Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

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b
/ RÉCAPITULATIF DES MOYENS BLINDES :

 
 

1er corps d'armée

2ème corps d'armée

3ème corps d'armée

Forces françaises

à Berlin

Division du Rhin

Total

AMX-30 B2

91

299

106

/ …

/ …

496

AMX-30

375

64

276

41

/ …

756

AMX-13/90

16

/ …

/ …

/ …

/ …

16

AMX-10 RC

60

72

72

/ …

/ …

204

ERC-90

11

/ …

/ …

/ …

/ …

11

AML-90

36

/ …

/ …

/ …

/ …

36

Total

589

435

454

41

/ …

1519

 

Rappelons les règles de dotation en vigueur dans les unités affectées à la 1ère armée.

 
  • le régiment de chars de bataille compte :

    • soit 70 chars de bataille de type AMX-30 B ou AMX-30 B2 dotés du canon de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 par régiment pour quatre unités d'active,

    • soit 53 chars de bataille de type AMX-30 B ou AMX-30 B2 dotés du canon de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 par régiment pour douze unités d'active,

    • soit 41 chars de bataille de type AMX-30 B dotés du canon de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 par régiment pour une unité d'active et une unité « école ».  

  • le régiment de cavalerie légère compte :

    • soit 36 engins blindés reconnaissance-feu de type AMX-10 RC dotée du canon de 105 mm BK MECA L/48 Modèle F2 par régiment pour cinq unités d'active,

    • soit 36 automitrailleuses légères dotées du canon de 90 mm GIAT modèle F1 pour une unité « école »,

  • un cas particulier quant à deux unités « école » qui ensemble ont un panachage de :

    • 53 chars de bataille de type AMX-30 B et 38 AMX-30 B2 dotés du canon de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1,

    • 24 engins blindés reconnaissance-feu de type AMX-10 RC dotés du canon de 105 mm BK MECA L/48 Modèle F2,

    • 11 engins blindés reconnaissance-feu de type ERC-90 Sagaie dotés du canon de 90 mm CN90 Modèle F1,  

  • le régiment d'infanterie mécanisée ou groupe de Chasseurs compte :

    • soit 16 chars de bataille de type AMX-30 B dotés du canon de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 par régiment pour douze unité d'active,

    • soit 12 chars de bataille de type AMX-30 B dotés du canon de type CN 105 F1 de 105 mm Modèle F1 par régiment pour une unité « école ».  

Mentionnons que les douze régiments d'infanterie mécanisée ou groupes de Chasseurs ont tous reversé au milieu des années 1980 le char de commandement de la compagnie de chars (17ème char) afin d'équiper la compagnie de chars du régiment d'infanterie mécanisée « école ».

 

Mentionnons également le cas du 30ème groupe de Chasseurs qui est la seule unité en métropole à se voir encore affecter une compagnie de chars légers doté 16 chars légers de type AMX-13/90 à canon de 90 mm modèle F3. Cette unité, bien que du modèle « régiment d'infanterie mécanisée » compte comme « régiment d'infanterie motorisée » au sein de la 7ème division blindée. En effet, il aurait du être équipé avec des véhicules de l'avant blindé au même titre que les 151ème, 152ème et 153ème régiments d'infanterie qui sont des unités d'infanterie mécanisée lors de la réforme de 1977 puis des unités d'infanterie motorisée à partir du milieu des années 1980.



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2 / LA DÉFENSE OPÉRATIONNELLE DU TERRITOIRE :

 

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a
/ PRÉSENTATION GÉNÉRALE :

 

La Défense Opérationnelle du Territoire, de par l'ordonnance du 07 janvier 1959 sur l'organisation générale de la Défense réactualisée par le décret du 01 mars 1973, est « une des forces de la défense militaire destinées, en liaison avec les autres forces de la défense militaire et avec la défense civile, à assurer la liberté et la continuité d'action du gouvernement ainsi que la sauvegarde des organes essentiels à la défense de la France ».

 

En d'autres termes, la défense opérationnelle du territoire est faite pour :

 
  • assurer la protection des installations militaires

  • s'opposer aux actions ennemies à l'intérieur du territoire

  • mener des opérations de résistance militaire en cas d'invasion

 

A ce titre, la loi n° 83-606 du 8 juillet 1983 portant approbation de la programmation militaire pour les années 1984-1988 réorganise les forces militaires de la défense opérationnelle du territoire par la mise sur pied de sept brigades de zone (une à deux brigades de zone dans chacune des six régions militaires qui sont elles-mêmes transformées en zone de défense lors du passage à l'état de guerre).

 

Une division d'infanterie « école » est mise sur pied pour la défense du site de lancement des missiles nucléaires intercontinentaux – le plateau d'Albion.

 

En sus sont comptés deux régiments d’infanterie d’active, vint-trois régiments d'infanterie de réserve de type « interarmes divisionnaires », vingt-deux régiments de commandement divisionnaire de réserve, quatorze unités de réserve de garde de points sensibles et six unités d'infanterie de réserve de type « régiments frontières » répartis dans les vingt-deux divisions militaires territoriales.

 

Vous trouverez ci-dessous la carte d’implantation des zones de défense, des brigades de zone et de la division d'infanterie « école ».

Après cette carte, voici donc le détail des diverses unités en y ajoutant diverses unités régimentaires servant au combat, à la défense des points sensibles et au commandement divisionnaire :

 
  • Zone de défense de « Paris » / 1ère région militaire :

    • 102ème brigade de zone,

    • 24ème régiments d'infanterie (active),

    • 6ème régiment de Chasseurs, 12ème et 29ème régiments de Dragons, 54ème régiment d'infanterie de Marine et 90ème régiment d'infanterie divisionnaire (unités de garde de points sensibles),

    • 76ème, 95ème régiments interarmes divisionnaires,

    • 32ème et 101ème régiments de commandement divisionnaire,
  • ?Zone de défense « Nord » / 2ème région militaire :
    • 108ème brigade de zone,

    • 54ème, 239ème et 243ème régiments interarmes divisionnaires,

    • 28ème, 33ème et 127ème régiments de commandement divisionnaire,

  • Zone de défense « Ouest » / 3ème région militaire :

    • 109ème brigade de zone,

    • 41ème régiment d'infanterie (active),

    • 2ème, 48ème et 137ème régiments interarmes divisionnaires,

    • 19ème et 118ème régiments d'infanterie divisionnaires,

    • 36ème, 65ème et xxème régiments de commandement divisionnaire,
  • ?Zone de défense « Sud-Ouest » / 4ème région militaire :
    • 115ème brigade de zone,

    • 15ème, 100ème, 107ème et 144ème régiments interarmes divisionnaires,

    • 49ème et 88ème régiments d'infanterie « frontière »,

    • 63ème, 83ème, 125ème et xxème régiments de commandement divisionnaire,

  • Zone de défense « Sud-est » / 5ème région militaire :

    • 127ème brigade de zone,

    • 152ème division d'infanterie « école »,

    • 8ème régiment d’infanterie de Marine, 142ème, 173ème, 292ème, 299ème et 373ème régiments interarmes divisionnaires,

    • 15ème, 22ème et 53ème bataillons de Chasseurs alpins « frontière » et 53ème régiment d'infanterie « frontière »,

    • 38ème, 141ème régiments d'infanterie divisionnaires,

    • 52ème, 112ème, 121ème, 122ème et xxème régiments de commandement divisionnaire,
  • ?Zone de défense « Est » / 6ème région militaire :
    • 107ème et 110ème brigades de zone,
    • 10ème, 26ème, 37ème, 60ème et 91ème régiments interarmes divisionnaires,
    • 79ème, 128ème, 133ème, 134ème et 146ème régiments d'infanterie divisionnaires,
    • 56ème, 69ème, 89ème, 109ème et 156ème régiments de commandement divisionnaire,

Les régiments de commandement divisionnaire reprennent les traditions de régiments d'infanterie. Ce sont des anciens régiments d'infanterie divisionnaire transformés en 1984 en unité de soutien et de commandement de réserve.

 

Il nous en manque trois pour avoir la liste complète.

 

Sans compter les cinq à six unités de soutien des zones de défense (ALAT, Artillerie, Train, Transmissions), ces unités de type régimentaire peuvent être présentées ci-après de par la répartition par « emploi type ». Elles représentent un ensemble de cent-dix-sept unités :

 
   

ZDP

ZDN

ZDO

ZDSO

ZDSE

ZDE

Total

Combat

Régiment de cavalerie légère

1

1

1

1

2

2

8

Régiment d'infanterie

3

2

3

2

6

4

20

Régiments interarmes divisionnaires

2

3

3

4

6

5

23

Régiments « frontière »

- - -

- - -

- - -

2

4

- - -

6

Protection

Unités de garde de points sensibles

5

- - -

2

- - -

2

5

14

Appuis

Compagnie du génie

2

2

2

2

4

4

16

Soutien

Régiment de commandement et de soutien

1

1

1

1

2

2

8

Régiment de commandement divisionnaire

2

3

3

4

5

5

22

Total

16

12

15

16

31

27

117

 

Les unités constituant la « moëlle » de la défense opérationnelle du territoire sont toutes de réserve, sauf pour les trois régiments d'infanterie portée et un régiment de cavalerie de la 152ème division d'infanterie « école » (qui comme son nom l'indique est formée à partir des écoles et centres de formation de la 5ème région militaire) et par les 24ème et 41ème régiments d'infanterie d'active.
 

Cette situation de prise d'arme est plus réaliste en matière de gestion des effectifs que celle prévue par la loi n° 77-531 du 19 juin 1976 portant approbation de la programmation militaire pour les années 1977-1982. En effet, il avait été mis sur le papier en 1977 une organisation de la défense opérationnelle du territoire basée principalement sur dix divisions de réserve et quatre divisions écoles ainsi que sur des régiments d'infanterie divisionnaire.

 

En voici le détail ci-après :

 
  • Zone de défense de « Paris » / 1ère région militaire :

    • 102ème division d'infanterie mobilisée,

    • 12ème, 29ème régiments de Dragons et 6ème régiment de Chasseurs,

    • 24ème, 32ème, 66ème, 90ème et 95ème régiments d'infanterie divisionnaire,

    • 54ème régiment d'infanterie de Marine,

  • Zone de défense « Nord » / 2ème région militaire :

    • 108ème et 112ème divisions d'infanterie mobilisées,

    • 28ème, 33ème, 127ème, 174ème régiments d'infanterie divisionnaire,

  • Zone de défense « Ouest » / 3ème région militaire :

    • 109ème division d'infanterie mobilisée,

    • 131ème division d'infanterie « école »,

    • 41ème régiment d'infanterie (active),

    • 19ème, 36ème, 48ème, 65ème, 77ème, 118ème et 137ème régiments d'infanterie divisionnaires,

  • Zone de défense « Sud-Ouest » / 4ème région militaire :

    • 111ème et 115ème divisions d'infanterie mobilisées,

    • 141ème division d'infanterie « école »,

    • 15ème, 20ème, 50ème, 63ème et 125ème régiments d'infanterie divisionnaires,

    • 49ème et 88ème régiments « frontière »,

  • Zone de défense « Sud-est » / 5ème région militaire :

    • 114ème et 127ème divisions d'infanterie mobilisées,

    • 151ème et 152ème divisions d'infanterie « école »,

    • 24ème régiment d’infanterie de Marine (active),

    • 8ème régiment d’infanterie de Marine et 38ème, 96ème, 141ème 142ème, 163ème, 173ème, 373ème régiments d'infanterie divisionnaires,

    • 53ème régiment d'infanterie « frontière »,

    • 15ème, 22ème bataillons de Chasseurs alpins « frontière »,

  • Zone de défense « Est » / 6ème région militaire :

    • 104ème et 110ème divisions d'infanterie mobilisées,

    • 60ème régiment d'infanterie (active),

    • 10ème, 26ème, 56ème, 69ème, 79ème, 89ème, 109ème, 133ème, 134ème, 155ème, 156ème, 172ème et 226ème régiments d'infanterie divisionnaire.

Reste le cas de la 107ème division d'infanterie mobilisée. Personne ne sait si cette unité a été soit prévue soit mise sur pied à un quelconque moment. Si quelqu'un à des informations sur cette unité, je suis preneur.

 

En effet, nous avons pu voir supra qu'il y avait en 1989 une 107ème brigade de zone, mais elle a été mise sur pied dès 1984 avec les éléments des 104ème et 110ème divisions d'infanterie mobilisées.

 

En 1977, les grandes divisions d'infanterie mobilisée, les divisons d'infanterie mobilisée « école », et les diverses unités régimentaires représentant un ensemble de cent trente-huit unités, peuvent être présentées ci-après de par la répartition par armes :

 
   

ZDP / 1ère RM

ZDN / 2ème RM

ZDO / 3ème RM

ZDSO / 4ème RM

ZDSE / 5ème RM

ZDE / 6ème RM

Total

Combat

Régiment de cavalerie légère (AML-60 / AML-90 / Jeep)

1

2

2

3

4

2

14

Régiment d'infanterie

3

6

7

9

13

7

45

Régiments « frontière »

- - -

- - -

- - -

2

3

- - -

5

Protection

Unités de garde de points sensibles

9

4

7

5

8

13

46

Appuis

Compagnie du génie

1

2

2

3

4

2

14

Soutien

Régiment de commandement et de soutien

1

2

2

3

4

2

14

Total

15

16

20

25

36

26

138

 

En 1977, sans compter les diverses unités régimentaires de type « infanterie divisionnaire » et « frontière », il était prévu que dix divisions d'infanterie mobilisées soient dérivée d'une des douze divisons d'active présentes en métropole sachant que la 6ème division blindée sert à dériver la zone de franchissement du Rhin (non comptée dans le tableau ci-avant puisque rattachée à la 1ère armée) et que la 7ème division blindée ne dérive aucune unité. Cette organisation est très lourde et ne pourra pas être mise en pratique dans sa plénitude.

 

Désormais, depuis 1984, chaque zone de défense met sur pied une brigade de zone (voire deux pour la zone de défense « Est »). Une seule division d'infanterie, mise sur pied par les écoles et centres de formation, sert au sein de la défense opérationnelle du territoire.
 

Il faut savoir en effet que la 4ème division aéromobile, la 6ème division légère blindée et la 11ème division parachutiste ne mettent pas sur pied d'unités de réserve et que les 12ème et 14ème division d'infanterie ont été dissoutes et remplacées par des divisions légères blindées – école portant les mêmes numéros.

 

Pour ce qui est des unités en comparant les deux tableaux, nous pouvons voir que l'on passe de cent-trente-huit unités d'active de réserve et d'école en 1977 à cent dix-sept unités en 1984 soit vingt-et-un unités en moins.

 

Ces chiffres sont à expliquer de la manière suivante :

 

a – on passe de quatorze à huit régiments ayant une mission de découverte blindée. Sur les six unités manquantes, on perd réellement deux régiments de cavalerie de réserve (seuls les états-majors et escadrons de commandement et de soutien sont dissous, les six escadrons de combat sont répartis dans les régiment interarmes divisionnaires), car les quatre autres, qui sont des unités « école » servent à la mise sur pied des 12ème et 14ème divisions légères blindées « école » entrant en ligne au sein de la 1ère armée.

 

b – on passe de quatorze à huit régiments ayant une mission de commandement et de soutien. Sur les six régiments de commandement et de soutien manquants, quatre sont effectivement dissous, deux unités « école » servent toutefois à la mise sur pied des 12ème et 14ème divisions divisions légères blindées « école ».

 

c – on passe de quarante-cinq régiments d'infanterie (dont six unités d'active) à vingt unités d'infanterie (dont trois unités d'active) soit une baisse de vingt-cinq unités, mais d'un autre côté, on gagne vingt-trois régiments interarmes divisionnaires et un régiment de réserve en 1984. Mentionnons que pour les douze régiments d'infanterie servant en 1977 dans les quatre divisions « école », deux sont des unités d'active. Pour ces douze régiments, quatre rejoindront les 12ème et 14ème divisions légères blindées « école », deux resteront à la 152ème division d'infanterie et six seront dissous.

 

d – on passe de quarante-six unités de garde de points sensibles à quatorze unités de même gabarit soit une perte sèche de trente-deux unités, certes compensée par la mise sur pied de vingt-deux régiments de commandement divisionnaire mais on a un manque global de dix unités. La mission sera en grande partie reprise par la gendarmerie qui mettra sur pied des unités de réserve dédiées.

 

e – le seul bénéfice est que l'on passe de quatorze compagnies du génie (une par division) à seize compagnies du génie (deux par brigade ou division).

 

Pour ce qui est des unités issues des écoles engagées dans la défense opérationnelle du territoire, on passe de quatre divisions d'infanterie « école » à une seule unité de même rang.

 

En effet sont dissoutes les 131ème, 141ème et 151ème divisions d'infanterie « école » qui sont mixées et servent à mettre sur pied les 12ème et 14ème divisions légères blindées « école » qui entrent dans la composition de la 1ère armée. Ainsi, comme nous avons pu le dire supra, une partie des unités servant à la défense opérationnelle du territoire en 1977 doivent combattre en première ligne à partir de 1984 au sein de la 1ère armée.




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