Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

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2 / LA DÉFENSE OPÉRATIONNELLE DU TERRITOIRE :

 

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a
/ PRÉSENTATION GÉNÉRALE :

 

La défense opérationnelle du territoire, de par l'ordonnance du 07 janvier 1959 sur l'organisation générale de la Défense réactualisée par le décret du 01 mars 1973, est « une des forces de la défense militaire destinées, en liaison avec les autres forces de la défense militaire et avec la défense civile, à assurer la liberté et la continuité d'action du gouvernement ainsi que la sauvegarde des organes essentiels à la défense de la France ».

 

En d'autres termes, la défense opérationnelle du territoire est faite pour :

 
  • assurer la protection des installations militaires

  • s'opposer aux actions ennemies à l'intérieur du territoire

  • mener des opérations de résistance militaire en cas d'invasion

 

A ce titre, la loi n° 83-606 du 8 juillet 1983 portant approbation de la programmation militaire pour les années 1984-1988 réorganise les forces militaires de la défense opérationnelle du territoire de par la mise sur pied de une à deux brigades de zone chacune des six régions militaires qui sont elles-mêmes transformées en zone de défense lors du passage à l'état de guerre.

 

Une division d'infanterie « école » est mise sur pied pour la défense du site de lancement des missiles nucléaires intercontinentaux – le plateau d'Albion. En sus et ne figurant pas dans le schéma présenté ci-après, sont comptés vint-trois régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires » et six unités d'infanterie de type « régiments frontières » répartis dans les vingt-deux divisions militaires territoriales.

 

Vous trouverez ci-dessous la carte d’implantation des zones de défense et des brigades de zone.
 

Après la carte, voici donc le détail des diverses unités :


  • Zone de défense de « Paris » / 1ère région militaire :

    • 102ème brigade de zone

    • 76ème et 90ème régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires »


  • Zone de défense « Nord » / 2ème région militaire :

    • 108ème brigade de zone

    • 54ème, 239ème et 243ème régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires »



  • Zone de défense « Ouest » / 3ème région militaire :

    • 109ème brigade de zone

    • 2ème, 48ème et 137ème régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires »


  • Zone de défense « Sud-Ouest » / 4ème région militaire :

    • 115ème brigade de zone

    • 15ème, 100ème, 107ème et 144ème régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires »

    • 49ème et 88ème régiments d'infanterie de type « régiments frontière »


  • Zone de défense « Sud-est » / 5ème région militaire :

    • 127ème brigade de zone

    • 152ème division d'infanterie « école »

    • 141ème, 142ème, 173ème, 292ème, 299ème et 373ème régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires »

    • 53ème régiment d'infanterie et 15ème, 22ème et 53ème bataillons de Chasseurs Alpins de type « régiments frontière »


  • Zone de défense « Est » / 6ème région militaire :

    • 107ème et 110ème brigades de zone

    • 10ème, 26ème, 37ème, 60ème et 106ème régiments d'infanterie de type « interarmes divisionnaires »


Sans compter les unités de soutien des zones de défense et en se consacrant uniquement aux grandes unités de combat, ces unités peuvent être présentées ci-après de par la répartition par armes. Elles représentent un ensemble de soixante-dix neuf unités :




ZDP / 1ère RM

ZDN / 2ème RM

ZDO / 3ème RM

ZDSO / 4ème RM

ZDSE / 5ème RM

ZDE / 6ème RM

Total

Combat

Régiment de cavalerie légère (AML-60 / AML-90)

1

1

1

1

2

2

8

Régiment d'infanterie portée (Camionnettes tactiques)

2

2

2

2

6

4

18

Régiment interarmes divisionnaire

2

3

3

4

6

5

23

Régiment frontière

/ …

/ …

/ …

2

4

/ …

6

Appuis

Compagnie du génie

2

2

2

2

4

4

16

Soutien

Régiment de commandement et de soutien

1

1

1

1

2

2

8

Total

8

9

9

12

24

17

79


Un constat simple s'impose à nos yeux, les unités constituant les grandes unités de la défense opérationnelle du territoire sont toutes de réserve, sauf la 152ème division d'infanterie « école » qui comme son nom l'indique est formée à partir des écoles et centres de formation de la 5ème région militaire.


Cette situation de prise d'arme est plus réaliste en matière de gestion des effectifs que celle prévue par la loi n° 77-531 du 19 juin 1976 portant approbation de la programmation militaire pour les années 1977-1982. En effet, il avait été mis sur le papier en 1977 une organisation de la défense opérationnelle du territoire basée exclusivement sur onze divisions de réserve et quatre divisions écoles, en voici le détail ci-après :


  • Zone de défense de « Paris » / 1ère région militaire :

    • 102ème division de réserve


  • Zone de défense « Nord » / 2ème région militaire :

    • 108ème et 112ème divisions de réserve




  • Zone de défense « Ouest » / 3ème région militaire :

    • 109ème division de réserve

    • 131ème division d'infanterie « école »


  • Zone de défense « Sud-Ouest » / 4ème région militaire :

    • 111ème et 115ème divisions de réserve

    • 141ème division d'infanterie « école »


  • Zone de défense « Sud-est » / 5ème région militaire :

    • 114ème et 127ème divisions de réserve

    • 151ème et 152ème divisions d'infanterie « école »


  • Zone de défense « Est » / 6ème région militaire :

    • 104ème, 107ème et 110ème divisions de réserve


On ne trouve pas trace des régiments interarmes divisionnaires ou des régiments frontières qui n'existent pas encore. Ces grandes unités, représentant un ensemble de quatre-vingt-dix unités, peuvent être présentées ci-après de par la répartition par armes :




ZDP / 1ère RM

ZDN / 2ème RM

ZDO / 3ème RM

ZDSO / 4ème RM

ZDSE / 5ème RM

ZDE / 6ème RM

Total

Combat

Régiment de cavalerie légère (AML-60 / AML-90)

1

2

2

3

4

3

15

Régiment d'infanterie portée (Camionnettes tactiques)

3

6

6

9

12

9

45

Appuis

Compagnie du génie

1

2

2

3

4

3

15

Soutien

Régiment de commandement et de soutien

1

2

2

3

4

3

15

Total

6

12

12

18

24

18

90


En 1977 il était prévu que chaque division de réserve soit dérivée d'une des onze divisons d'active (blindée ou d'infanterie) présentes en métropole sachant que la 6ème division blindée sert à dériver la division du Rhin (non comptée dans le tableau ci-avant puisque rattachée à la 1ère armée). Cette organisation est très lourde et ne pourra pas être mise en pratique dans sa plénitude.


Désormais, et cette situation est valable 1er janvier 1989, chaque zone de défense / région militaire met sur pied une brigade de zone. Quatre divisions d'infanterie sont mises sur pied pat les écoles et centres de formation. Il faut savoir en effet que la 4ème division aéromobile, la 6ème division légère blindée et la 11ème division parachutiste ne mettent pas sur pied de division de réserve et que les 12ème et 14ème division d'infanterie ont été dissoutes et remplacées par des divisions légères blindées – école portant les mêmes numéros.


Pour ce qui est des unités en comparant les deux tableaux, nous pouvons voir que l'on passe de quatre-vingt dix unités de réserve en 1977 à soixante-dix neuf unités en 1984 soit onze unités en moins. Cependant ces chiffres sont à expliquer car :


a – on perd sept régiments de cavalerie légère (seuls les états-majors et escadrons de commandement et de soutien sont dissous, les escadrons de combat sont répartis dans les RIAD) et sept régiments de commandement et de soutien.


b – on passe de quarante-cinq régiments d'infanterie portée à dix-huit unités de même ordre soit une baisse de vingt-sept unités, mais l'on gagne vingt-trois régiments interarmes divisionnaires et six régiments de réserve. Cependant, la puissance de feu et le nombre d'hommes n'est pas la même pour ces nouvelles unités par rapport aux unités d'infanterie portée.


c – le seul bénéfice est que l'on passe de quinze compagnies du génie (une par division) à seize compagnies du génie (deux par brigades).





Pour ce qui est des unités issues des écoles, on passe de quatre divisions d'infanterie « école » à une seule unité de même rang pour la défense opérationnelle du territoire.


En effet sont dissoutes les 131ème, 141ème et 151ème divisions d'infanterie « école » qui sont mixées et servent à mettre sur pied les 12ème et 14ème divisions légères blindées « école » qui entrent dans la composition de la 1ère armée. Ainsi une partie des unités servant à la défense opérationnelle du territoire en 1977 doivent combattre en première ligne à partir de 1984.


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b
/ RÉCAPITULATIF DES MOYENS BLINDES :


Le tableau ci-après prend en compte les huit régiments de cavalerie légère affectés aux brigades de zone (dont le régiment de cavalerie légère de la 152ème division d'infanterie « école ») et les vingt-trois escadrons d'automitrailleuses légères administrés par les régiments interarmes divisionnaires. De plus, un régiment de cavalerie légère de réserve mis sur pied dans la zone de défense de Paris / 1ère région militaire et comptant comme élément organique de cette entité sont à compter dans ce tableau.




ZDP / 1ère RM

ZDN / 2ème RM

ZDO / 3ème RM

ZDSO / 4ème RM

ZDSE / 5ème RM

ZDE / 6ème RM

Total

Régiment de cavalerie légère

AML-60

58

29

29

29

58

58

261

Régiments interarmes divisionnaires

18

27

27

36

54

45

207

Régiment de cavalerie légère

AML-90

24

12

12

12

24

24

108

Régiments interarmes divisionnaires

6

9

9

12

18

15

69


Total

106

77

77

89

154

142

645


Les règles de dotation en vigueur dans les unités blindées rattachées à la Défense Opérationnelle du Territoire.


  • le régiment de cavalerie légère de réserve compte :

    • 29 automitrailleuses légères dotées du mortier de 60 mm se chargeant par la culasse, deux de ces engins sont des engins de commandement régimentaires

    • 12 automitrailleuses légères dotées du canon de 90 mm GIAT modèle F1.


  • le régiment inter-arme divisionnaire de réserve disposant d'un escadron d'automitrailleuses compte :

    • 9 automitrailleuses légères dotées du mortier de 60 mm se chargeant par la culasse,

    • 3 automitrailleuses légères dotées du canon de 90 mm GIAT modèle F1.


Pour les neuf régiments de cavalerie légère de réserve et d'école, nous arrivons donc à un total de :


  • 261 automitrailleuses légères dotées du mortier de 60 mm se chargeant par la culasse,

  • 108 automitrailleuses légères dotées du canon de 90 mm GIAT modèle F1.


Pour les vingt-trois régiments régiment inter-arme divisionnaire de réserve, nous arrivons donc à un total de :


  • 207 automitrailleuses légères dotées du mortier de 60 mm se chargeant par la culasse,

  • 69 automitrailleuses légères dotées du canon de 90 mm GIAT modèle F1.



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3
/ LA FORCE D'ACTION RAPIDE :


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a
/ PRÉSENTATION GÉNÉRALE :


La loi n° 83-606 du 8 juillet 1983 portant approbation de la programmation militaire pour les années 1984-1988 met sur pied une grande force expéditionnaire capable d'agir en Centre-Europe ou dans le reste du monde dans des conflits dits intermédiaire, il s'agit de la « Force d'Action Rapide ».
 

Comme nous pouvons le voir, cette grande unité de commandement, outre la brigade logistique, dirige cinq unités de combat pouvant se répartir en trois groupes, à savoir :


  • Groupe de combat antichars :

    • 4ème division aéromobile


  • Groupe de combat blindé :

    • 6ème division légère blindée

    • 9ème division d'infanterie de Marine


  • Groupe d'intervention :

    • 11ème division parachutiste

      • 27ème division alpine


Ces trois groupes sont innovants de par la maîtrise de leur savoir-faire. En effet, chacune des unités est spécialisée dans un domaine propre mais elle apporte une plus-value aux quatre autres unités.


Contrairement au bloc monolithique qu'est le corps blindé-mécanisé avec ses unités d'infanterie lourde ou médiane, la Force d'Action Rapide allie souplesse et rapidité. En effet, l'armée française manie un certain savoir-faire de par l'utilisation de trois de ces unités, les 9ème division d'infanterie de Marine, 11ème division parachutiste et 27ème division alpine. Les régiments qui composent ces trois unités ont une longue tradition d'intervention extérieure et la création de la « Force d'Action Rapide » se veut être le catalyseur de ces traditions.


A ce titre, la devise « Vite – Fort – Loin » est tout à fait appropriée. La 4ème division aéromobile, de par sa capacité à agir dans la troisième dimension de par des contre-attaques antichars à base d'actions héliportées et les 6ème division légère blindée et 9ème division d'infanterie de Marine, de par leur capacité à effectuer de véritables raids blindés permettent de bloquer une action ennemie de manière bien plus prompte que le corps blindé mécanisé.


La 11ème division parachutiste et la 27ème division alpine ne sont pas capables de fournir un tel engagement mais leurs unités d’infanterie légère peuvent agir en des terrains ou les unités blindées / mécanisées ne peuvent accéder.


 




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