Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

ÉLÉMENTS ORGANIQUES DE ZONE DE DÉFENSE ET DES DIVISIONS MILITAIRES TERRITORIALES


MISE A JOUR EN DATE DU 30 JUILLET 2016


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2 – DÉTAIL DES ÉLÉMENTS ORGANIQUES DES ZONES DE DÉFENSE :

 

Chaque unité est sous commandement de son arme d'appartenance, en effet, de par les schémas que nous avons pu voir, les éléments organiques des zones de défense se divisent en quatre grands commandement d'arme et vingt-quatre unités que sont :

  • l'artillerie sol/air avec cinq unités :

    • un régiment d'artillerie,

    • trois groupes d'artillerie antiaérienne légère,

    • le bataillon des canonniers sédentaires,

  • l'aviation légère de l'armée de terre avec six unités :

    • six groupes d'hélicoptères légers,

  • le train avec douze unités :

    • six groupements des moyens régionaux

    • six régiments du train de zone de défense

  • les transmissions avec six unités :

    • deux bataillon des transmissions,

    • quatre régiments des transmissions.

 

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A – LES UNITÉS D'ARTILLERIE :

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

17ème régiment d'artillerie

Biscarosse

Zone de défense « Sud-Ouest »

Lieutenant-Colonel GAILLARD

504ème groupe d'artillerie antiaérienne légère

Tour sur Avre

Zone de défense « Ouest »

/ …

505ème groupe d'artillerie antiaérienne légère

Provins

Zone de défense de Paris

/ …

506ème groupe d'artillerie antiaérienne légère

Hyères

Zone de défense « Sud-Est »

/ …

Bataillon des canonniers sédentaires

Lille

Zone de défense « Nord »

Colonel (CR) BLANDIN

 

Les quatre premières unités d'artillerie sont des unités de défense aérienne de la taille d'un bataillon selon les standards OTAN ayant comme mission la protection des sites sensibles comme les états-majors ou les base aériennes, lieux de stationnement des escadrons de chasse à capacité nucléaire pré-stratégique et des escadrons de bombardement à capacité nucléaire stratégique.

Contrairement au 17ème régiment d'artillerie qui est une unité clairement identifiée, les trois groupes d'artillerie antiaérienne légère ont une existence dès plus sujette à caution.

En effet, nous avons découvert leurs existences sur le site internet « basart.artillerie.asso.fr », cependant nous n'avons pu clairement définir la véracité de leur création et de leur gestion dans la réserve. Nous les indiquons ici sachant que le site internet pré-cité peut être digne de confiance mais nous n'avons pu trouver d'autres informations permettant de corroborer ces faits.

Le 17ème régiment d’artillerie est le groupement de soutien du Centre d'essais des landes. Les missions, de ce centre sont :

  • l’expérimentation des nouveaux systèmes d’armes d’artillerie nucléaire et sol-air,

  • l’organisation des écoles à feu antiaérienne et sol-air,

En cas de guerre, le régiment d'artillerie devient une unité d'artillerie antiaérienne de réserve à part entière et prend une part active à la défense aérienne de la zone de défense « ouest » et plus particulièrement des bases aériennes suivantes :

  • Base aérienne 120 de Cazaux avec la 8ème escadre de chasse, l'escadron d'hélicoptères 1/67 « Pyrénées » et l'escadron de bombardement 2/91 « Lorraine »,

  • Base aérienne 106 de Bordeaux-Mérignac avec l'escadron de chasse 4/11 « Jura »,

  • Base aérienne 118 de Mont-de-Marsan avec l'escadron de bombardement 1/91 « Gascogne » et l'escadre de ravitaillement en vol 3/93 « Landes ».

Ne possédant aucun document quant à la structure et dotation réelle de ces unités d'artillerie antiaérienne, nous nous tournons une nouvelle fois vers le site « basart.artillerie.asso.fr » qui, dans ses pages, expose un rapide historique du 59ème régiment d’artillerie.

Partant du fait que l'armée française ne va pas mettre sur pied des unités similaires avec une organisation différente, nous prenons comme acquis que les unités supra sont bâties sur le même modèle, à savoir :

  • un état-major,

  • une batterie de commandement et de soutien avec deux half-track M16,

  • 1ère, 2ème, 3ème et 4ème batteries de tir à huit canons antiaériens de 40 mm et et six half-track M16.

 

 

S'agissant du bataillon des canonniers sédentaires de Lille, nous vous citons ici les éléments qui nous ont été transmis par le Colonel BLANDIN, ancien chef de corps de cette unité au 1er janvier 1989.

 

« La création officielle remonte au 2 mai 1483 alors que la Flandres était alors sous la domination de l'Empereur d'Autriche, il a reçu le statut d'unité formant corps au sein de la Garde Nationale, par décret impérial de 1803. Ce statut a été confirmé par tous les régimes qui se sont succédés depuis : Restauration, Second Empire, 3ème République et, le dernier en date, en 1983 pour ses 500 ans d'existence. Des missions de guerre successives lui ont été attribuées lors de tous les conflits. En 1984, en vue de l'arrivée à Lille du quartier général du 3ème corps d'armée (précédemment au Camp des Loges à Saint-Germain en Laye) ce fut la défense rapprochée du quartier général à terre et, éventuellement, engins aériens de basse altitude. Une compagnie d'infanterie à 144 hommes a été mise sur pied avec ses personnels par le bureau de recrutement de Valenciennes. Sur le papier s'y est ajoutée une batterie de 40 Bofors (le recrutement n'a pas été mis en place et les matériels (qui étaient disponibles) n'ont pas été rassemblés localement. C'est resté une hypothèse de mobilisation. J'ai été nommé Chef de corps de tradition en charge de la gestion des biens et de sa représentation notamment lors des honneurs militaires à son Étendard, avec un Chef de bataillon adjoint en charge de la compagnie dont les cadres étaient convoqués lors des rappels d'unités élémentaires du 243ème régiment d'infanterie, régiment dérivé du 43ème régiment d'infanterie de Lille. »

 

C'est donc une unité de réserve bien vivante mais à la mission nettement moins définie qui peut être associée aux quatre unités précédentes.

Nous avons pu voir que la zone de défense « Est » en cas de conflit, n'est pas dotée d'une unité d'artillerie assurant la défense air/sol. Cependant, il appert que le 59ème régiment d'artillerie pourrait tenir ce rôle.

 

En effet cette unité, intégrée à la division du Rhin, a comme mission principale de :

  • mettre en place une « bulle de protection » quant aux déplacements des troupes dans la plaine d’Alsace,

  • défendre deux ponts situés au nord de Strasbourg :

    • le viaduc ferroviaire de Beinheim / 67

    • le pont de Gambsheim.

 

En complément de cette mission, le 59ème régiment d'artillerie doit également assurer la protection à basse altitude des trois bases aériennes situées en 6ème région militaire :

  • Base aérienne 124 de Strasbourg-Entzheim avec la 33ème escadre de reconnaissance

  • Base aérienne 132 de Colmar-Meyenheim avec la 13ème escadre de chasse

  • Base aérienne 901 de Drachenbronn avec le centre de détection et de contrôle tactique 05/901

 

Donc pour conclure, nous voyons que la mission de ce régiment est semblable aux unités décrites supra. Il est donc à souligner que l'armée de terre met ses moyens à disposition de l'armée de l'air pour la protection de ses sites militaires.

 

En matière d'armement, nous avons vu que deux systèmes d'arme sont utilisés, à savoir le canon antiaérien de 40 mm de type L60 Bofors et le half-track de type M16, ce sont deux systèmes d'arme datant de la seconde guerre mondiale et encore utilisés au 1er janvier 1989 par les unités de réserve.

 

Le canon de 40 mm de type L60 Bofors ou canon de 40 L 60 modèle 39/55 T1 dans la nomenclature de l'armée de terre est un canon antiaérien suédois mis au point par la Suède avant de la seconde guerre mondiale.

 

La France reçoit plus de six cents exemplaires de ce canon lors de la réorganisation de son armée sur le modèle américain. Les pièces proviennent des États-Unis et du Canada.

 

Le canon de 40 L 60 modèle 39/55 T1 est une modernisation de l'arme avec un nouvelle hydraulique permettant de limiter le nombre de servants à deux militaires au lieu de quatre. Cette modernisation touchera quatre cents exemplaires sur les six cents reçus.

 

Pour information une équipe de pièce se compose d'un chef de pièce et huit servants (brigadier-régleur, pointeur-tireur, chargeur, deux pourvoyeurs, deux servants et un conducteur).

 

Le canon est tracté par un véhicule cargo de type Berliet GBC 8KT. La portée maximale de l'arme est de 3000 mètres et la cadence de tir est de 120 coups par minute.

 

Le half-track de type M16 ou « hachoir à viande » est un système d'arme basé sur le couple formé entre le mythique véhicule américain de type M3 et quatre mitrailleuses de calibre .50 (12.7 mm) de type M2 Browning monté en couple sur anneaux dans la caisse arrière du véhicule.

 

La cadence de tir est de cinq cents coups par minutes avec une portée maximale de 1 200 mètres. L'équipe de pièce se compose de trois hommes.

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B – LES UNITÉS DE L'AVIATION LÉGÈRE DE L’ARMÉE DE TERRE :

 

Passons maintenant aux groupes d'hélicoptères légers de zone de défense.

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

1er groupe d’hélicoptères légers

Les Mureaux

Zone de défense de Paris

Lieutenant-Colonel DEPINAY

2ème groupe d’hélicoptères légers – école

Dax

Zone de défense « Nord »

/ …

3ème groupe d’hélicoptères légers

Saint-Jacques-de-la-Lande

Zone de défense « Ouest »

Lieutenant-Colonel OTT

4ème groupe d’hélicoptères légers

Martignas sur Jalle

Zone de défense « Sud-Ouest »

Lieutenant-Colonel GOSSET

5ème groupe d’hélicoptères légers

Lyon-Corbas

Zone de défense « Sud-Est »

Lieutenant-Colonel GAUTROT

6ème groupe d’hélicoptères légers – école

Dax

Zone de défense « Est »

/ …

 

Les groupes d'hélicoptères légers de zone de défense sont le pendant des groupes d'hélicoptères légers de corps d'armée dans l'aviation légère de l'Armée de Terre.

 

Ces unités ne sont que des unités de liaison et de transport de personnalités, à savoir les généraux et officiers supérieurs de la zone de défense.

 

Au 1er janvier 1989, existent en temps de paix les 1er et 3ème à 5ème groupes d’hélicoptères légers. Les 2ème et 6ème groupes d’hélicoptères légers sont mis sur pied par des escadrilles d'hélicoptères légers issues des écoles.

 

En effet, le 2ème groupe d'hélicoptères légers stationné jusqu'alors sur le terrain de Lesquin (59) est dissous le 30 juin 1984 est sa seule escadrille d'hélicoptères légers, tout en restant à Lesquin (59) devient la 2ème escadrille d'hélicoptères légers du 6ème régiment d'hélicoptères de combat de Compiègne (60).

 

Le 6ème groupe d'hélicoptères légers n'existe pas en temps de paix. Il ne sera formé qu'en temps de guerre. Notons que les deux régions militaires fusionnées avec les corps d'armée, à savoir les 2ème région militaire / 3ème corps d'armée et 6ème région militaire / 1er corps d'armée ne dispose d'aucun groupe d'hélicoptères légers, qu'il soit de corps d'armée ou de zone de défense.

 

En temps de guerre et hors unités effectuant la gestion de la garnison et de la formation initiale des recrues, les groupes d'hélicoptères légers sont à l'effectif de 263 hommes (27 officiers – 85 sous-officiers et 151 hommes de troupes) et sont théoriquement dotés de 74 véhicules divers et de 20 hélicoptères légers.

 

Le groupe d'hélicoptères légers de zone de défense s'organise en :

 
  • un état-major,

  • une escadrille de commandement et des services,

  • 1ère et 2ème escadrilles d'hélicoptères légers.

Comme nous pouvons voir les six groupes représentent en théorie et en temps de guerre douze escadrilles et cent-vingt voilures tournantes. Ces appareils sont d'une manière théorique des hélicoptères légers de type SA.318C Alouette II mais comme il est de coutume, la situation réelle est différente de la réalité.

 

Voici donc deux tableaux présentant la situation en temps de paix et en temps de guerre :

 

Situation « paix » :

 
 

Escadrille d'hélicoptères légers

1er groupe d'hélicoptères légers

EHL 1

(10 SA.318C Alouette II)

/ …

/ …

2ème groupe d'hélicoptères légers

/ …

/ …

/ …

3ème groupe d'hélicoptères légers

EHL 1

(10 SA.318C Alouette II)

/ …

/ …

4ème groupe d'hélicoptères légers

EHL 1

(10 SA.318C Alouette II)

/ …

/ …

5ème groupe d'hélicoptères légers

EHL 1

(8 SA.318C Alouette II

2 SA.316B Alouette III)

EHL 2

(3 SA.318C Alouette II

2 SA.316B Alouette III)

EHL 3

(3 SA.318C Alouette II

1 SA.316B Alouette III)

6ème groupe d'hélicoptères légers

/ …

/ …

/ ...

 

Comme nous pouvons le voir, la situation est des plus explicite, la situation en escadrilles et matériels n'est pas du tout respectée.

 

Sur les quatre groupes existant, trois n'ont qu'une escadrille d'hélicoptères légers au lieu des deux, ce qui fait six escadrilles au lieu de douze et quarante-neuf hélicoptères légers au lieu de cent-vingt engins.

 

Il est à mentionner que les 1er et 3ème groupe d'hélicoptères légers administrent respectivement en temps de paix le peloton d'avions et le peloton d’hélicoptères de l'escadrille de l’État-Major de l'Armée de Terre.

 

Le 5ème groupe d'hélicoptères légers est une unité à part car il est le fruit de la fusion de deux groupes d'hélicoptères légers.

 

En effet, avant le 31 juillet 1977, le groupe d'hélicoptères légers se nomme « groupe d'hélicoptères légers de l'armée de terre régional » ou « GALREG ». Le 1er août 1976, lors de la dissolution de la 7ème région militaire et de la fusion de ses trois divisions militaires territoriales avec celles de la 5ème région militaire, le 5ème GALREG amalgame les deux escadrilles du 7ème GALREG.

 

Ces deux escadrilles d'abord nommée « escadrille des Alpes du Sud » et « escadrille des Alpes du Nord » prennent ensuite l’appellation de 2ème et 3ème escadrilles.

 

Ce groupe peut prétendre à être sur un même pied d'égalité que les groupes d'hélicoptères légers de corps d'armée, car nous pouvons voir qu'en terme de matériels il est doté de quatorze hélicoptères légers de type SA.318C Alouette II et de cinq SA.316B Alouette III (équipées de treuil) soit un total de dix-neuf hélicoptères légers.

 

Situation « guerre » :

 
 

Escadrille d'hélicoptères légers

1er groupe d'hélicoptères légers

EHL 1

(10 SA.318C Alouette II)

EHL 2

(10 SA.318C Alouette II)

/ …

2ème groupe d'hélicoptères légers

EHL 1

(10 SA.318C Alouette II)

EHL 2

(10 SA.318C Alouette II)

/ …

3ème groupe d'hélicoptères légers

EHL 1

(10 SA.318C Alouette II)

/ …

/ …

4ème groupe d'hélicoptères légers

EHL 1

(10 SA.318C Alouette II)

/ …

/ …

5ème groupe d'hélicoptères légers

EHL 1

(8 SA.318C Alouette II

2 SA.316B Alouette III)

EHL 2

(3 SA.318C Alouette II

2 SA.316B Alouette III)

EHL 3

(3 SA.318C Alouette II

1 SA.316B Alouette III)

6ème groupe d'hélicoptères légers

EHL 1

(10 SA.318C Alouette II)

EHL 2

(10 SA.318C Alouette II)

/ ...

 

Nous pouvons voir que la situation s'est quelque peu améliorée mais au total il manque toujours une escadrille pour l'ensemble des six groupes.

 

En effet, les 2ème et 6ème groupes d'hélicoptères légers sont respectivement mis sur pied par les deux écoles ALAT de Dax (40) et du Luc (83) avec un total de quatre escadrilles et quarante hélicoptères légers de type SA.318C Alouette II.

 

Le 1er groupe d'hélicoptères légers se voit doter d'une deuxième escadrille. Cette escadrille dotée de dix hélicoptères légers de type SA.318C Alouette II est en fait l'amalgame de :

 
  • l'escadrille « ALAT » de l'école d'application de l'artillerie avec cinq hélicoptères légers de type SA.318C Alouette II

  • l'escadrille « ALAT » de l'école d'application de l'infanterie avec cinq hélicoptères légers de type SA.318C Alouette II

 

Il est à signaler une hypothèse que nous émettons ici. Le 3ème groupe d'hélicoptères légers ne dispose en tant de paix que d'une escadrille dotée dotée de dix hélicoptères légers de type SA.318C Alouette II.

 

En temps de guerre, peut-elle incorporer l'escadrille « ALAT » de l'école d'application de l'Arme Blindée Cavalerie sise à Saumur qui dispose de huit hélicoptères légers de type SA.318C Alouette II ?

 

Nous aurions donc une deuxième escadrille au 3ème groupe d'hélicoptères légers. Rien ne prouve cette théorie mais rien ne prouve également le contraire.

 

Affaire à suivre….

 

Nous mettons ci-après le tableau déjà exposé dans la partie consacrée aux groupes d'hélicoptères légers de corps d'armée.




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