Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

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B – LES UNITÉS D'INFANTERIE :

 

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1 – LES UNITÉS MOTORISÉES ET PORTÉES :

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

24ème régiment d'infanterie

Vincennes

1ère région militaire / Zone de défense de Paris

Colonel CARRÉ

41ème régiment d'infanterie

Châteaulin

3ème région militaire / Zone de défense « Ouest »

Colonel MOUNIER

 

En janvier 1989 l'état-major de l'Armée dispose, dans le cadre de l'application des directives de la défense opérationnelle du territoire de deux unités d'infanterie chargées de défendre la capitale et plus particulièrement les sièges des organes de commandement de l'Armée française en cas de mise en place de la Défense Opérationnelle du Territoire et de la base de Taverny. Ce sont les 24ème régiment d'infanterie et 54ème régiment d'infanterie de Marine.

De plus, nous y joignons les troupes d'active et de réserve mises sur pied dans la zone de défense de Paris et qui ont comme missions la défense des points gouvernementaux et du CEDAR (Centre d’élaboration et de diffusion de l’alerte à la radioactivité) basé à Taverny, à savoir les :

 

Nous avons pu voir que cette mission est également tenue par le 6ème régiment de Chasseurs et au 29ème régiment de Dragons. Nous verrons également que la Gendarmerie intervient également avec une unité spécifique pour cette mission.

 

Le 24ème régiment d'infanterie, unité mise sur pied en 1988 de par la transformation nominale du 76ème régiment d'infanterie, est le régiment de Paris à part entière. Il garde la tradition de toutes les unités d'infanterie ayant stationné sur le territoire de notre capitale.

 

En effet, le 76ème régiment d'infanterie tenait le rôle, dans la mouture « 1977 » du corps de bataille de l'armée de terre, de régiment d'infanterie motorisé du 3ème corps d'armée mis sur pied en 1979. Ce type d'unité servait d'éléments organiques, à l’instar des 1er et 110ème régiment d'infanterie respectivement rattaché alors aux 1er et 2ème corps d'armée.

 

Au 1er janvier 1989, et selon les standards de temps de guerre, il s'organise en :

 
  • un état-major,

  • une compagnie de commandement d'appui et des services,

  • 1ère et 2ème compagnies de combat d'infanterie motorisée,

  • 3ème et 4ème compagnies de combat d'infanterie portée,

  • 5ème escadron d’automitrailleuses légères.

 

 

Mentionnons que les 3ème et 4ème compagnies de combat d'infanterie portée ne sont mises sur pied qu'en temps de guerre par rappel des réservistes. En temps de paix, son effectif est de 863 hommes (35 officiers, 128 sous-officiers et 700 hommes du rang). Ce chiffre est multiplié par deux en temps de guerre.

 

Le 54ème régiment d'infanterie de Marine une unité d'infanterie portée issue de la réserve, mis sur pied par le centre mobilisateur n° 5 à Pontoise, à l'effectif théorique de 1300 hommes.

 

Pour information et sortant complètement de notre étude, mentionnons qu'une unité de la gendarmerie participe dans la capitale à la même mission que le 24ème régiment d'infanterie. Il s'agit du 1er groupement blindé de la Gendarmerie mobile, commandé au 1er janvier 1989 par le Colonel LAPEYRONIE et basé au camp de Satory à Versailles (78). C'est une unité mixte mécanisée / motorisée, à l'effectif théorique de 1138 hommes, dotée de 243 véhicules divers dont 108 véhicules blindés.

 

Il s'organise en :

 
  • un état-major de groupement,

  • deux états-majors de groupe numérotés I/1 et II/1

  • escadron 1/1 doté d’automitrailleuses légères de type AML 60 et AML 90.

  • escadrons 2/1 et 3/1 dotés d'engins blindés appui-feu de type VBC 90,

  • escadrons 4/1 et 5/1 dotés de véhicules tout-terrain de type AMX-13,

  • escadrons 6/1, 7/1 et 8/1 dotés de véhicules de transport blindé de type VBRG,

 

 

En matière de véhicules blindés, nous dénombrons 108 véhicules blindés s'organisant en :

 
  • 15 automitrailleuses légères pour l'escadron 1/1, soit 9 automitrailleuses légères à mortier de 60 mm et 6 automitrailleuses légères à canon de 90 mm,

  • 28 engins blindés de reconnaissance-feu de type « VBC 90 » à canon de 90 mm pour les escadrons 2/1 et 3/1,

  • 26 véhicules de transport blindé de type « AMX-13 VTT » avec mitrailleuses de 12.7 mm pour les escadrons 4/1 et 5/1,

  • 39 véhicules de transport blindé de type « VBRG » avec mitrailleuses ANF1 de 7.61 mm pour les escadrons 6/1, 7/1 et 8/1.

 

Nous avons décrit le 1er groupement blindé de la Gendarmerie mobile comme étant une unité mixte mécanisée / motorisée. En effet, nous pouvons voir que le 1er groupe numéroté « I/1 » est une unité mécanisée, à l'instar des régiments d'infanterie mécanisée des années 1970-1980. On retrouve les schéma d'organisation avec deux escadrons blindés et deux escadrons mécanisés.

 

Le 2ème groupe, numéroté II/1, est quant à lui, une unité motorisée classique, à l'image du 24ème régiment d'infanterie avec ses trois escadrons motorisés et son escadron d'automitrailleuses légères.

 

Soulignons toutefois l'absence de deux unités importantes que sont la compagnie de commandement et des services et la compagnie d'éclairage et d'appui. Sans gloser sur l'opportunité de ces unités, soulignons toutefois que le 1er groupement blindé de la Gendarmerie mobile a vu l'existence éphémère d'un escadron 9/1 doté de mortiers de 81 mm créé le 1er novembre 1981 et dissous le 1er novembre 1983.

 

Passons maintenant aux trois unités d'infanterie qui sont sou les ordres du Commandement de la Défense du Finistère.

 

Ce commandement est non point « terrien » mais bien confié à la Marine nationale, cependant la majeure partie des troupes fait partie de l'Armée de terre.

 

Le 41ème régiment d'infanterie est de même type que les dix régiments d'infanterie motorisée que nous trouvons dans les deux divisions d'infanterie d'active et les deux divisions légères blindées d'active.

 

Pourquoi un régiment d'infanterie d'active pour une zone de défense ? La raison en est simple, la base navale de l'Ile Longue regroupe les sous-marins nucléaire lanceur d'engins de la Force Océanique Stratégique. Cette mission ne se limite pas au temps de guerre mais à bien une continuité permanente en tous temps.

 

En cas de guerre et suite à la mobilisation, le 41ème régiment d'infanterie sera épaulé par deux régiments divisionnaires, à savoir les 19ème et le 118ème régiments d'infanterie tous deux mis sur pied et mobilisés à Châteaulin.

 

Le 41ème régiment d'infanterie, après mobilisation des troupes et recueil du matériel, se compose de 1 168 hommes (soit 44 officiers, 163 sous-officiers et 961 hommes du rang) et se voit doté de 228 véhicules divers dont 95 véhicules de transport blindés de type « VAB ». Il s'organise en :

 
  • un état-major,

  • une compagnie de commandement et des services,

  • 1ère, 2ème, 3ème et 4ème compagnies de combat,

  • une compagnie d'éclairage et d'appui.

 

 

Ce régiment est spécifiquement dédié, tant en tant de paix qu'en temps de guerre, à la protection de la base navale et de ses alentours. Le fait qu'il soit doté de véhicules blindés montre l'importance de la mission de protection de site.

 

Les 19ème et le 118ème régiments d'infanterie sont des « régiments divisionnaires » chargés de la défense de points particuliers, on peut citer tous les axes routiers et les principaux nœuds de communication, les moyens de transmissions, les lieux de production d'énergie, de retraitement….

 

Ce type de régiment sera étudié dans une partie présentée ci-après.

 

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