Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

ORDRE DE BATAILLE DE L’ARMÉE FRANÇAISE AU 01 JANVIER 1989


MISE A JOUR DU 08 JANVIER 2017
 

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0 / PRÉSENTATION INTRODUCTIVE DE L’ARMÉE FRANÇAISE :


L’armée française est une des plus vieilles forces militaires structurées, elle peut s’enorgueillir d’avoir mis sur pied le plus vieux régiment d’infanterie encore en activité, à savoir le 1er régiment d’infanterie.


Cette unité est mise sur pied le 1er janvier 1791 à partir du « régiment Colonel-Général ». C’est l'un des « vieux corps », créé en 1479 sous le nom de « bandes de Picardie » par le roi Louis XI.


L’armée française, au 1er janvier 1989, est encore une armée de conscription, forte d’un héritage de grandes batailles mais aussi de défaites lourdes de conséquence. En se cantonnant à l’époque contemporaine, la Marne et son miracle côtoient la poche de Dunkerque, les deux batailles de Sedan à soixante-dix ans d’intervalle, points d’orgue des défaites de 1870 et 1940 sont mis en opposition à la bataille de Koufra et son célèbre serment qui déboucheront sur la libération de Strasbourg et à sa défense au cœur de l’hiver 1944-1945.


Cette armée française, au 1er janvier 1989, est à la fois toute tournée vers l’ennemi, le « Rouge », devant déboucher de l’Est, mais chevauche tout autant allègrement les ACMAT et les Jaguars dans le désert africain.


Dans le cadre de ce que l’on a pu appeler la « guerre froide », face à une menace globale, permanente, où les armements prolifèrent de manière exponentielle, nous sommes obligés de nous défendre ». (Cf TTA 150 édition 1979)


C’est en ces mots que débute la présentation des armes de la France s’organisant dans le cadre de la défense nationale. En effet et à ce titre, l'armée française sous les ordres du Président de la République émanation élective de la nation française, est gérée par le ministre de la Défense qui délègue une partie de ses prérogatives au chef d'état-major des armées et aux trois chef d'état-major de l'armée de terre, de l'armée de l'air et de la marine.


Mentionnons que la Gendarmerie Nationale est considérée comme la quatrième armée


Cette défense, mise en exergue au fronton idéologique de notre République, vise à répondre à cinq objectifs :


  • assurer en permanence la sécurité et l’intégrité du territoire, tant métropolitain qu’ultra-marin, de par ses approches terrestres, maritimes et aériennes,

  • participer à la défense de l’Europe de l’Ouest et à la protection du bassin méditerranéen dans la cadre des accords mis en place par l’ « Organisation du Traité de l’Atlantique Nord »,

  • sauvegarder les intérêts extérieurs de la France,

  • honorer les engagements de défense nous liant à des pays africains de par les accords de coopération militaire,

  • assurer le service de la paix dans le cadre de l’ « Organisation des Nations Unies ».


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A / ORGANISATION SUCCINCTE DE L’ARMÉE FRANÇAISE :


L’armée française, face à ces cinq objectifs, organise ses moyens en trois forces d'importances diverses et transverses que sont la force nucléaire stratégique, la force nucléaire tactique (ou pré-stratégique) et les forces conventionnelles :


  • la force nucléaire stratégique dite « triade nucléaire », dotée de missiles, s’organisant en trois composantes :


    • une première composante « armée de l'air »  avec des missiles air-sol portés par des bombardiers,

    • une deuxième composante « armée de l'air » avec des missiles sol-sol balistiques stratégiques à portée intermédiaire,

    • une composante « marine nationale » avec des missiles mer-sol balistiques stratégiques portés par des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins.


  • la force nucléaire tactique, dotée de bombes et de missiles, s’organisant également en trois composantes :


    • une composante « armée de terre » avec des missiles balistiques nucléaires à courte portée,

    • une composante « armée de l'air » avec des bombes nucléaires ou des missiles tactiques portés par des chasseurs-bombardiers,

    • une composante « marine nationale » avec des bombes nucléaires tactiques portées par des d'avions d’assaut et de chasse.


  • les forces classiques s’organisant avec les moyens mis à la disposition de :


    • l’armée de terre qui se subdivise entre trois grands commandements diverses forces mineures :

      • l'état-major de la 1ère armée qui dirige trois corps d'armées, trois brigades logistiques et dix divisions dont deux issues des écoles,

      • l'état-major de la Défense Opérationnelle du Territoire (DOT – mise en place en période de guerre), qui dirige sept brigades de zone, vingt-trois régiments interarmes divisionnaires et de nombreuses unités de garde de points sensibles,

      • l'état-major de la Force d'Action Rapide (FAR) qui dirige une brigade logistique et cinq divisions,

      • les forces de souveraineté ultra-marine, dont les état-majors dirigent l'action des régiments stationnés dans les DOM-TOM

      • les forces prépositionnées dans le cadre des accords de défense.


    • l’armée de l’air organisée en six commandements spécialisés :

      • le commandement de la force aérienne tactique (FATAC), composée de cinq escadres de chasse dotées de chasseurs-bombardiers, d'une escadre de reconnaissance dotés d'aéronefs de reconnaissance, d'une escadre électronique tactique dotée d'aéronefs de recueil de renseignement et de cinq escadrons électroniques au sol.

      • le commandement air de la force de défense aérienne (CAFDA), composée de plusieurs centres de détection et de contrôle militaire, de quatre escadres de chasse dotées de chasseurs et de treize escadrons de défense sol-air,

      • le commandement de la force aérienne de transport (CoTAM), composée de treize escadrons de transport, de deux escadrons électroniques et de six escadrons d'hélicoptères dotés d’aéronefs de transport à voilure fixe ou voilure tournante, s'y ajoutent six escadrons de transport outre-mer des forces de souveraineté ultra-marine,

      • les moyens polyvalents de soutien (commandement des transmissions et commandement du génie de l’air),

      • Le commandement des écoles réunis principalement dans la 8ème escadre de chasse.


    • la marine nationale avec six composantes principales regroupant cent-soixante six navires majeurs :

      • les unités de combat principales organisées en deux escadres de combat en Atlantique et en Méditerranée et regroupant un total de vingt bâtiments majeurs,

      • les unités de soutien regroupant trente bâtiments divers,

      • les unités de souveraineté tant en métropole qu'en outre-mer, dirigeant un total de trente-huit bâtiments océaniques ou côtiers,

      • la flotte amphibie se répartissant sur les façades atlantique et méditerranée et en outre-mer, regroupant un total de quarante bâtiments,

      • la flotte sous-marine avec un total de douze sous-marins diesels d'attaque et quatre sous-marins nucléaires d'attaque,

      • la force de guerre des mines se répartissant sur les façades atlantique et méditerranée, regroupant un total de vingt-deux bâtiments.


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B / ETATS DES EFFECTIFS DE L’ARMÉE FRANÇAISE :


En matière d’effectif, l’armée française, en temps de paix, compte encore au 1er janvier 1989 plus d’un demi-million d’hommes sous les drapeaux. Après consultation du décret n° 88-223 du 9 mars 1988 portant répartition des effectifs budgétaires du personnel militaire pour 1988-1989 nous arrivons à un total précis de 557 904 militaires pour les trois armes, les services communs et la gendarmerie nationale.


Ces 557 904 hommes se répartissent en trois groupes distincts, nous avons d’abord les trois armées traditionnelles (terre – air – mer) puis les services et l’administration centrale et enfin la gendarmerie nationale :


  • 1er groupe : 455 971 hommes

    • Armée de terre : 295 989 hommes

    • Armée de l’air : 94 892 hommes

    • Marine nationale : 65 090 hommes


  • 2ème groupe : 14 496 hommes

    • Service de santé des armées : 8 493 hommes

    • Délégation générale pour l’armement : 4 389 hommes

    • Service des essences : 407 hommes

    • Contrôle général des armées : 144 hommes

    • Administration centrale : 63 hommes


  • 3ème groupe : 87 437 hommes

    • Gendarmerie : 87 437 hommes


Ces 557 904 militaires se répartissent également en trois groupes en fonction des domaines suivants :


  • 1er groupe : 408 865 hommes

    • Forces classiques : 390 816 hommes

      • Armée de terre : 227 270 hommes

      • Armée de l’air : 49 590 hommes

      • Marine nationale : 39 285 hommes

      • Gendarmerie : 74 436 hommes

      • Divers : 235 hommes

    • Forces outre-mer : 18 049 hommes

      • Armée de terre : 10 511 hommes

      • Armée de l’air : 1 664 hommes

      • Marine nationale : 3 101 hommes

      • Gendarmerie : 2 767 hommes

      • Divers : 6 hommes


  • 2ème groupe : 26 490 hommes

    • Forces nucléaires stratégiques : 17 372 hommes

      • Armée de terre : 1 894 hommes

      • Armée de l’air : 9 192 hommes

      • Marine nationale : 4 976 hommes

      • Gendarmerie : 732 hommes

      • Divers : 578 hommes

    • Armement nucléaires pré-stratégiques : 9 118 hommes

      • Armée de terre : 5 993 hommes

      • Armée de l’air : 2 861 hommes

      • Marine nationale : 189 hommes

      • Gendarmerie : 75 hommes


  • 3ème groupe : 122 549 hommes

    • Organismes de formation : 57 017 hommes

    • Organismes de soutien des personnels : 22 201 hommes

    • Organismes de soutien des matériels : 19 407 hommes

    • Administration générale : 18 362 hommes

    • Recherches et essais : 5 562 hommes


Mentionnons que les effectifs globaux de l’armée française sont en diminution constante depuis la fin de la guerre d’Algérie.


En 1962, dernière année de la guerre d’Algérie, l’armée française présente un effectif global de 1 027 807 hommes soit :


  • 721 102 hommes pour l’armée de terre

  • 139 873 hommes pour l’armée de l’air

  • 78 506 hommes pour la marine nationale

  • 85 132 hommes pour la gendarmerie nationale et les services communs


Sur les 1 027 807 hommes, 441 346 hommes stationnent en Algérie.


Pour l’année 1966 (1ère année de référence du temps de paix sans aucun personnel en Algérie), nous avions 583 956 hommes sous les drapeaux soit 443 851 militaires en mois par rapport à la situation de 1962.


En 1978, après la réforme du général LAGARDE nous passons à un total de 579 188 hommes soit 4 768 militaires en moins par rapport à 1966.


La réforme des structures des armées engendrée par le ministère de la défense dès 1983 voit les effectifs globaux passer de 577 884 hommes en 1983 à 557 893 hommes en 1986 soit une baisse de 19 991 hommes en trois ans, alors que la diminution n’était que de 6 072 postes de 1966 à 1983. Les effectifs se stabilisent de 1986 à 1989.


La perte de poste entre 1966 et 1989 est de 26 052, soit 4,42 % des effectifs totaux.


La chute du mur de Berlin et la fin des régimes autoritaires d’Europe de l’Est verra une chute vertigineuse des effectifs de l’armée française.


En 1997, dernière année où la répartition des effectifs est publiée au Journal Officiel, les effectifs globaux sont listés à un total de 475 147 hommes soit une baisse en 8 ans de 82 757 hommes soit plus de 10 000 hommes par an.


Voici ci-après un état récapitulatif des effectifs des armées de terre – air – mer, de la gendarmerie nationale et des services divers de 1966 à 1989 :



Armée de terre

Armée de l’air

Marine nationale

Gendarmerie nationale

Services communs

Total

1966

335 391 h

108 584 h

69 723 h

61 539 h

8 709 h

583 956 h

1970

323 653 h

104 332 h

68 440 h

62 902 h

11 686 h

571 013 h

1974

338 459 h

104 933 h

70 267 h

72 569 h

8 681 h

594 909 h

1978

324 366 h

100 809 h

68 230 h

76 369 h

9 414 h

579 188 h

1983

311 166 h

100 225 h

68 287 h

85 214 h

12 992 h

577 884 h

1986

296 480 h

95 978 h

66 345 h

85 708 h

13 382 h

557 893 h

1989

295 989 h

94 892 h

65 090 h

87 437 h

14 496 h

557 904 h

Évolution de 1966 à 1989

- 39 402 h

- 13 692 h

- 4 633 h

+ 25 898 h

+ 5 787 h

- 26 052 h

- 11,75 %

- 12,61 %

- 6,75 %

+ 42,08 %

+ 66,45 %

- 4,42 %


Dès le premier regard, nous pouvons voir qu’en 23 ans, il y a une baisse significative mais légère des effectifs globaux, en effet nous passons de 583 956 hommes à 557 904 hommes soit une baisse de 26 052 hommes (4.42 % d’effectifs en moins).


Cette différence de 26 052 hommes en moins entre 1966 et 1989 se décompose en :


  • 57 727 hommes en moins soit :

    • 39 402 hommes en moins pour l’armée de terre soit une baisse de 11.75 % des effectifs,

    • 13 692 hommes en moins pour l’armée de l’air soit une baisse de 12.61 % des effectifs,

    • 4 633 hommes en moins pour la marine nationale soit une baisse de 6.75 % des effectifs.


  • 31 685 hommes en plus soit :

    • 25 898 hommes en plus pour la gendarmerie soit une hausse de 42.08 % des effectifs,

    • 5 787 hommes en plus pour les services communs soit une hausse de 66.45 % des effectifs.


Pour info les derniers chiffres connus pour l’armée française et la gendarmerie nationale, à savoir ceux de 2015 publiés dans « les chiffres clés de la défense » - édition 2016 - et le « mémogend » - édition 2016 - indiquent les éléments suivants :


  • total général : 371 838 hommes

    • total défense : 263 350 hommes

      • dont armée de terre : 108 449 hommes

      • dont armée de l’air : 42 607 hommes

      • dont marine nationale : 36 331 hommes

      • dont services communs : 75 963 hommes

    • total gendarmerie : 108 488 hommes


Effectuant la même analyse, nous pouvons voir qu’en 26 ans, il y a une baisse importante des effectifs globaux, en effet nous passons de 557 904 hommes à 371 838 hommes soit une baisse de 186 066 hommes (33,36 % d’effectifs en moins).


Cette différence de 186 066 hommes entre 1989 et 2015 se décompose en :


  • 268 584 hommes en moins soit :

    • 187 540 hommes en moins pour l’armée de terre soit une baisse de 36.64 % des effectifs,

    • 52 285 hommes en moins pour l’armée de l’air soit une baisse de 55.10 % des effectifs,

    • 28 759 hommes en moins pour la marine nationale soit une baisse de 55.82 % des effectifs,


  • 82 468 hommes en plus soit :

    • 21 001 hommes en plus pour la gendarmerie soit une hausse de 24 % des effectifs,

    • 61 467 hommes en plus pour les services communs soit une hausse de 80.82 % des effectifs.


Rappelons qu'aujourd'hui, bien que la gendarmerie soit toujours soldée par le ministère de la défense, son action est dirigée par le ministère de l'intérieur. Cependant, la création de la garde nationale, au 1er janvier 2017, fait que les réservistes de la gendarmerie rejoignent les réservistes des trois autres armées dans l'action de sécurisation du territoire national.

 

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I / PRÉSENTATION GÉNÉRALE :

 

L'ordre de bataille de l'armée de terre au 01 janvier 1989 se divise en deux grands ensembles :

 
  • On distingue de prime abord la grande majorité des unités métropolitaines et des unités des Troupes de Marine et de la Légion Étrangère présentes en métropole, en Corse et en Allemagne Fédérale.

  • On distingue ensuite les unités des Troupes de Marine et de la Légion Étrangère présentes dans les départements et territoires d'outre-mer, en Afrique et en Amérique du Sud.

 

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A /
MÉTROPOLE - CORSE – ALLEMAGNE FÉDÉRALE :

 

De par les lois n° 77-531 du 19 juin 1976 portant approbation de la programmation militaire pour les années 1977-1982, n° 83-606 du 8 juillet 1983 portant approbation de la programmation militaire pour les années 1984-1988 et n° 87-343 du 22 mai 1987 relative à l'équipement militaire pour les années 1987-1991, nos forces armées en Métropole, en Corse et en Allemagne Fédérale se structurent par ordre d'importance en trois grands ensembles distincts dirigés par l'état-major de l'armée de terre :

 
  • la 1ère armée,

  • la Défense Opérationnelle du Territoire mise en place en période de guerre,

  • la Force d'Action Rapide.

Le 1er commandement logistique (1er COMLOG) est cité pour mémoire dans ce schéma mais ne sera pas présenté ici, une page dédiée lui est consacrée.

 

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B / DÉPARTEMENTS ET TERRITOIRES D'OUTRE-MER - FORCES PRÉPOSITIONNÉES EN AFRIQUE ET EN AMÉRIQUE DU SUD :

 

Outre les unités présentées supra, l'armée de terre use de forces de souveraineté dans les départements et territoires d'Outre-mer. Nous dénombrons :

 
  • les Forces Armées du Groupe Antilles - Guyane (FAGAG) positionnées dans les départements de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane,

  • les Forces Armées de la Zone Sud de l'Océan Indien (FAZSOI) positionnées dans le département de la Réunion et sur l’île de Mayotte,

  • les Forces Armées en Polynésie Française (FAPF) positionnées sur diverses îles du territoire d'outre-mer de la Polynésie,

  • les Forces armées en la Nouvelle-Calédonie (FANC) positionnées sur les diverses îles composant ce territoire d'outre-mer.

L'armée française se trouve également positionnée dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest et à Djibouti dans le cadre d'accord de coopération militaire, nous avons donc :

 
  • les Forces Françaises Stationnées à Djibouti (FFSD),

  • les Troupes Françaises au Gabon (TFG),

  • les Forces Françaises du Cap-Vert (FFCV),

  • les forces françaises stationnées en Côte d'Ivoire (FFSCI),

  • les Éléments Français d'Assistance opérationnelle en République Centrafricaine (EFAO),

  • les Éléments Français d'Assistance opérationnelle au Tchad (EFT).

Nous ne présenterons que la composante « terre » de ces « Forces » qui regroupent sous un même commandement interarmes, les unités de l'armée de terre, de l'air et de la marine. Dans le cadre des détachements techniques, un partenariat est signé avec le Pérou et un détachement de l'aviation légère de l'armée de terre s'installe à Quito sans toutefois la présence d'aéronefs de combat ou de transport. Ce détachement cité ici ne sera pas étudié ultérieurement.

 

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II / ÉTUDE DE DÉTAILS :

 

- - - / - - -
A / MÉTROPOLE - CORSE – ALLEMAGNE FÉDÉRALE :

 

Comme nous avons pu le voir, ces trois grands ensembles (et le 1er commandement logistique) regroupent la totalité des moyens de combat, d'appui et de soutien mis en œuvre tant par les unités d'active que par les unités de réserve ou les unités mises sur pied par les écoles et autres centres de formation ou d'instruction.

 

- - - / - - -
1 / LA 1ère ARMÉE :

 

- - - / - - -
a
/ PRÉSENTATION GÉNÉRALE :

 

La 1ère armée, sans compter la division du Rhin qui est directement rattachée à son commandement et les Forces Françaises à Berlin qui sont une unité distincte, se divise en trois grands corps :

 
  • le 1er corps d'armée est doté de quatre divisions et d'une brigade logistique :

    • 1ère et 7ème divisions blindées,

    • 12ème et 14ème divisions légères blindées – école,

    • 1ère brigade logistique.

 
  • le 2ème corps d'armée est doté de trois divisions et d'une brigade logistique :

    • 3ème et 5ème divisions blindées,

    • 15ème division d'infanterie,

    • 2ème brigade logistique.

 
  • le 3ème corps d'armée est doté de trois divisions et d'une brigade logistique :

    • 2ème et 10ème divisions blindées,

    • 8ème division d'infanterie,

    • 3ème brigade logistique.

Cette organisation hiérarchique structurée qu'est la 1ère armée représente, en termes d’unités élémentaires réparties par arme (sans compter les troupes affectées en tant qu’éléments organiques de corps d'armée ou aux brigades logistiques), un ensemble de quatre-vingt dix-sept unités :

 
   

1er corps d'armée

2ème corps d'armée

3ème corps d'armée

Forces françaises à Berlin

Division du Rhin

Total

Combat

Régiment de chars de bataille (AMX-30)

8

5

6

1

/ …

20

Régiment de cavalerie légère (AMX-10 RC / ERC-90 Sagaie / AML-90)

1

1

1

/ …

/ …

3

Régiment d'infanterie mécanisée (AMX-10 P / AMX-13)

6

4

4

/ …

/ …

14

Régiment d'infanterie motorisée (VAB)

2

5

5

1

/ …

13

Régiment d'infanterie portée (Camionnettes tactiques)

2

0

0

/ …

3

5

Appuis

Régiments d'artillerie auto-portée

4

4

4

/ …

/ …

12

Régiments d'artillerie tractée

2

1

1

/ …

/ …

4

Régiment d'artillerie sol/air

/ …

/ …

/ …

/ …

1

1

Régiment du génie de division blindée

2

2

2

/ …

/ …

6

Régiment du génie de division d'infanterie

2

1

1

/ …

/ …

4

Régiment du génie (franchissement)

/ …

/ …

/ …

/ …

3

3

Bataillon du génie

/ …

/ …

/ …

/ …

1

1

Soutien

Régiment de commandement et de soutien

4

3

3

/ …

1

11

Total

33

26

27

2

9

97

 

De par ces chiffres, une double lecture s'impose :

 

Nous pouvons voir primitivement qu'en matière de dotation en unités élémentaires par rapport aux grandes unités affectées, le constat suivant s'effectue :

 

a - le 3ème corps d'armée arrive en tête avec vingt-sept unités élémentaires pour trois grandes unités, soit un ratio de neuf unités par division. En effet, avec deux divisions blindées à dix régiments et une division d'infanterie à sept régiments, l'effectif est au complet.

 

b - le 2ème corps d'armée suit avec vingt-six unités élémentaires pour trois grandes unités, soit un ratio de 8.67 unités par division. La différence par rapport au 3ème corps d'armée tient du fait que la 3ème division blindée n'a que deux régiments de cavalerie blindée (à quatre escadrons de combat) au lieu de trois régiments (à trois escadrons de combat).

 

c - le 1er corps d'armée est en queue de peloton avec trente-trois unités pour quatre divisions soit un ratio de 8.25 unités par division. Ce chiffre s'explique par le fait que ce corps dispose de deux divisions blindées avec dix-neuf régiments (avec le même constat que ci-dessus) et deux divisions légères blindées « école » avec quatorze régiments soit sept régiments par unité.

 

Nous pouvons voir également qu'entre les unités d'active et de réserve ou issues des écoles, le même constat est effectué :

 

a – le 1er corps d'armée dirige dix unités « école » et quatre unités de réserve ou pour un total de trente-trois unités soit un ratio de 42.42 %. Ces quatorze unités sont toutes placées dans les deux divisions blindées légères « école ».

 

b – le 2ème corps d'armée active une unité de réserve pour un total de vingt-six unités soit un ratio de 3.85 %. Cette unité de réserve se trouve être le régiment du génie de la division d'infanterie qui est constituée de deux compagnies d'active et un embryon d'état-major régimentaire s'amalgamant à des réservistes en temps de guerre pour mettre sur pied le régiment idoine.

 

c - Le 3ème corps d'armée à la palme avec une unité de réserve pour un total de vingt-sept unités soit un ratio de 3.70 % d'unités de réserve. Ce chiffre est la résultante du même phénomène que décrit ci-dessus dans le cadre de l'arme du génie.

 

Pour conclure en matière de chiffre, la situation suivante est expliquée. De par la réforme de 1984, chaque unité élémentaire a mis en sommeil une compagnie, escadron, batterie. En temps de guerre, cette unité doit être reconstituée de par l'apport de réservistes. Le corps de bataille, composé uniquement de troupes d'active (engagés et militaires effectuant leur service militaire) jusqu'en 1984, voit son temps de mise sur pied augmenter dans le cadre d'un déclenchement de conflit par l'arrivée de plus de dix-mille hommes à intégrer dans les corps de troupes.

 

- - - / - - -
b
/ RÉCAPITULATIF DES MOYENS BLINDES :

 
 

1er corps d'armée

2ème corps d'armée

3ème corps d'armée

Forces françaises à Berlin

Division du Rhin

Total

AMX-30 B2

79

299

106

/ …

/ …

484

AMX-30

393

64

276

41

/ …

774

AMX-13/90

16

/ …

/ …

/ …

/ …

16

AMX-10 RC

52

72

72

/ …

/ …

196

ERC-90

8

/ …

/ …

/ …

/ …

8

AML-90

36

/ …

/ …

/ …

/ …

36

Total

584

435

454

41

/ …

1514

 

Rappelons les règles de dotation en vigueur dans les unités affectées à la 1ère armée.

 
  • le régiment de chars de bataille compte :

    • soit 70 chars de bataille de type AMX-30 B ou AMX-30 B2 dotés du canon de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 par régiment pour quatre unités d'active,

    • soit 53 chars de bataille de type AMX-30 B ou AMX-30 B2 dotés du canon de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 par régiment pour douze unités d'active,

    • soit 41 chars de bataille de type AMX-30 B dotés du canon de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 par régiment pour une unité d'active et une unité « école ».

 
  • le régiment de cavalerie légère compte :

    • soit 36 engins blindés reconnaissance-feu de type AMX-10 RC dotée du canon de 105 mm BK MECA L/48 Modèle F2 par régiment pour cinq unités d'active,

    • soit 36 automitrailleuses légères dotées du canon de 90 mm GIAT modèle F1 pour une unité « école ».

 
  • Un cas particulier quant à deux unités « école » qui ensemble ont un panachage de :

    • 56 chars de bataille de type AMX-30 B et AMX-30 B2 dotés du canon de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1,

    • 16 engins blindés reconnaissance-feu de type AMX-10 RC dotés du canon de 105 mm BK MECA L/48 Modèle F2,

    • 8 engins blindés reconnaissance-feu de type ERC-90 Sagaie dotés du canon de 90 mm CN90 Modèle F1.

 
  • Le régiment d'infanterie mécanisée ou groupe de Chasseurs compte :

    • soit 16 chars de bataille de type AMX-30 B dotés du canon de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 par régiment pour douze unité d'active,

    • soit 12 chars de bataille de type AMX-30 B dotés du canon de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 par régiment pour une unité « école »,

 

Mentionnons que les douze régiments d'infanterie mécanisée ou groupes de Chasseurs ont tous reversé au milieu des années 1980 le char de commandement de la compagnie de chars (17ème char) afin d'équiper la compagnie de chars du régiment d'infanterie mécanisée « école ».

 

Mentionnons également le cas du 30ème groupe de Chasseurs qui est la seule unité en métropole à se voir encore affecter une compagnie de chars légers doté 16 chars légers de type AMX-13/90 à canon de 90 mm modèle F3. Cette unité, bien que du modèle « régiment d'infanterie mécanisée » compte comme régiment d'infanterie motorisée au sein de la 7ème division blindée. En effet, il aurait du être équipé avec des véhicules de l'avant blindé au même titre que les 151ème, 152ème et 153ème régiments d'infanterie qui sont des unités d'infanterie mécanisée lors de la réforme de 1977 puis des unités d'infanterie motorisée à partir du milieu des années 1980.

 

- - - / - - -
2 / LA DÉFENSE OPÉRATIONNELLE DU TERRITOIRE :

 

- - - / - - -
a
/ PRÉSENTATION GÉNÉRALE :

 

La défense opérationnelle du territoire, de par l'ordonnance du 07 janvier 1959 sur l'organisation générale de la Défense réactualisée par le décret du 01 mars 1973, est « une des forces de la défense militaire destinées, en liaison avec les autres forces de la défense militaire et avec la défense civile, à assurer la liberté et la continuité d'action du gouvernement ainsi que la sauvegarde des organes essentiels à la défense de la France ».

 

En d'autres termes, la défense opérationnelle du territoire est faite pour :

 
  • assurer la protection des installations militaires

  • s'opposer aux actions ennemies à l'intérieur du territoire

  • mener des opérations de résistance militaire en cas d'invasion

 

A ce titre, la loi n° 83-606 du 8 juillet 1983 portant approbation de la programmation militaire pour les années 1984-1988 réorganise les forces militaires de la défense opérationnelle du territoire de par la mise sur pied de une à deux brigades de zone chacune des six régions militaires qui sont elles-mêmes transformées en zone de défense lors du passage à l'état de guerre.

 

Une division d'infanterie « école » est mise sur pied pour la défense du site de lancement des missiles nucléaires intercontinentaux – le plateau d'Albion. En sus et ne figurant pas dans le schéma présenté ci-après, sont comptés vint-trois régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires » et six unités d'infanterie de type « régiments frontières » répartis dans les vingt-deux divisions militaires territoriales.

 

Vous trouverez ci-dessous la carte d’implantation des zones de défense et des brigades de zone.

Après la carte, voici donc le détail des diverses unités :

 
  • Zone de défense de « Paris » / 1ère région militaire :

    • 102ème brigade de zone

    • 76ème et 90ème régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires »

 
  • Zone de défense « Nord » / 2ème région militaire :

    • 108ème brigade de zone

    • 54ème, 239ème et 243ème régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires »

 
  • Zone de défense « Ouest » / 3ème région militaire :

    • 109ème brigade de zone

    • 2ème, 48ème et 137ème régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires »

 
  • Zone de défense « Sud-Ouest » / 4ème région militaire :

    • 115ème brigade de zone

    • 15ème, 100ème, 107ème et 144ème régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires »

    • 49ème et 88ème régiments d'infanterie de type « régiments frontière »

 
  • Zone de défense « Sud-est » / 5ème région militaire :

    • 127ème brigade de zone

    • 152ème division d'infanterie « école »

    • 141ème, 142ème, 173ème, 292ème, 299ème et 373ème régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires »

    • 53ème régiment d'infanterie et 15ème, 22ème et 53ème bataillons de Chasseurs Alpins de type « régiments frontière »

 
  • Zone de défense « Est » / 6ème région militaire :

    • 107ème et 110ème brigades de zone

    • 10ème, 26ème, 37ème, 60ème et 106ème régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires »

 

Sans compter les unités de soutien des zones de défense et en se consacrant uniquement aux grandes unités de combat, ces unités peuvent être présentées ci-après de par la répartition par armes. Elles représentent un ensemble de soixante-dix neuf unités :

 
   

ZDP / 1ère RM

ZDN / 2ème RM

ZDO / 3ème RM

ZDSO / 4ème RM

ZDSE / 5ème RM

ZDE / 6ème RM

Total

Combat

Régiment de cavalerie légère (AML-60 / AML-90)

1

1

1

1

2

2

8

Régiment d'infanterie portée (Camionnettes tactiques)

2

2

2

2

6

4

18

Régiment interarmes divisionnaire

2

3

3

4

6

5

23

Régiment frontière

/ …

/ …

/ …

2

4

/ …

6

Appuis

Compagnie du génie

2

2

2

2

4

4

16

Soutien

Régiment de commandement et de soutien

1

1

1

1

2

2

8

Total

8

9

9

12

24

17

79

 

Un constat simple s'impose à nos yeux, les unités constituant les grandes unités de la défense opérationnelle du territoire sont toutes de réserve, sauf la 152ème division d'infanterie « école » qui comme son nom l'indique est formée à partir des écoles et centres de formation de la 5ème région militaire.

 

Cette situation de prise d'arme est plus réaliste en matière de gestion des effectifs que celle prévue par la loi n° 77-531 du 19 juin 1976 portant approbation de la programmation militaire pour les années 1977-1982. En effet, il avait été mis sur le papier en 1977 une organisation de la défense opérationnelle du territoire basée exclusivement sur onze divisions de réserve et quatre divisions écoles, en voici le détail ci-après :

 
  • Zone de défense de « Paris » / 1ère région militaire :

    • 102ème division de réserve

 
  • Zone de défense « Nord » / 2ème région militaire :

    • 108ème et 112ème divisions de réserve

 
  • Zone de défense « Ouest » / 3ème région militaire :

    • 109ème division de réserve

    • 131ème division d'infanterie « école »

 
  • Zone de défense « Sud-Ouest » / 4ème région militaire :

    • 111ème et 115ème divisions de réserve

    • 141ème division d'infanterie « école »

 
  • Zone de défense « Sud-est » / 5ème région militaire :

    • 114ème et 127ème divisions de réserve

    • 151ème et 152ème divisions d'infanterie « école »

 
  • Zone de défense « Est » / 6ème région militaire :

    • 104ème, 107ème et 110ème divisions de réserve

 

On ne trouve pas trace des régiments interarmes divisionnaires ou des régiments frontières qui n'existent pas encore. Ces grandes unités, représentant un ensemble de quatre-vingt-dix unités, peuvent être présentées ci-après de par la répartition par armes :

 
   

ZDP / 1ère RM

ZDN / 2ème RM

ZDO / 3ème RM

ZDSO / 4ème RM

ZDSE / 5ème RM

ZDE / 6ème RM

Total

Combat

Régiment de cavalerie légère (AML-60 / AML-90)

1

2

2

3

4

3

15

Régiment d'infanterie portée (Camionnettes tactiques)

3

6

6

9

12

9

45

Appuis

Compagnie du génie

1

2

2

3

4

3

15

Soutien

Régiment de commandement et de soutien

1

2

2

3

4

3

15

Total

6

12

12

18

24

18

90

 

En 1977 il était prévu que chaque division de réserve soit dérivée d'une des onze divisons d'active (blindée ou d'infanterie) présentes en métropole sachant que la 6ème division blindée sert à dériver la division du Rhin (non comptée dans le tableau ci-avant puisque rattachée à la 1ère armée). Cette organisation est très lourde et ne pourra pas être mise en pratique dans sa plénitude.

 

Désormais, et cette situation est valable 1er janvier 1989, chaque zone de défense / région militaire met sur pied une brigade de zone. Quatre divisions d'infanterie sont mises sur pied pat les écoles et centres de formation. Il faut savoir en effet que la 4ème division aéromobile, la 6ème division légère blindée et la 11ème division parachutiste ne mettent pas sur pied de division de réserve et que les 12ème et 14ème division d'infanterie ont été dissoutes et remplacées par des divisions légères blindées – école portant les mêmes numéros.

 

Pour ce qui est des unités en comparant les deux tableaux, nous pouvons voir que l'on passe de quatre-vingt dix unités de réserve en 1977 à soixante-dix neuf unités en 1984 soit onze unités en moins. Cependant ces chiffres sont à expliquer car :

 

a – on perd sept régiments de cavalerie légère (seuls les états-majors et escadrons de commandement et de soutien sont dissous, les escadrons de combat sont répartis dans les RIAD) et sept régiments de commandement et de soutien.

 

b – on passe de quarante-cinq régiments d'infanterie portée à dix-huit unités de même ordre soit une baisse de vingt-sept unités, mais l'on gagne vingt-trois régiments interarmes divisionnaires et six régiments de réserve. Cependant, la puissance de feu et le nombre d'hommes n'est pas la même pour ces nouvelles unités par rapport aux unités d'infanterie portée.

 

c – le seul bénéfice est que l'on passe de quinze compagnies du génie (une par division) à seize compagnies du génie (deux par brigades).

 

Pour ce qui est des unités issues des écoles, on passe de quatre divisions d'infanterie « école » à une seule unité de même rang pour la défense opérationnelle du territoire.

 

En effet sont dissoutes les 131ème, 141ème et 151ème divisions d'infanterie « école » qui sont mixées et servent à mettre sur pied les 12ème et 14ème divisions légères blindées « école » qui entrent dans la composition de la 1ère armée. Ainsi une partie des unités servant à la défense opérationnelle du territoire en 1977 doivent combattre en première ligne à partir de 1984.

 

- - - / - - -
b
/ RÉCAPITULATIF DES MOYENS BLINDES :

 

Le tableau ci-après prend en compte les huit régiments de cavalerie légère affectés aux brigades de zone (dont le régiment de cavalerie légère de la 152ème division d'infanterie « école ») et les vingt-trois escadrons d'automitrailleuses légères administrés par les régiments interarmes divisionnaires. De plus, un régiment de cavalerie légère de réserve mis sur pied dans la zone de défense de Paris / 1ère région militaire et comptant comme élément organique de cette entité sont à compter dans ce tableau.

 
   

ZDP / 1ère RM

ZDN / 2ème RM

ZDO / 3ème RM

ZDSO / 4ème RM

ZDSE / 5ème RM

ZDE / 6ème RM

Total

Régiment de cavalerie légère

AML-60

58

29

29

29

58

58

261

Régiments interarmes divisionnaires

18

27

27

36

54

45

207

Régiment de cavalerie légère

AML-90

24

12

12

12

24

24

108

Régiments interarmes divisionnaires

6

9

9

12

18

15

69

 

Total

106

77

77

89

154

142

645

 

Les règles de dotation en vigueur dans les unités blindées rattachées à la Défense Opérationnelle du Territoire.

 
  • le régiment de cavalerie légère de réserve compte :

    • 29 automitrailleuses légères dotées du mortier de 60 mm se chargeant par la culasse, deux de ces engins sont des engins de commandement régimentaires

    • 12 automitrailleuses légères dotées du canon de 90 mm GIAT modèle F1.

 
  • le régiment inter-arme divisionnaire de réserve disposant d'un escadron d'automitrailleuses compte :

    • 9 automitrailleuses légères dotées du mortier de 60 mm se chargeant par la culasse,

    • 3 automitrailleuses légères dotées du canon de 90 mm GIAT modèle F1.

 

Pour les neuf régiments de cavalerie légère de réserve et d'école, nous arrivons donc à un total de :

 
  • 261 automitrailleuses légères dotées du mortier de 60 mm se chargeant par la culasse,

  • 108 automitrailleuses légères dotées du canon de 90 mm GIAT modèle F1.

 

Pour les vingt-trois régiments régiment inter-arme divisionnaire de réserve, nous arrivons donc à un total de :

 
  • 207 automitrailleuses légères dotées du mortier de 60 mm se chargeant par la culasse,

  • 69 automitrailleuses légères dotées du canon de 90 mm GIAT modèle F1.

- - - / - - -
3
/ LA FORCE D'ACTION RAPIDE :

 

- - - / - - -
a
/ PRÉSENTATION GÉNÉRALE :

 

La loi n° 83-606 du 8 juillet 1983 portant approbation de la programmation militaire pour les années 1984-1988 met sur pied une grande force expéditionnaire capable d'agir en Centre-Europe ou dans le reste du monde dans des conflits dits intermédiaire, il s'agit de la « Force d'Action Rapide ».

Comme nous pouvons le voir, cette grande unité de commandement, outre la brigade logistique, dirige cinq unités de combat pouvant se répartir en trois groupes, à savoir :

 
  • Groupe de combat antichars :

    • 4ème division aéromobile

 
  • Groupe de combat blindé :

    • 6ème division légère blindée

    • 9ème division d'infanterie de Marine

 
  • Groupe d'intervention :

    • 11ème division parachutiste

      • 27ème division alpine

Ces trois groupes sont innovants de par la maîtrise de leur savoir-faire. En effet, chacune des unités est spécialisée dans un domaine propre mais elle apporte une plus-value aux quatre autres unités.

 

Contrairement au bloc monolithique qu'est le corps blindé-mécanisé avec ses unités d'infanterie lourde ou médiane, la Force d'Action Rapide allie souplesse et rapidité. En effet, l'armée française manie un certain savoir-faire de par l'utilisation de trois de ces unités, les 9ème division d'infanterie de Marine, 11ème division parachutiste et 27ème division alpine. Les régiments qui composent ces trois unités ont une longue tradition d'intervention extérieure et la création de la « Force d'Action Rapide » se veut être le catalyseur de ces traditions.

 

A ce titre, la devise « Vite – Fort – Loin » est tout à fait appropriée. La 4ème division aéromobile, de par sa capacité à agir dans la troisième dimension de par des contre-attaques antichars à base d'actions héliportées et les 6ème division légère blindée et 9ème division d'infanterie de Marine, de par leur capacité à effectuer de véritables raids blindés permettent de bloquer une action ennemie de manière bien plus prompte que le corps blindé mécanisé.

 

La 11ème division parachutiste et la 27ème division alpine ne sont pas capables de fournir un tel engagement mais leurs unités d’infanterie légère peuvent agir en des terrains ou les unités blindées / mécanisées ne peuvent accéder.

 

Présentons ci-après la contexture régimentaire de ces unités :

 
   

4ème DAM

6ème

DLB

9ème DIMa

11ème

DP

27ème

DA

Total

Combat

Régiment de cavalerie légère

(AMX-10 RC / ERC-90 Sagaie / AML-90)

/ …

2

2

1

1

6

Régiment d'infanterie motorisé (VAB)

/ …

2

2

/ …

/ …

4

Régiment d'infanterie portée (Camionnettes tactiques) à vocation parachutiste

/ …

/ …

/ …

6

/ …

6

Régiment d'infanterie portée (Camionnettes tactiques) à vocation alpine

/ …

/ …

/ …

/ …

6

6

Régiment de combat aéromobile

1

/ …

/ …

/ …

/ …

1

Régiment d'hélicoptères de combat

3

/ …

/ …

/ …

/ …

3

Appui

Régiment d'artillerie tractée

/ …

1

1

1

1

4

Régiment du génie

/ …

1

1

1

1

4

Soutien

Régiment de commandement et de soutien

/ …

1

1

1

2

5

Base opérationnelle mobile aéroportée

/ …

/ …

/ …

1

/ …

1

Régiment d'hélicoptères de commandement et de manœuvre

1

/ …

/ …

/ …

/ …

1

Total

5

7

7

11

11

41

 

Contrairement aux trois corps d'armée classiques ou sur quatre-vingt six unités, dix régiments sont issus des école et six régiments de la réserve, nous pouvons affirmer ici que seules deux unités du génie sur les quarante et un régiments sont issues de la réserve.

 

De plus ces deux unités existent déjà en partie en temps de paix. En effet les deux régiments du génie de la 9ème division d'infanterie de marine et de la 27ème division alpine devant être organisés en trois compagnies de combat ont déjà deux compagnies de combat active et un embryon d'état-major régimentaire.

 

- - - / - - -
b
/ RÉCAPITULATIF DES MOYENS BLINDES :

 
 

4ème DAM

6ème

DLB

9ème DIMa

11ème

DP

27ème

DA

Total

AMX-10 RC

/ …

72

/ …

/ …

/ …

72

ERC-90

/ …

/ …

72

/ …

/ …

72

AML-90

/ …

/ …

/ …

36

36

72

Total

/ …

72

72

36

36

216

 

Rappelons les règles de dotation en vigueur dans les unités affectées à la Force d'Action Rapide

 
  • le régiment de cavalerie légère compte :

    • soit 36 engins blindés reconnaissance-feu de type AMX-10 RC dotée du canon de 105 mm BK MECA L/48 Modèle F2 par régiment pour deux unités d'active

    • soit 36 engins blindés reconnaissance-feu de type ERC-90 Sagaie dotée du canon de 90 mm CN90 Modèle F1 par régiment pour deux unités d'active

    • soit 36 automitrailleuses légères dotées du canon de 90 mm GIAT modèle F1 par régiment pour deux unités d'active

- - - / - - -
4
/ CONSTAT GÉNÉRAL DES UNITÉS DE MÉTROPOLE :

 

Pour conclure, nous présentons ci-après divers tableaux reprenant les totaux des trois grands ensembles présentés supra :

 

- - - / - - -
a
/ RÉCAPITULATIF DES UNITÉS :

 
   

1ère armée

Force d'Action Rapide

Défense Opérationnelle du territoire

Total

Combat

Arme Blindée Cavalerie

23

6

9

38

137

Infanterie

32

17

47

96

Aviation légère de l'Armée de terre

/ …

3

/ …

3

Appui

Artillerie

17

4

/ …

21

55

Génie

14

4

16

34

Soutien

Train

11

6

8

25

26

Aviation légère de l'Armée de terre

/ …

1

/ …

1

Total

97

41

80

218

 

Les unités de l'armée de terre réparties dans les trois ensembles que sont la 1ère armée, la Défense Opérationnelle du Territoire et la Force d'Action Rapide représentent un ensemble de deux-cent dix-huit unités de combat, d'appui et de soutien. Mentionnons cependant que seize de ces unités sont des compagnies du génie (Défense Opérationnelle du territoire) et qu'une de ces unités et un bataillon du génie (1ère armée)

 

Ce corps de bataille, hors unités organiques d'armée, de corps d'armée ou de brigades logistiques, organisé en deux-cent-un régiments, un bataillon indépendant et seize compagnies formant corps répartit ses unités de la manière qui suit :

 
  • 97 unités se trouvent affectées la 1ère armée soit 44,50 % du total global des unités,

  • 80 unités se trouvent affectées à la Défense Opérationnelle du Territoire soit 36,70 % du total global des unités,

  • 41 unités se trouvent engins blindés à la Force d'Action Rapide soit 18.80 % du total global des unités.

- - - / - - -
b
/ RÉCAPITULATIF DES MOYENS BLINDES :

 

Après avoir regroupé les trois tableaux des effectifs en matière d'engins blindés, nous pouvons donc constater que l'armée de terre déploie en temps de guerre 2334 engins, ces engins peuvent également être classées selon leur nombre soit d'une manière décroissante :

 
   

1ère armée

Force d'Action Rapide

Défense Opérationnelle du territoire

Total

Chars de bataille

AMX-30 B2

467

/ …

/ …

467

1258

AMX-30 B

791

/ …

/ …

791

Automitrailleuses légères

AML-60

/ …

/ …

468

468

753

AML-90

36

72

177

285

Engins appui-feu

AMX-10 RC

196

72

/ …

268

348

ERC-90

8

72

/ …

80

Chars légers

AMX-13/90

16

/ …

/ …

16

 

Total

1514

216

645

2375

 

Ces 2375 engins blindés se répartissent de la manière qui suit :

 
  • 1514 engins blindés se trouvent affectés la 1ère armée soit 63.75% du total global des engins,

  • 645 engins blindés se trouvent affectés à la Défense Opérationnelle du Territoire soit 27.16 % du total global des engins,

  • 216 engins blindés se trouvent affectés à la Force d'Action Rapide soit 9.09 % du total global des engins.

 

Nous pouvons également les classer comme suit :

 
  • 1258 engins blindés sont des chars de bataille soit 52.97 % du total global des engins,

  • 753 engins blindés sont des automitrailleuses légères soit 31.71 % du total global des engins,

  • 348 engins blindés sont des engins appui-feu soit 14.65 % du total global des engins,

  • 16 engins blindés sont des chars légers soit 0.67 % du total global des engins.

 

Ces 2375 engins peuvent être également rangés de par leur armement principal soit :

 
 

Unités d'active

Unités « école »

Unités de réserve

Total

Canons de 105 mm

1401

125

/ …

1526

Canons de 90 mm

160

44

177

381

Mortiers de 60 mm

/ …

/ …

468

468

Total

1561

169

645

2375

 

Nous trouvons donc :

 
  • 1526 canons sont de calibre 105 mm, soit 64.25 % du total général, ils se répartissent en :

    • 1258 canons de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 montés sur les chars de bataille de type AMX-30 B ou AMX-30 B2,

    • 268 canons BK MECA L/48 Modèle F2 montés sur les engins blindés reconnaissance-feu de type AMX-10 RC.

 
  • 381 canons sont de calibre 90 mm, soit 16.04 % du total général, ils se répartissent en :

    • 285 canons de 90 mm GIAT modèle F1 montés sur automitrailleuses légères de type AML 90,

    • 80 canons de 90 mm CN90 Modèle F1 montés sur engins blindés reconnaissance-feu de type ERC-90 Sagaie,

    • 16 canons de 90 mm modèle F3 montés sur chars légers de type AMX-13/90.

 
  • 468 mortiers de 60 mm, soit 19.71 % du total général, se chargeant par la culasse sont montés sur les automitrailleuses légères de type AML-60.

 

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B /
DÉPARTEMENTS ET TERRITOIRES D'OUTRE-MER - FORCES PRÉPOSITIONNÉES EN AFRIQUE :

 

Outre les unités métropolitaines présentées supra, l'armée de terre usent de forces de souveraineté dans les départements et territoires d'Outre-mer. Mais l'armée de terre, riche de son passé colonial et en accord avec les politiques de partenariat avec les états africains, possède des bases militaires dans ces pays permettant le positionnement de forces d'intervention et de stabilisation.

 

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1 / FORCES DE SOUVERAINETÉ –
DÉPARTEMENTS ET TERRITOIRES D'OUTRE-MER :

 

Les forces de souveraineté de l'armée de terre sont installées dans les départements et territoires d'outre-mer :

 
  • les Forces Armées du Groupe Antilles - Guyane (FAGAG) sont positionnées dans les départements de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane

  • les Forces Armées de la Zone Sud de l'Océan Indien (FAZSOI) sont positionnées dans le département de la Réunion et sur l’île de Mayotte

  • les Forces Armées en Polynésie Française (FAPF) sont positionnées sur diverses îles du territoire d'outre-mer de la Polynésie

  • les Forces armées en la Nouvelle-Calédonie (FANC) sont positionnées sur les diverses îles composant ce territoire d'outre-mer.

Comme nous pouvons le voir sur ce schéma, ces troupes de souveraineté, à l'exception du DÉTALAT en Nouvelle-Calédonie et du 815ème bataillon de transmissions en Polynésie Française, sont presque exclusivement composées d'unités issues des Troupes de Marine ou de la Légion étrangère. En effet, nous dénombrons quatorze unités de combat et de soutien se répartissant en :

 
  • Huit unités de combat :

    • 2ème régiment parachutiste d'infanterie de Marine,

    • 3ème régiment étranger d'infanterie,

    • 9ème bataillon d'infanterie de Marine,

    • 33ème régiment d'infanterie de Marine,

    • 41ème régiment d'infanterie de Marine,

    • Régiment d'infanterie de Marine du Pacifique / Nouvelle-Calédonie,

    • Régiment d'infanterie de Marine du Pacifique / Polynésie,

    • Détachement de la Légion Étrangère à Mayotte gardant les traditions du 2ème régiment étranger de Cavalerie.

 
  • Six unités de soutien :

    • 5ème régiment étranger

    • 16ème bataillon de commandement et des services gardant les traditions du 16ème régiment d'infanterie de Marine,

    • 42ème bataillon de commandement et des services gardant les traditions du 42ème régiment d'infanterie de Marine,

    • 53ème bataillon de commandement et des services gardant les traditions du 53ème régiment d'infanterie de Marine,

    • 815ème bataillon de transmissions,

    • Détachement de l'Aviation légère de l'Armée de terre.

 

Les huit unités de combat sont presque toutes des unités interarmes à dominante d'infanterie. En effet ces régiments ou bataillons sont toutes dotées de compagnies d'infanterie portée avec adjonction de groupe de mortiers lourds, d'escadron d'automitrailleuses légères de type AML-90 et pour certaines d'entre elles nous avons également des batteries d’artillerie dotées d'obusiers de type 105 mm HM2.

 

Une partie de ces unités est constituées de troupes dites « autochtones » auxquelles s'ajoutent des éléments en « MCD » (mission de courte durée). Ces troupes sont fournies par les unités métropolitaines des Troupes de Marine ou de la Légion étrangère.

 

Les trois bataillons de commandements et des services ont comme mission essentielle est de soutenir tous les organismes de commandement et les services de l'armée de Terre. Ces unités peuvent participer aux missions de sécurité et constituer une base logistique arrière pour les opérations extérieures.

 

Le 5ème régiment étranger est une unité particulière car il soutient le centre d’expérimentation du Pacifique. Il est constitué de légionnaires et de personnels du génie. Sa mission n'est pas le combat mais le soutien et l'entretien des sites sensibles.

 

Le DÉTALAT en Nouvelle-Calédonie est créé à la fin de l'année 1984 sur l'emprise de la base aéronavale de la Tontouta. Au 1er janvier 1989, ce détachement est constitué de cinq hélicoptères de transport de type SA.330Ba Puma codifiés « CNA » à « CNE ». Il s'y ajoute les engins de l'Armée de l'Air, de la Marine et de la Gendarmerie qui sont également basés sur l'emprise de cette base aéronavale (hélicoptères de surveillance de type AS.350B Écureuil / hélicoptères de transport de type SA.330Ba PUMa / appareils de surveillance de type Gardian / appareils de transport de type C-160 Transall).

 

Faisant suite à ces quatorze unités, les Troupes de Marine gèrent administrativement six unités du service militaire adapté, à savoir :

 
  • 1er régiment du service militaire adapté gardant les traditions du Régiment mixte des Antilles - Guyane,

  • 2ème régiment du service militaire adapté gardant les traditions du 10ème régiment d'artillerie coloniale,

  • 3ème régiment du service militaire adapté gardant les traditions du 5ème régiment d'artillerie coloniale,

  • 4ème régiment du service militaire adapté gardant les traditions du 7ème régiment d'artillerie coloniale, avec un détachement à Mayotte

  • Groupement du service militaire adapté / Guyane perpétuant les traditions du 28ème régiment interarmes d’Outre-mer.

  • Groupement du service militaire adapté / Nouvelle-Calédonie

 

Ces régiments et autres groupements sont la quintessence d'un service militaire adapté à l'insertion professionnelle de la jeune population des départements et territoires d'outre-mer. Ce système, instauré en 1961, se veut une aide à l'emploi permettant le développement économique par la formation de la jeunesse.

 

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2 / FORCES DE PRÉPOSITIONNÉES EN AFRIQUE
 :

 

L'armée française se trouve également positionnée dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest et à Djibouti dans le cadre d'accord de coopération militaire, nous avons donc :

 
  • les Forces Françaises Stationnées à Djibouti (FFSD),

  • les Troupes Françaises au Gabon (TFG),

  • les Forces Françaises du Cap-Vert (FFCV),

  • les forces françaises stationnées en Côte d'Ivoire (FFSCI).

 

Nous avons également des interventions dans deux pays africains sous le principe des accords de coopération technique aux forces armées :

 
  • les Éléments Français d'Assistance opérationnelle en République Centrafricaine (EFAO),

  • les Éléments Français d'Assistance opérationnelle au Tchad (EFT).

A l'exception des divers éléments intervenants au titre du DÉTALAT, les troupes de l'armée de terre stationnées en Afrique au titre de la coopération militaire sont toutes issues des Troupes de Marine ou de la Légion étrangère. En effet, nous dénombrons :

 
  • Six unités de combat et d'appui :

    • 5ème régiment interarmes d'outre-mer,

    • 6ème bataillon d'infanterie de Marine,

    • 13ème demi-brigade de la Légion Étrangère,

    • 23ème bataillon d'infanterie de Marine,

    • 43ème bataillon d'infanterie de Marine,

    • DÉTALAT de Djibouti.

 
  • Une unité de soutien :

    • 10ème bataillon de commandement et des services

 

Ces unités de combat sont toutes des unités interarmes à dominante d'infanterie stationnant sous commandement d'un état-major inter-armes. En effet ces régiments ou bataillons sont toutes dotées de compagnies d'infanterie portée ou infanterie parachutiste avec adjonction de groupes de mortiers lourds, de pelotons ou d'escadrons d'automitrailleuses légères de type AML-90 ou de chars légers de type AMX-13/90 ou AMX-13 SS11. Pour certaines d'entre elles nous avons également des batteries d’artillerie dotées d'obusiers de type 105 mm HM2 de type 155 mm BF50 ou même de canons antiaériens de 20mm, de 30 mm ou de 40 mm.



 

Comme pour les unités de souveraineté, une partie de ces unités est constituées de troupes dites « autochtones » auxquelles s'ajoutent des éléments en « MCD » (mission de courte durée).

 

Ces unités de combat sont la préfiguration de ce que seront vingt ans plus tard les « GTIA » à savoir les Groupements Tactiques Interarmes. Pour ce qui est du bataillon de commandements et des services nous nous référerons à la note rédigée supra.

 

Le DÉTALAT de Djibouti, à l'effectif de 140 hommes (8 officiers, 89 sous-officiers et 43 hommes du rang) se compose d'une escadrille de commandement et des services et d'une escadrille des moyens aériens avec un peloton de cinq hélicoptères antichars de type SA316B Alouettes III flanqués de missiles SS11 en sabord et un peloton de cinq hélicoptères de transport de type SA.330Ba Puma et de deux avions légers de liaison de type Cessna L-19E Bird Dog. Il s'y ajoute les engins de l'Armée de l'Air encadrées par l'escadrille de transport Outre-Mer 88 (hélicoptères de type SA.316B Alouettes III / appareils de transport de type C-160 Transall)

 

Mentionnons également qu'au titre de la coopération technique, les unités de combat ainsi que le DÉTALAT intervenants dans le cadre des Éléments Français d'Assistance opérationnelle en République Centrafricaine et au Tchad interviennent en qualité de troupes en mission extérieure et non pas rattachée comme unité « MCD ».

 

Ces deux opérations au Tchad et en République Centrafricaine entrent dans le cadre de la coopération technique qui se divise en :

  • un soutien logistique (ravitaillement, carburant, transport, formation)

  • un appui – renseignement

 

A ce titre au 1er janvier 1989, les éléments français au Tchad s'incarnent dans plusieurs compagnies de combat du 2ème régiment étranger de Parachutiste et dans la 1ère batterie de tir du 403ème régiment d'artillerie. Cette dernière unité est la seule à pouvoir se targuer d'avoir effectué une action de guerre. En effet, le 07 septembre 1987, cette batterie a abattu à l'aide d'un missile Hawk un bombardier Libyen de type Tupolev 22.

 

Le DÉTALAT des Éléments Français d'Assistance opérationnelle en République Centrafricaine, constitué le 20 septembre 1979 à Banguy et doté de quatre hélicoptères de transport de type SA.330Ba Puma codifiés « COA » à « COD » est à l'effectif de 26 hommes.

 

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3 / RÉCAPITULATIF DES MOYENS BLINDÉS AFFECTÉS DANS LES DÉPARTEMENTS ET TERRITOIRES D'OUTRE-MER ET AUX TROUPES PRÉPOSITIONNÉES EN AFRIQUE :

 
 

5ème RIAOM

6ème BIMa

13ème DBLE

23ème BIMa

43ème BIMa

RIMAP / NC

RIMAP / P

EFAO

Total

AMX-13/90

16

/ …

/ …

/ …

/ …

/ …

/ …

/ …

16

AMX-13 SS11

12

/ …

/ …

/ …

/ …

/ …

/ …

/ …

12

AML-90

/ …

4

12

12

12

4

12

12

68

Total

28

4

12

12

12

4

12

12

96

 

Comme nous pouvons le voir, la répartition est la suivante :

 
  • la monture la plus utilisée est l'automitrailleuse légère de type AML-90 à canon de 90 mm GIAT modèle F1 avec une dotation de 68 engins sur les 96 répertoriés en Outre-mer, en effet cinq des treize unités de combat ont un escadron d'automitrailleuses légères alors que deux autres unités ont un peloton.

  • les engins restant sont les 28 chars légers de type AMX-13 affectés au 5ème régiment interarmes d'Outre-mer. Ces engins blindés se répartissent de la manière suivante :

    • 16 chars légers de type AMX-13/90 à canon de 90 mm modèle F3 dans un escadron de combat,

    • 12 chars légers de type AMX-13 SS11 portant un canon de 75 mm modèle SA50 et quatre missiles antichars de type SS11 dans un escadron de combat.

 

A partir des années 1990, tous ces engins seront progressivement remplacés par les engins blindés appui-feu de type ERC-90 Sagaie qui deviendra la monture typique des unités outre-mer.

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