,

  • une compagnie d’éclairage et d’appui,

  • quatre compagnies de combat.


Selon des informations reçues sur le 8ème régiment d’infanterie de Marine – unité interarmes divisionnaire par l’ancien officier en charge de son escadron d’automitrailleuse, ce type d’unité, à l’effectif d’environ 1200 hommes est composé de :


  • une compagnie de commandement, d’appui et de soutien (une section PC et transmissions, une section d’éclairage et de reconnaissance sur jeep -, une section antichar équipée de canon de 106 sans recul sur jeep - une section de mortiers de 120 ou de 81),

  • quatre compagnies de combat à 149 hommes,

  • un escadron d'automitrailleuses à 9 automitrailleuses (6 AML60 et 3 AML90).

Les régiments interarmes divisionnaires ont un nombre variable de compagnie de combat, cela oscille entre quatre et six compagnies de combat. Leur escadron d'automitrailleuses compte trois pelotons d'automitrailleuses et un peloton porté.


Le régiment « frontières », avec une organisation particulière, compte quant à lui 1050 hommes.


Au 1er janvier 1989, les quinze régiments d'infanterie portée de réserve comptant au titre des sept brigades de zone se structurent sur le modèle présenté via le TTA 907.


Sur les douze régiments d'infanterie comptant au titre des écoles en 1977, il n'en reste plus que trois en ligne en 1989 au sein de la 152ème division d’infanterie « école ». Sur les neuf en ligne en 1977, Quatre ont rejoint les 12ème et 14ème divisions légères blindées « école », quatre ont été dissous et le neuvième a été transformé en régiment de commandement et de soutien et a rejoint la 14ème division légère blindée « école ».


Au titre des unités du génie, il appert que ces compagnies s'étoffent d'une unité sachant que nous passons de quinze divisions avec une seule compagnie du génie, à huit grandes unités comptant deux unités du génie.


Au titre des unités du train, nous perdons sept régiments de commandement et de soutien. Un des trois régiments « école » rejoint sous un autre numéro la 12ème division légère blindée « école ».


Sept régiments de cavalerie disparaissent entre la situation de prise d'arme de 1977 et celle de 1989. Nous passons donc de quarante-cinq à vingt-quatre escadrons d'automitrailleuses légères pour les huit grandes unités de combat des zones de défense, soit un total de 615 automitrailleuses légères en 1977 (engins de commandement régimentaire compris) à 328 automitrailleuses légères en 1989 (engins de commandement régimentaire compris).


Cependant les vingt-trois régiments interarmes divisionnaires intègrent chacun un escadron d'automitrailleuses légères à neuf engins soit 207 automitrailleuses légères.


En définitive, nous avons une augmentation globale de deux escadrons d'automitrailleuses mais avec une baisse de quatre-vingt engins.


Les trois régiments de cavalerie « école » ayant disparu ont rejoint les deux divisions légères blindées « école ».


Faisant suite à cette présentation des chiffres, l'organisation théorique de la brigade de zone est ainsi faite en termes d'unités de mêlée, d'appui et de soutien :

 

La brigade de zone est une unité interarmes de combat d'un effectif d'environ 4 500 hommes. Cette unité de combat n'est prévue que pour la lutte contre des unités légères s'étant infiltrées sur les arrières de notre ligne de défense. Elle ne peut en aucun cas intervenir en première ligne contre des unités blindées ou mécanisées.


Comme le présente le schéma présenté supra, elle comprend d'une manière théorique :


  • trois unités de mêlée :

    • un régiment d'automitrailleuses issu de l'Arme blindée cavalerie comprenant :

      • un état-major,

      • un escadron de commandement et de soutien avec deux automitrailleuses de commandement de type AML60,

      • trois escadrons de combat (neuf automitrailleuses légères de type AML60 et quatre automitrailleuses légères de type AML90 chacun),

    • deux unités d'infanterie portée sur véhicule de transport de type GBC 8KT comprenant chacun :

      • un état-major,

      • une compagnie de commandement et de soutien,

      • une compagnie d'éclairage et d'appui,

      • quatre compagnies de combat,

  • deux unités d'appui :

    • deux compagnies de combat du génie comprenant chacune

      • une section de commandement,

      • une section d'appui,

      • trois sections de combat.

  • une unité de soutien :

    • un régiment de commandement et de soutien comprenant :

      • un état-major,

      • un escadron de commandement et de quartier général,

      • un escadron mixte circulation – transport,

      • une compagnie de matériel,

      • une section santé.

La brigade de zone est donc équipée d'un matériel spécifique listé ci-dessous :


  • 41 véhicules de combat :

    • 29 automitrailleuses légères de type « Panhard » avec mortier de 60 mm dont deux véhicules de commandement régimentaire,

    • 12 automitrailleuses légères de type « Panhard » avec canons de 90 mm,

  • 12 véhicules antichars :

    • 12 véhicules légers tout-terrain anti-char de type « Hotchkiss M201 » avec canon de 106 mm sans recul,

  • 65 canons et mortiers divers :

    • 29 mortiers de 60 mm montés sur tourelles en armement principal avec le double de mitrailleuses de 7,62 mm modèle AANF1 en armement secondaire,

    • 12 canons de 106 mm sans recul modèle M40 sur affût tripode M79,

    • 12 canons de 90 mm de type F1 montés sur tourelles en armement principal avec autant de mitrailleuses de 7,62 mm modèle AANF1 en armement secondaire,

    • 12 mortiers de 81 mm modèle F1.

Après avoir présenté d'une manière théorique ces unités, voici ci-dessous le détail des sept brigades de zone :

 

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102ème BRIGADE DE ZONE

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107ème BRIGADE DE ZONE

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108ème BRIGADE DE ZONE

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109ème BRIGADE DE ZONE

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110ème BRIGADE DE ZONE

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115ème BRIGADE DE ZONE

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127ème BRIGADE DE ZONE

 

Nous pouvons voir que la 127ème brigade de zone possède trois régiments d'infanterie portée au lieu des deux réglementaires. Cette grande unité, bien qu'ayant pris le vocable de brigade, reste sur le format division de réserve avec néanmoins une compagnie du génie en sus.


Passons maintenant à la 152ème division d'infanterie « école ».


La 152ème division d'infanterie est une unité d'infanterie « école » créée en 1979 dans le cadre de la réforme de la défense opérationnelle et territoire mise sur pied dans la 5ème région militaire à partir des écoles et centres d'instruction. Elle reprend les traditions de l’unité mise sur pied en avril 1915.


En effet, cette réforme, menée conjointement à la réorganisation des grandes unités d'active de l'armée de terre à partir de 1976-1977, doit permettre la mise sur pied en temps de guerre de onze unités de réserve issues des grandes unités d'active et quatre grandes unités de combat issues des écoles et centres d'instruction.


On répertorie donc la 131ème division d'infanterie (3ème région militaire), la 141ème division d'infanterie (4ème région militaire) et les 151ème et 152ème division d'infanterie (5ème région militaire).


La réforme de 1984 ne laisse que la 152ème division d'infanterie. Cette unité est désormais chargée de la défense du « Plateau d'Albion », nom hautement symbolique donné à la base aérienne 200 de Saint-Cristol, réceptacle du 1er groupement de missiles stratégiques. 
 

 

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152ème division d'infanterie « école »

 
 

 


Comme nous pouvons voir, à l'instar de la 127ème brigade de zone, c'est une une unité bâtie sur le modèle de la division de réserve de 1977 avec une compagnie du génie en sus.




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