Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

LA 4ème DIVISION AÉROMOBILE

 

MISE À JOUR EN DATE DU 11 JUIN 2016

 

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I – PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA 4ème DIVISION AÉROMOBILE :

 

La 4ème division aéromobile, créée le 01 juillet 1985, est un des chantiers les plus novateurs de la Force d'Action Rapide, en compagnie de la 6ème division légère blindée.

 

En effet, concomitamment à la création de cette division, grande unité de cavalerie légère, la mise sur pied de cette unité aéromobile valide l'idée d'un combat antichar dans la 3ème dimension.

 

La Force d'action Rapide compense ainsi sa « légèreté » par un mouvement rapide et déconcentré. La réponse antichar ne se cantonne plus à des tirs sol / sol mais crée un coup de poing air / sol.

 

Cette unité, d'un point de vue territorial, est principalement concentrée dans la 6ème région militaire et prend la place de la défunte 4ème division blindée. Cependant, le 5ème régiment d'hélicoptères de combat et sa partie dédiée à l'arme du matériel se trouvent en 4ème région militaire.

 

La 4ème division aéromobile est un des grands chantiers de la réforme de l'armée de terre. Sa mise sur pied a été décidée de par la loi de programmation pour les années 1984 – 1988 devenant une composante essentielle de la Force d'Action Rapide en vertu de ses perspectives de puissance de feu et de mobilité.

 

A cet effet, afin d'en préciser le cadre d'emploi et d'en déterminer l'efficience des structures, une brigade aéromobile expérimentale, appelée « Force Éclair » a été mise en place.

 

Sous l'autorité du Général commandant la lère armée , cette brigade expérimentale a été confiée au Général Baffeleuf avec poste de commandement Nancy. Elle comprend les 1er et 3ème régiments d'hélicoptères de combat et le 1er régiment d' infanterie qui sont trois éléments organiques du 1er corps d'armée.

 

Cette brigade expérimentale va rapidement se transformer en 4ème division aéromobile et devenir le symbole de la transformation de notre armée de terre.

 

Mentionnons qu'au même moment, l'armée américaine dote ses divisions de brigades semblables.

 

Cependant, les moyens de cette unité ne permettent pas un engagement sur plan large. En effet, il appert que l'utilisation des moyens antichars des hélicoptères de combat et du régiment d'infanterie permet l'attrition des moyens blindés de une à deux divisions blindées.

 

De plus de par l’inexistence de moyens de transport héliportés lourds, à l'image des hélicoptères de transport lourds de type Boeing Vertol CH-47 « Chinook » ou de type Sikorsky CH-53G « Stallion », la division demeure dépendante d'un train routier conséquent.

 

Mentionnons également que dès 1985, des voix se sont fait entendre sur le fait que maintenir trois régiments d'hélicoptères à effectif moindre dans les corps d'armée (soit 148 engins au total se décomposant en 10 hélicoptères « lisse » / 30 hélicoptères « canon » / 68 hélicoptères antichars / 40 hélicoptères de manœuvre pour les trois unités avec renfort des écoles) amoindrit l'action de la 4ème division aéromobile sans que cela ai une contrepartie valable et puissante pour les corps d'armée. (Cf rapport d’information n° 94 émis par le Sénat en date du 28 novembre 1984)

 

Grouper ces 148 engins aux 240 aéronefs de la 4ème division aéromobile peut permettre :

 
  • de pousser l'action antichar en passant de 90 à 150 plate-formes de tir « HOT », soit la possibilité d'un tir global de 600 missiles antichars,

  • de permettre un accroissement de la charge de transport divisionnaire en passant de 80 à 120 engins de manœuvre,

  • de densifier la protection air / air de la bulle divisionnaire en passant de 30 à 60 aéronefs dotés d'un canons de 20 mm.

 

Cependant, le choix a été fait de garder trois régiments dans les corps d'armée en compagnie des trois groupes d'hélicoptères légers.

 

Au 1er janvier 1989, l'organisation de cette division aéromobile telle qu'elle existe est ainsi faite en termes d'unités de mêlée, d'appui et de soutien :

 

 

Cette grande unité comprend donc :

 
  • quatre unités de mêlée :
 
  • trois régiment d'hélicoptères de combat se répartissant :
    • trois escadrilles de commandement et des services,
    • trois escadrilles de soutien et de ravitaillement,
    • trois escadrilles de reconnaissance,
    • trois escadrilles d'appui-protection,
    • neuf escadrilles de combat antichars,
    • trois escadrilles de manœuvre.
 
  • un régiment d'infanterie aéromobile s'organisant en :
    • une compagnie de commandement et de soutien,
    • une compagnie d'appui sol / air,
    • trois compagnies d'éclairage et d'appui,
    • une compagnie légère de renseignement,
    • une compagnie de contre mobilité issue du génie.
 
  • deux unités de soutien :
 
  • un régiment d'hélicoptères de commandement et de manœuvre disposant de :
    • une escadrille de commandement et de quartier général (unité de commandement de la 4ème division aéromobile),
    • une compagnie de transmission divisionnaire,
    • une escadrille de commandement, de soutien et de ravitaillement,
    • une escadrille d'hélicoptères de commandement,
    • cinq escadrilles de manœuvre (dont deux mises sur pied par les écoles en cas de guerre)
 
  • un régiment de soutien aéromobile s'organisant en :
    • une compagnie de commandement de de soutien,
    • un escadron mixte de circulation / transport,
    • une antenne chirurgicale avancée,
    • une compagnie de soutien multi-technique,
    • deux compagnies de soutien renforcées
 

Mentionnons ici que le 4ème régiment d'hélicoptères de commandement et de manœuvre est dérivé du 4ème régiment de commandement et de soutien de la défunte 4ème division blindée et que le 9ème régiment de soutien aéromobile et la nouvelle dénomination du 23ème bataillon du matériel.

 

La 4ème division aéromobile est donc théoriquement équipée d'un matériel de combat spécifique listé ci-dessous :

 
  • Aéronefs (à raison de dix engins par escadrille) :
 
  • 160 hélicoptères légers :
    • 90 hélicoptères d’attaque de type Gazelle SA 342M « HOT » dotés chacun de quatre missiles antichars « HOT » - version air/sol soit un total de 360 missiles,
    • 30 hélicoptères d’appui-protection de type Gazelle SA 341F2 dits « Gazelle Canon » dotés chacun d'un canon de 20 mm de type GIAT M621 en sabord droit,
    • 40 hélicoptères de reconnaissance et de liaison de type Gazelle SA 341F dit « Gazelle lisse »,
  • 80 hélicoptères de manœuvre de type Puma SA 330B dont 20 provenant des écoles.
 
  • Véhicules :
 
  • 198 véhicules légers tout-terrain dont 45 véhicules légers tout-terrain de type AUVERLAND A3 dotés d'un poste de tir antichars MILAN
  • 151 motocyclettes de 125 cm³
 
  • Armements :
 
  • 360 missiles antichar « HOT » – version air / sol – montés par quatre sur hélicoptères d’attaque de type Gazelle SA 342M « HOT »,
  • 45 postes de tir de missiles antichar « MILAN » montés sur véhicules légers tout-terrain de type Jeep M201 ou Auverland A3,
  • 42 canons de 20 mm antiaériens de type 53T2 montés sur autant de camionnettes tactiques de type Renault TRM 2000,
  • 30 canons de 20 mm de type GIAT M621 sur autant d'hélicoptères appui-protection de type Gazelle SA 341F2.



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