Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

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III / PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE L’ARMÉE DE L’AIR :

 

Tout comme l'armée de terre, l'ordre de bataille de l'armée de l'air au 01 janvier 1989 se divise en deux grands ensembles :  

  • On distingue de prime abord la grande majorité des unités composant la défense aérienne, l'aviation tactique, les unités de transport et les forces aériennes stratégiques présentes en métropole, en Corse et en Allemagne Fédérale.

  • On distingue ensuite les unités les unités de transport et de chasse présentes dans les départements et territoires d'outre-mer, en Afrique et en Amérique du Sud. 

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A /
MÉTROPOLE - CORSE – ALLEMAGNE FÉDÉRALE :

 

L'ordre de bataille de l'armée de l’air au 01 janvier 1989 sur le territoire métropolitain se divise à la fois en plusieurs grands ensembles dans un mode territorial ou du point de vue des grands commandements organiques :  

Du point de vue territorial, la France métropolitaine se divise en quatre grandes régions aériennes :  

  • 1ère région aérienne, avec poste de commandement à Metz (fusionné avec l'état-major de la FATAC), correspondant à la 6ème région militaire de l'armée de terre,

  • 2ème région aérienne, avec poste de commandement à Vélizy - Villacoublay, correspondant à la sommes des 1ère, 2ème et 3ème région militaire de l'armée de terre,

  • 3ème région aérienne, avec poste de commandement à Bordeaux, correspondant à la 4ème région militaire de l'armée de terre,

  • 4ème région aérienne, avec poste de commandement à Aix en Provence correspondant à la 5ème région militaire de l'armée de terre.  

Du point de vue organisationnel, l'armée de l'air en métropole se divise en quatre grands commandements :

 
  • le Commandement Air des Forces de Défense Aérienne (CAFDA),

  • la Force Aérienne TACtique (FATAC), fusionnée avec la 1ère région aérienne,

  • le Commandement du Transport Aérien Militaire (CoTAM),

  • le Commandement de la Force Aérienne Stratégique (CFAS).

 

 

A ces diverses forces s'y ajoutent :

 
  • Les moyens polyvalents de soutien :

    • le Commandement des Transmissions de l'Armée de l'Air (CTAA), avec poste de commandement en la base aérienne de Vélizy-Villacoublay

    • le Commandement du Génie de l’Air (CGA).

  • Le commandement des écoles.  

Chaque région aérienne regroupe un certain nombre de bases aériennes. La numérotation de chaque base aérienne est actée de par une loi du 2 juillet 1934 qui précise le rôle des différentes composantes. Au 1er janvier 1989, il existe soixante-quatorze bases aériennes se répartissant en :  

  • vingt-six bases aériennes numérotées dans la tranche « 100 » et regroupant les unités de combat, de transport ou de soutien dotées d'aéronefs,

  • vingt-cinq bases aériennes numérotées dans la tranche « 200 » et servant d'unités de support ou de bases entrepôt,

  • deux bases aériennes numérotées 551 et 552 abritant chacune un régiment du génie de l'air,

  • douze bases aériennes numérotées dans la tranche « 700 » et accueillant les diverses écoles et centres de formation de l'armée de l'air,

  • neuf bases aériennes numérotées dans la tranche « 900 » et servant aux unités de contrôle de la défense aérienne.

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B / DÉPARTEMENTS ET TERRITOIRES D'OUTRE-MER - FORCES PRÉPOSITIONNÉES EN AFRIQUE ET EN AMÉRIQUE DU SUD :

 

Outre les unités présentées supra, l'armée de l'air à l'instar de l'armée de terre use de forces de souveraineté dans les départements et territoires d'Outre-mer. Nous avons pu vous présenter les grands commandements ultra-marins de l'armée de terre, voici ceux ou l'armée de l'air est présente :

 
  • les Forces Armées du Groupe Antilles - Guyane (FAGAG) positionnées dans les départements de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane,

  • les Forces Armées en Polynésie Française (FAPF) positionnées sur diverses îles du territoire d'outre-mer de la Polynésie,

  • les Forces armées en la Nouvelle-Calédonie (FANC) positionnées sur les diverses îles composant ce territoire d'outre-mer.

Ces grands commandements sont en fait des corps d'état-major transversaux qui dirigent l'action des unités de terre, air, mer, gendarmerie et services communs. Voici ci-dessous la partie « armée de l'air » :  

Nous avons aussi écrit que l'armée française se trouve également positionnée dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest et à Djibouti dans le cadre d'accord de coopération militaire, pour l'armée de l'air nous n'avons que deux bases :  

  • les Forces Françaises Stationnées à Djibouti (FFSD),

  • les Forces Françaises du Cap-Vert (FFCV).


Il est cependant admis que les autres bases de l'armée de terre sont toutes supportées par l'armée de l'air pour leur mode de déplacement et d'appui aérien.


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IV / ÉTUDE DE DÉTAILS SUR L’ARMÉE DE L'AIR :
  

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A / MÉTROPOLE - CORSE – ALLEMAGNE FÉDÉRALE :
  

Comme nous avons pu le voir pour l'armée de terre, il en va de même pour l'armée de l'air qui regroupe en métropole la totalité des moyens de chasse, d'appui et de transport.  

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1 / LE COMMANDEMENT AIR DE LA FORCE DE DÉFENSE AÉRIENNE :
  

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a / PRÉSENTATION GÉNÉRALE :

Le commandement air des forces de défense aérienne (CAFDA), avec poste de commandent en la base aérienne 921 de Taverny, est mis sur pied en 1961. Son premier commandant est le général de corps d'armée aérien Louis Delphino, ancien commandant du régiment Normandie-Niemen. Ce commandement dirige, comme son nom l'indique, la défense aérienne de notre pays.  

La défense aérienne est principalement basée sur l'interaction de l'action de détection des divers centres présentés ci-après et de l'intervention des aéronefs des escadres de chasse.  

La conduite des opérations de défense aérienne s'opèrent des deux centres de conduite des opérations aériennes – CCOA ci-après : 

    • Base aérienne 921 de Taverny (principal)

    • Base aérienne 942 de Lyon / Mont-Verdun (repli)  

L'action de détection est régi par quatre centre d'opérations de zone – COZ et par huit centres de détection et de contrôle militaire :  

  • quatre centres d'opérations de zone – COZ :

    • COZ Nord-Est / 1ère région aérienne : Base aérienne 901 de Drachenbronn

    • COZ Nord / 2ème région aérienne : Base aérienne 927 de Tours / Cinq-Mars-la-Pile

    • COZ Sud-Ouest / 3ème région aérienne : Base aérienne 930 de Mont-de-Marsan

    • COZ Sud-Est / 4ème région aérienne : Base aérienne 942 de Lyon / Mont-Verdun  

  • huit centres de détection et de contrôle militaire :

    • 1ère région aérienne :

      • CDC 05/901 « Riesling » Base aérienne 901 de Drachenbronn

      • CDC 05/902 « Menthol » Base aérienne 902 de Contrexeville

    • 2èce région aérienne :

      • CDC 05/922 « Mazout » : Base aérienne 922 de Doullens

      • CDC 07/927 « Raki » : Base aérienne 927 de Tours / Cinq-Mars-la-Pile

      • CDC 08/928 « Menhir » : Base aérienne 928 de Brest-Loperhet

    • 3ème région aérienne :

      • CDC 04/930 « Marina » : Base aérienne 930 de Mont-de-Marsan

    • 4ème région aérienne :

      • CDC 05/942 « Rambert » : Base aérienne 942 de Lyon / Mont-Verdun

      • CDC 05/943 « Rodia » : Base aérienne 943 de Nice / Mont-Agel  

Le centre de détection et de contrôle militaire est une unité de 150 personnes environ. Pour assurer la permanence de fonctionnement, le personnel est généralement réparti en quatre escadrons. Chaque escadron prend son service de 8 heures à 17 heures le lendemain, repos les troisième et quatrième jours. Pendant son service, l’escadron arme la salle d’opérations à midi pour 24 heures. Deux escadrons ou équipes sont donc présents sur le site pendant les heures ouvrables, les deux autres escadrons qui ne « tiennent » pas la salle d’opérations sont à l’instruction ou en renfort ou font du sport.  

Le commandant d’escadron désigne les personnels devant « armer» les postes de travail conformément à la « Mise en Place» (normale, renforcée ou de crise) qui est fonction du niveau d’alerte décrété par le Centre d’Opérations de l’Armée de l’air (COAir) ou par le CODA.   

La mise en place temps de crise (ou d’exercice majeur) comporte, le cas échéant, un renfort au Centre de Coordination de Sauvetage (CCS) ou l’activation du Centre d’Elaboration et de Diffusion de l’Alerte aux Retombées (CEDAR) chargé de calculer les zones de pollutions radio actives et de transmettre l’alerte aux préfectures.  

Le centre de détection et de contrôle militaire relève du Commandement de la Défense Aérienne et des Opérations Aériennes (CDAOA), est responsable dans sa zone de responsabilité :   

  • de la surveillance de l’espace aérien,

  • de la diffusion de l’alerte vers les autorités militaires,

  • du contrôle de la circulation opérationnelle militaire et du guidage des missions d’interceptions,

  • de la mise en œuvre du Centre de Coordination et de Sauvetage (CCS) permettant de diriger les opérations de recherche et de sauvetage au profit des aéronefs civils et militaires portés disparus. C’est une mission de service public.  

Pour assurer ses missions, le centre de détection et de contrôle militaire dispose :  

  • des moyens de détection militaires et civils,

  • des moyens de traitement de l’information,

  • des moyens de visualisation,

  • des moyens de communications.  

Grâce à l’ensemble de ces moyens, regroupés sous le terme générique de STRIDA (Système de Traitement et de Représentation des Informations de Défense Aérienne), la détection et de contrôle militaire s’inscrit dans une chaîne de Défense Aérienne nationale constituée du centre de conduite des opérations aériennes situé à Taverny et des dix centres de détection et de contrôle militaire. Maillés au niveau national, ces huit centres sont connectés aux systèmes alliés équivalents.   

Faisant suite à ces centres de détection et de contrôle militaire, divers unités de combat sont affectés au fur et à mesure des années au CAFDA et sont chargés de la « Police de ciel » et de la défense des notre territoire, elles s’organisent en quatre escadres de chasse :  

  • 1ère région aérienne :

    • 2ème escadre de chasse Base aérienne 102 de Dijon-Longvic

      • Escadron de chasse 1/2 Cigognes Mirage 2000-C / Mirage 2000-B

      • Escadron de chasse 2/2 Côte d'Or Mirage 2000-B / Mirage 2000-C

      • Escadron de chasse 3/2 Alsace Mirage 2000-C

    • 30ème escadre de chasse Base aérienne 112 de Reims-Champagne

      • Escadron de chasse 1/30 Valois Mirage F1-C

      • Escadron de chasse 2/30 Normandie-Niemen Mirage F1-C

      • Escadron de chasse 3/30 Lorraine Mirage F1-C / Mirage F1-B  

  • 2ème région aérienne :

    • 12ème escadre de chasse Base aérienne 103 de Cambrai-Épinoy

      • Escadron de chasse 1/12 Cambrésis Mirage F1-C

      • Escadron de chasse 2/12 Picardie Mirage F1-C

      • Escadron de chasse 3/12 Cornouaille Mirage F1-C  

  • 4ème région aérienne :

    • 5ème escadre de chasse Base aérienne 115 d’Orange-Caritat

      • Escadron de chasse 1/5 Vendée Mirage 2000-C / Mirage F1-C / Mirage 2000-B

      • Escadron de chasse 2/5 Île-de-France Mirage F1-C

      • Escadron de chasse 3/5 Comtat-Venaissin 10 Mirage F1-B / Mirage F1-C

 

 

Comme nous pouvons le voir, aucun escadron de chasse ne stationne dans la 3ème région aérienne (Bordeaux). Six escadrons se trouvent dans le quart nord-est, alors que les six autres se trouvent également répartis dans les quarts Nord et Sud-Est de la France métropolitaine.

N'oublions pas qu'un treizième escadron de chasse appartient au CAFDA, il s'agit de l'escadron de chasse 4/30 Vexin qui stationne à Djibouti sur la base aérienne 188 avec ses dix Mirage F1-C et qui assure à la fois la sécurité aérienne de la République de Djibouti et des troupes françaises de cette enclave de la corne de l’Afrique.  

En sus des centres et des escadres présentés supra, la défense de notre territoire et plus précisément des installations militaires est confiée à des unités de défense sol/air décrites ci-après.  

En effet, c'est à la fin des années 1970 que l'armée de l'air se dote de deux moyens anti-aériens sol-air répartis dans des types d'unités :  

  • moyens sol-air de courte portée (missile « Crotale ») gérés par les escadrons de missile sol-air (EMSA), sous couvert CAFDA,

  • moyens sol-air de très courte portée (canon bitubes de 20mm 76T2), gérés par les sections de défense sol-air (SDSA), sous couvert des régions aériennes.  

Ces unités se mettent en place sur presque tous les terrains militaires. Au niveau opérationnel, elles sont mises en œuvre par des personnels dédiés de la base aérienne avec un organisation précise :  

  • exploitation des informations provenant du centre de contrôle militaire de rattachement, du radar local ou du guet aérien,

  • élaboration des consignes de tir par l'officier référent,

  • décision d’ouverture du feu par l'officier référent.  

Cependant, en 1987, sur les bases aériennes ou les sections de défense sol-air et les escadrons de missile sol-air coexistent, les deux unités fusionnent et deviennent Escadrons de Défense Sol Air. Ainsi au 1er janvier 1989, on dénombrent treize escadrons de défense sol-air :  

  • 1ère région aérienne :

    • Escadron de défense sol-air 02/950 « Sancerre » Base aérienne 702 d’Avord

    • Escadron de défense sol-air 04/950 « Servance » Base aérienne 116 de Luxeuil-Saint-Sauveur

    • Escadron de défense sol-air 05/950 « Barois » Base aérienne 113 de Saint-Dizier-Robinson

    • Escadron de défense sol-air 06/950 « Riquewihr » Base aérienne 132 de Colmar-Meyenheim

    • Escadron de défense sol-air 07/950 « Obernai » Base aérienne 124 de Strasbourg-Entzheim

    • Escadron de défense sol-air 08/950 « Woevre » Base aérienne 136 de Toul-Rosières

    • Escadron de défense sol-air 09/950 « Vaucouleurs » Base aérienne 133 de Nancy-Ochey  

  • 2ème région aérienne :

    • Escadron de défense sol-air 11/950 « Dunois » Base aérienne 279 de Chateaudun

    • Escadron de défense sol-air 13/950 « Somme » Base aérienne 103 de Cambrai-Épinoy  

  • 3ème région aérienne :

    • Escadron de défense sol-air 12/950 « Tursan » Base aérienne 118 de Mont de Marsan  

  • 4ème région aérienne :

    • Escadron de défense sol-air 01/950 « Crau » Base aérienne 125 d’Istres-Le Tubé

    • Escadron de défense sol-air 03/950 « Lure » Base aérienne 200 d’Apt-Saint Christol

    • Escadron de défense sol-air 10/950 « Chateauneuf du Pape » Base aérienne 115 d’Orange-Caritat




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