Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

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D – LES RÉGIMENTS DE TRANSMISSIONS :

Passons maintenant aux unités de transmissions qui sont une des composantes d'active de ces éléments organiques de zone de défense.

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

38ème régiment de transmissions

Laval

Zone de défense « Ouest »

/ …

43ème régiment de transmissions

Montigny-lès-Metz

Zone de défense « Est »

Colonel AGUADO

45ème régiment de transmissions

Montélimar

Zone de défense « Sud-Est »

Colonel BORDELLES

48ème bataillon de transmissions

Bordeaux

Zone de défense « Sud-Ouest »

/ …

49ème régiment de transmissions

Pontoise

Zone de défense de Paris

/ …

50ème régiment de transmissions

Baden-Baden

Forces Françaises en Allemagne

/ …

52ème bataillon de transmissions

Lille

Zone de défense « Nord »

/ …

 

Chaque région militaire / zone de défense possède son unité de transmissions. Comme nous avons déjà pu l'écrire, ces unités tiennent le même rôle pour les zones de défense que les sept unités organiques de corps d'armée issues de l'arme des Transmissions.

Chaque régiment est en fait la résurgence moderne du groupement régional d'exploitation des transmissions. Ces groupement, créés dans les années 1950, assurent la continuité des chaînes de commandement régionales. D'abord numéroté de 1 à 9 selon leur région d'appartenance, ils entrent ensuite dans la série « 800 ». De par le développement du réseau RITTER, le GRET vont migrer pour devenir des unités d'infrastructures.

Pour mémoire, le groupement régional d'exploitation des transmissions est composé de deux compagnies fixes et mobiles et d'un service d'infrastructure qui a pour mission :
 

  • l'installation et l'exploitation des moyens de transmissions de la composante fixe ou de l'infrastructure
  • la mise en œuvre les matériels de transmissions de campagne au profit des réseaux mobiles du commandement régional,
  • l'instruction du personnel radio et du chiffre des corps de troupe.

D'abord indépendant puis ensuite intégrés dans les groupements des moyens régionaux, les groupements régionaux d'exploitation des transmissions vont peu à peu reprendre leur autonomie et se transformer en régiment de transmissions.

Nous tenons une nouvelle fois à signaler le cas du 50ème régiment de transmissions. Cette unité est affiliée au commandement des Forces Françaises en Allemagne mais se trouve sous le commandement des transmissions du 2ème corps d'armée.

L'entité « Forces Françaises en Allemagne » dont l’état-major est amalgamé à celui du 2ème corps d'armée peut être comparé à une région militaire française. Cependant s'agissant d'un territoire non français, il ne peut être considéré comme une région militaire.

Voici donc la situation des unités au 1er janvier 1989 avec un rappel historique et filiation :

  • le 38ème régiment de transmissions est créé le 1er juillet 1981 par amalgame du 38ème régiment d'instruction des transmissions et du groupement régional d'exploitation des transmissions 803,
  • le 43ème régiment de transmissions créé le 1er octobre 1966 et dissous le 31 juillet 1977, reprend vie le 1er août 1977 par changement de dénomination du groupement régional d'exploitation des transmissions 806,
  • le 45ème régiment de transmissions créé le 01 juin 1966 comme 45ème régiment d'instruction des transmissions incorpore le 1er août 1976 les groupements régionaux d'exploitation des transmissions 805 et 807 et prend ainsi son nouveau nom,
  • le 48ème bataillon de transmissions est créé le 1er juillet 1984 comme 4ème bataillon de transmissions, il prend le numéro 48 le 06 octobre 1988 / ex-groupement régional d'exploitation des transmissions 804,
  • le 49ème régiment de transmissions est créé le 1er juillet 1981 par changement de dénomination du groupement régional d'exploitation des transmissions 801,
  • le 52ème bataillon de transmissions créé tout d'abord le 1er juillet 1984 comme 2ème bataillon de transmissions, il prend le numéro 52 en juillet 1988, il s'agit du groupement régional d'exploitation des transmissions 802
  • le 50ème régiment de transmissions est créé le 1er janvier 1982 par changement de dénomination du groupement régional d'exploitation des transmissions 813;

Présentons ici l'organisation théorique de ces unités, qui est la suivante :

 
  • un état-major,
  • une compagnie de commandement et des services,
  • 1ère compagnie de transmissions assurant la mise en œuvre et l’exploitation du centre primaire « RITTER »
  • 2ème compagnie de transmissions, assurant le fonctionnement du centre principal de transmissions régional,
  • 3ème et 4ème compagnies d’infrastructure, regroupant sites hertziens et centres annexes de transmissions des divisions militaires territoriales.

Afin de présenter d'une manière réelle ce schéma théorique et de l'appréhender d'une manière convenable voici l'exemple le 43ème régiment de transmissions stationné à Montigny-lès-Metz qui comprend :

  • un état-major,
  • la compagnie de commandement et des services,
  • 1ère compagnie de transmissions (centre primaire de Dijon), assurant la mise en œuvre et l’exploitation du centre primaire RITTER,
  • 2ème compagnie de transmissions (centre principal de Metz), assurant le fonctionnement du centre de transmissions régional,
  • 3ème compagnie de transmissions d’infrastructure « EST », regroupant sites hertziens et centres de transmissions des 61ème division militaire territoriale de Nancy et 62ème division militaire territoriale de Strasbourg,
  • 4ème compagnie d’infrastructure « OUEST », regroupant sites hertziens et centre de transmissions des 63ème division militaire territoriale de Chalons sur Marne, 64ème division militaire territoriale de Dijon et 65ème division militaire territoriale de Besançon.

A ces unités s'y ajoute en temps de paix :

  • la 8ème compagnie de transmissions spécialisée implantée à Mutzig (ex-718ème compagnie de transmissions de Boulay) dont la mission est la recherche du renseignement,
  • la 11ème compagnie d’instruction, (Montigny-lès-Metz), chargée de l’instruction militaire et technique des recrues appelées à tenir des emplois d’exploitants radio ou de crypto-régulateur-télégraphistes dans les centres de transmissions de la 6ème région militaire, servis ou non par du personnel du 43ème régiment de transmissions.
 

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III – PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES ÉLÉMENTS ORGANIQUES DE LA DIVISION MILITAIRE TERRITORIALE :

Après nous être penchés sur les zones de défense et leurs éléments organiques, nous passons à la strate inférieure en étudiant les divisions militaires territoriales et leurs éléments organiques.

Comme nous avons pu les dire dans le chapitre précédent, en temps de guerre, les six régions militaires (temps de paix) / zones de défense (temps de guerre), se subdivisent en vingt-deux divisions militaires territoriales correspondant trait pour trait aux circonscriptions d'action régionale devenues régions à part entière de par les lois de décentralisation de 1982 :

  • 1ère région militaire / Paris Zone de défense « de Paris » :

    • 12ème division militaire territoriale / Versailles → Région parisienne

    • 13ème division militaire territoriale / Tours → Centre – Val de Loire

  • 2ème région militaire / Lille Zone de défense « Nord » :

    • 21ème division militaire territoriale / Lille → Nord – Pas-de-Calais

    • 22ème division militaire territoriale / Amiens → Picardie

    • 23ème division militaire territoriale / Rouen → Haute-Normandie

  • 3ème région militaire / Rennes Zone de défense « Ouest » :

    • 31ème division militaire territoriale / Rennes → Bretagne

    • 32ème division militaire territoriale / Caen → Basse-Normandie

    • 33ème division militaire territoriale / Nantes → Pays-de-la-Loire

  • 4ème région militaire / Bordeaux Zone de défense « Sud-Ouest » :

    • 41ème division militaire territoriale / Bordeaux → Aquitaine

    • 42ème division militaire territoriale / Poitiers → Poitou – Charente

    • 43ème division militaire territoriale / Limoges → Limousin

    • 44ème division militaire territoriale / Toulouse → Midi – Pyrénées

  • 5ème région militaire / Lyon Zone de défense « Sud-Est » :

    • 51ème division militaire territoriale / Lyon → Rhône - Alpes

    • 52ème division militaire territoriale / Clermont-Ferrand → Auvergne

    • 53ème division militaire territoriale / Marseille → Provence – Alpes – Côtes-d'Azur

    • 54ème division militaire territoriale / Montpellier → Languedoc – Roussillon

    • 55ème division militaire territoriale / Ajaccio → Corse

  • 6ème région militaire / Metz Zone de défense « Est » :

    • 61ème division militaire territoriale / Nancy → Lorraine

    • 62ème division militaire territoriale / Strasbourg → Alsace

    • 63ème division militaire territoriale / Chalons-Sur-Marne → Champagne – Ardennes

    • 64ème division militaire territoriale / Dijon → Bourgogne

    • 65ème division militaire territoriale / Besançon → Franche – Comté


Chaque division militaire territoriale dirige en théorie deux unités :

  • une unité de combat de réserve issue de l'infanterie ou des Troupes de Marine, c'est le « régiment interarmes divisionnaire » , mentionnons que la 55ème division militaire territoriale en possède deux, ce qui nous fait un total de vingt-trois unités,
  • une unité de commandement divisionnaire gardant les traditions de l'Infanterie. A ce jour, nous avons avec certitude identifié dix-neuf régiments de commandement divisionnaire sur les vingt-deux devant être mis sur pied.

En sus de ces quarante-cinq unités, nous dénombrons également :

  • quatorze régiments de garde de points sensibles mis sur pied par l’Infanterie, les Troupes de Marine ou l'Arme blindée cavalerie. Deux de ces unités sont d'active, il s'agit des 24ème et 41ème régiments d'infanterie.
  • six régiments d'infanterie chargées de la défense des frontières. Il s'agit d'unités de surveillance mis sur pied par l'infanterie.
 

Ce qui nous fait un total de soixante-cinq unités de combat, de surveillance ou de commandement que nous présenterons ci-après.

Bien que présentant les unités des divisions militaires territoriales, nous nous pencherons sur les moyens de défense mis en œuvre pour la protection des organes gouvernementaux. Il s'agit de quatre régiments d'infanterie [24ème régiment d'infanterie (active), 90ème et 133ème régiments d'infanterie (réserve), 54ème régiments d'infanterie de Marine (réserve)] et de deux régiments de cavalerie légère [6ème régiment de Chasseurs et 29ème régiment de Dragons (réserve)]

Nous verrons également que s'ajoute une autre unité à cette mission de défense des organes gouvernementaux, il s'agit du 1er groupement blindé de la Gendarmerie mobile, qui comme son nom l'indique n'appartient pas à l'Armée de terre mais bien à la Gendarmerie Nationale. En effet, depuis un décret ministériel de 1973, il accompagne en cas de déclenchement de la défense opérationnelle du territoire l'action des unités de l'armée de terre dans le cadre de la protection et la défense des organes gouvernementaux et des organes de commandement stratégiques en région parisienne.

Mentionnons également que sera présenté le commandement de la Défense du Finistère, qui outre le fait que c'est un grand commandement de la Marine Nationale activé dès le temps de paix, dirige de un (en temps de paix) à trois régiments d'infanterie (en temps de guerre).

En effet, les 41ème régiment d'infanterie (active) et 19ème et 118ème régiments d'infanterie (réserve) sont chargés quant à eux de la défense de l’Île Longue et des installations de la Force nucléaires stratégiques présents dans la 31ème division militaire territoriale.

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IV – DÉTAIL DES ÉLÉMENTS ORGANIQUES DE LA DIVISION MILITAIRE TERRITORIALE :

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A – LES UNITÉS DE L'ARME BLINDÉE CAVALERIE :

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

6ème régiment de Chasseurs

Rambouillet

1ère région militaire / Zone de défense de Paris

Lieutenant-Colonel (CR) BESSET

29ème régiment de Dragons

Les Lilas

1ère région militaire / Zone de défense de Paris

Lieutenant-Colonel (CR) LACHENY

 

En janvier 1989, l'état-major de l'Armée dispose, dans le cadre de l'application des directives de la défense opérationnelle du territoire de deux unités de cavalerie légère de réserve chargées de défendre la capitale et plus particulièrement les sièges des organes de commandement de l'Armée française en cas de mise en place de la Défense Opérationnelle du Territoire. Nous verrons que cette mission échoie également aux 24ème régiment d'infanterie et 54ème régiment d'infanterie de Marine et que la Gendarmerie intervient également avec une unité spécifique pour cette mission.

Le 6ème régiment de Chasseurs est une unité de réserve mise sur pied à Rambouillet par le 501ème régiment de chars de combat. Contrairement à son corps dérivant qui monte des engins de combat de type AMX-30B2, le 6ème régiment de Chasseurs est une unité de combat dotée de l'automitrailleuse légère de type « AML-90 » ou « AML-60 ».

Il en va de même pour le 29ème régiment de Dragons qui est quant à lui mis sur pied non pas de par la dérivation d'un corps d'active mais par le centre mobilisateur n° 421 des Lilas.

Le 1er janvier 1989, à l'effectif théorique de 620 hommes (35 officiers – 103 sous-officiers et 482 hommes du rang), dotés de 216 véhicules divers, dont 41 automitrailleuses légères, ces deux régiments s'organisent en :

  • un état-major,
  • un escadron de commandement et des services,
  • 1er, 2ème et 3ème escadron d'automitrailleuses.
 


 



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