Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

LES ÉLÉMENTS ORGANIQUES DE LA 1ère ARMÉE

 

MISE A JOUR EN DATE DU 11 NOVEMBRE 2015

 

En janvier 1989, dans la pensée stratégique, cette structure de commandement, dotée d'un état-major basé en en temps de paix à Strasbourg (67) et en temps de guerre à Rochonvillers (57), s'ordonne autour de quatre grands axes majeurs :

 

a – l'état-major de la 1ère armée, conçoit et conduit la manœuvre terrestre de tout ou partie des trois corps d’armée (et de la « Force d'Action Rapide » lorsque celle-ci agit à son profit) dans le cadre :

 
  • d'un engagement français sous les ordres de l'état-major de l'Armée

  • d'un engagement multinational sous les ordres du commandement des unités alliées en Centre-Europe

 

b – l'état-major de la 1ère armée combine la manœuvre terrestre avec la manœuvre aérienne en lien avec l'état-major de la « Force Aérienne Tactique ». les troupes au sol sont appuyées par les unités aériennes devant lui tracer une « chemin clair » dans les rangs ennemis.

 

c – l'état-major de la 1ère armée coordonne les feux nucléaires tactiques pré-stratégiques (lanceurs « Sol/Sol » « PLUTON ») en accord et sur ordre du Président de la République, ultime ordonnateur dans le cadre de la « sanctuarisation » du territoire. C’est en cela qu’en janvier 1989 est à l’étude la formation d’une grande unité nucléaire dite « UNITÉ HADES », nom de l’engin pré-stratégique devant remplacer le missile Sol/Air « PLUTON » à terme.

 

d – l'état-major de la 1ère armée coordonne l'emploi de l'artillerie « sol / air » (missiles Sol/Air « HAWK »)

 

Dans le cadre de ses éléments organiques, la 1ère armée est dotée de dix unités de tailles diverses. Ces unités, toutes d'active, sont d’abord présentées ci-après dans le cadre d’un schéma synthétique. Ils se répartissent en :

 
  • quatre unités issues de l'Artillerie :

    • trois régiments d'artillerie Sol/Air à longue portée (missiles Sol/Air « HAWK »),

    • un groupe géographique,

 
  • trois unités issues de l'arme des Transmissions :

    • deux régiments de guerre électronique,

    • un régiment de transmissions d'armée,

 
  • une unité issue de l'Arme Blindée Cavalerie :

    • un régiment d'appui et de recherche dans la profondeur,

 
  • une unité issue de l'Aviation légère de l'armée de terre :

    • une escadrille de liaison,

 
  • une unité issue de l'arme du Train :

    • un escadron de commandement et de quartier général

 

Voici ci-après un schéma représentatif des unités organiques d'armée qui nous permettra ensuite de détailler chaque commandement d'arme et unité indépendante.

 

A la lecture du schéma présenté supra et exposant d'une manière synthétique les unités organiques d'armée, nous pouvons voir que neuf de ces unités sont contingentées entre :

 
  • deux commandements d'Arme (artillerie Sol/Air – transmissions) pour six régiments

  • le commandement direct de l'état-major de la 1ère armée pour le régiment d'appui et de recherche dans la profondeur, le groupe géographique et l'escadrille de liaison.

 

Mentionnons que la dixième unité est l'escadron de commandement et de quartier général support à l’état-major d’armée.

 

Présentons ci-après dans le détail ces dix unités de par une énumération des unités dans l'ordre alphabétique des armes.

 

Chaque unité se verra d'abord présentée dans son rôle au sein de l'armée avec le matériel correspondant puis nous poserons le principe de son organisation de par un schéma et un listing détaillé de ses unités élémentaires.

 

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A – L'ARME BLINDÉE CAVALERIE :

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

13ème régiment de Dragons parachutistes

Dieuze

Élément organique de la 1ère armée

Colonel Hucher de QUENETAIN

 

Voici donc le 13ème régiment de Dragons parachutistes. Cette unité issue par tradition de l’arme blindée cavalerie, désormais régiment d'appui et de recherche dans la profondeur, assure la reconnaissance et la recherche du renseignement par moyens humains en tout temps et en tout lieu.


Cependant, ce régiment est un instrument des plus exhaustif quant à la recherche du renseignement car il pénètre en profondeur dans les lignes adverses de par l'action de plus de soixante unités de type « commando » indépendants les uns des autres agissant sur un front théorique de 300 km.

 

En temps de guerre le régiment est à l'effectif de 1 140 hommes (80 officiers – 250 sous-officiers et 810 hommes de troupes).

 

Cette unité interarmes (45% de cavaliers, 17% de fantassins, 9,5% de transmetteurs, et de 3 à 5% de l'artillerie, du génie et du service de Santé) rattachée à l’armée blindée cavalerie comprend :

 
  • un état-major,

  • un escadron de commandement et des services,

  • 1er et 4ème escadrons de recherche en profondeur,

  • 2ème et 3ème escadrons d’instruction.

 

 

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B – L'ARTILLERIE :

 

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1 – LES UNITÉS ANTIAÉRIENNES / MISSILES SOL / AIR « HAWK » :

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

401ème régiment d'artillerie « école »

Draguignan

Commandement de l'artillerie Sol-Air de la 1ère armée

Lieutenant-Colonel Lavie

402ème régiment d'artillerie

Châlons-sur-Marne

Commandement de l'artillerie Sol-Air de la 1ère armée

Lieutenant-Colonel Lefebvre

403ème régiment d'artillerie

Chaumont / Sémoutiers

Commandement de l'artillerie Sol-Air de la 1ère
armée

Lieutenant-Colonel Riché

 

En temps de guerre, le commandement de l'artillerie Sol/Air de la 1ère armée dirige la manœuvre de trois régiments d'artillerie qui déploient douze batteries de missiles Sol/Air « HAWK ». Il s'agit des 401ème, 402ème et 403ème régiments d’artillerie.

 

Ces régiments portant des numéros dans la tranche « 400 » perpétue la tradition des unités de défense aérienne du territoire. Ces unités sont créées entre 1917 et 1918 et se trouvent au nombre de sept. Nous dénombrons les 63ème à 67ème régiments d'artillerie antiaérienne et le 166ème régiment d'artillerie antiaérienne. En 1920, ces unités se réorganisent et sont transformées en régiments de défense contre-avions et prennent les numéros 1 à 5. En 1924, ils changent de numérotation et passent dans la série « 400 ».

 

Nos trois unités sont issues par tradition des 1er, 2ème et 3ème régiments de défense contre-avions devenus ensuite 401ème, 402ème et 403ème régiments de défense contre-avions.

 

Ne survivant pas à la débâcle de 1940, nos trois unités sont récréées entre 1945 et 1948. Portant tout d'abord le vocable « régiment d'artillerie antiaérienne », ils prennent ensuite le vocable « régiment d'artillerie » dans les années 1970. Ces régiments servent dans le cadre de la défense antiaérienne à moyenne et longue distance. C'est en cela qu'ils sont équipés de missiles « HAWK » dès la fin de années 1960.

 

Constamment modernisés, le missile « HAWK » est un engin balistique destiné à la lutte contre les aéronefs volant à vitesse supersonique à basse, moyenne et haute altitude (jusqu'à 18 000 m). La portée pratique du missile est de 40 km. Ce système d'armes est monté sur remorque de type M192 avec triples affûts.

 

En temps de paix, seules dix batteries de tir sont actives, sachant que les 402ème et 403ème régiments d'artillerie possèdent chacun quatre batteries de tir et que le 401ème régiments d'artillerie n'en possède que deux. Le matériel d’une onzième batterie est affecté en double dotation dans les deux batteries d'instruction « HAWK » du 401ème régiment d’artillerie et le matériel d’une douzième batterie est en réserve générale sous la responsabilité d'une unité de l’arme du matériel.

 

L’utilisation des moyens de ces régiments d’artillerie à capacité Sol/Air permet la création d'un vaste écran de protection du champ de bataille contre les aéronefs ennemis ainsi ces unités concrétisent la combinaison de l’action terrestre à la manœuvre des forces aériennes tactiques.

 

En janvier 1989, ils ne sont attachés à la 1ère armée qu’à partir du temps de guerre. En effet, par directive du chef d'état-major de l'armée de terre en date du 09 février 1984, les trois régiments d'artillerie cités supra ne sont affectés que pour emploi à la 1ère armée Armée en temps de paix.

 

Ils sont donc administrativement gérés par le 1er corps d'armée (402ème régiment d'artillerie et 403ème régiment d'artillerie) ou par l’École d'Application de l'Artillerie (401ème régiment d'artillerie) sachant que les directives relatives à l'emploi, l'instruction et l’entraînement sont définies par le commandement de l'artillerie Sol/Air de la 1ère armée.

 

En temps de guerre, les 401ème, 402ème et 403ème régiments d'artillerie sont à l'effectif théorique de 1 140 hommes (64 officiers – 275 sous-officiers et 801 militaires du rang) et sont dotés de 370 véhicules divers.

 

Le régiment d'artillerie sol-air « HAWK » comprend :

 
  • un état-major,

  • une batterie de commandement et des services,

  • 1ère, 2ème, 3ème et 4ème batteries de tir avec un total de 64 affûts « HAWK » et 20 radars de tous types,

  • un détachement de soutien direct.

 

 

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2 – LES UNITÉS HORS CADRE :

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

Groupe géographique / 28ème régiment d'artillerie

Joigny

Élément organique de la 1ère armée

Colonel Mer

 

Le groupe géographique, gardant les traditions du 28ème régiment d'artillerie, est une unité dit « d'appui géographique des forces ».

 

Il se doit de réaliser les travaux géodésiques, topographiques, cartographiques et des levées d'infrastructures et de fournir en données numériques les systèmes d'armes et de commandement. Il est en permanence à la recherche du renseignement géographique afin de constituer une documentation militaire géographique.

 

Le groupe géographique est à l'effectif de 390 militaires (47 officiers – 194 sous-officiers et 149 militaires du rang) et 31 personnels civils avec 135 véhicules en dotation.

 

Le groupe géographique est organisé en :

 
  • un état-major,

  • une compagnie de commandement et de soutien,

  • 1ère batterie géographique,

  • 2ème batterie cartographique.

 
 

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C – L'AVIATION LÉGÈRE DU CORPS D’ARMÉE :

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

Escadrille légère de la 1ère armée

Baden-Baden

Élément organique de la 1ère armée

Capitaine Michelet

 

Cette unité d'appui au commandement, équipée d’aéronefs légers de type Cessna L-19E et SA3160 Alouette III, assure les liaisons des autorités et l'appui au commandement de la 1ère armée.

 

Ce type d'unité est théoriquement organisé en un état-major supporté par un peloton de commandement et deux pelotons d'aéronefs. Conformément aux tableaux d’effectifs des escadrilles, on dénombre 54 hommes (4 officiers – 25 sous-officiers et 25 hommes de troupes) ainsi que dix véhicules divers et de dix aéronefs légers. Les deux pelotons d'aéronefs se répartissent en :

 
  • un peloton « hélicoptères légers » avec cinq voilures tournantes

  • un peloton « avions » avec cinq voilures fixes

 

 

Cependant en matière de matériels volants, ce ne sont pas dix engins mais huit qui sont recensés. En effet, en date du 01 janvier 1989, nous trouvons :

 
  • 3 avions légers de type Cessna L-19E

  • 5 hélicoptères légers de type SE3160 Alouette III codés « CVC », « CVD », « CVF », « CVR » et « CVS »


     




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