Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

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2 – LES UNITÉS DE COMBAT INTERARMES :

 

Au 1er janvier 1989, il est mis sur pied en temps de guerre vingt-trois unités de combat interarmes de réserve agissant sous commandement des divisions militaires territoriales.

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

2ème régiment d'infanterie

Caen

32ème division militaire territoriale

/ …

8ème régiment d'infanterie de Marine

Tarascon

53ème division militaire territoriale

/ …

10ème régiment d'infanterie

Digouin

64ème division militaire territoriale

/ …

15ème régiment d'infanterie

Castres

44ème division militaire territoriale

/ …

26ème régiment d'infanterie

Essey-les-Nancy

61ème division militaire territoriale

/ …

37ème régiment d'infanterie

Monswiller

62ème division militaire territoriale

/ …

48ème régiment d'infanterie

Guingamp

31ème division militaire territoriale

Colonel (CR) TURLUET

54ème régiment d'infanterie

Noyon

22ème division militaire territoriale

/ …

60ème régiment d'infanterie

Valdahon

65ème division militaire territoriale

/ …

76ème régiment d'infanterie

Pontoise

12ème division militaire territoriale

Lieutenant-Colonel (CR) BIBAL

91ème régiment d'infanterie

Givet

63ème division militaire territoriale

/ …

95ème régiment d'infanterie

Pannes

13ème division militaire territoriale

Lieutenant-Colonel (CR) BAES

100ème régiment d'infanterie

Brive-la-Gaillarde

43ème division militaire territoriale

/ …

107ème régiment d'infanterie

Angoulême

42ème division militaire territoriale

/ …

137ème régiment d'infanterie

Fontenay-le-Comte

33ème division militaire territoriale

Lieutenant-Colonel YONNET

142ème régiment d'infanterie

Béziers

54ème division militaire territoriale

/ …

144ème régiment d'infanterie

Martignas-sur-Jalle

41ème division militaire territoriale

Colonel (CR) PANATIÉ

173ème régiment d'infanterie

Bastia

55ème division militaire territoriale

/ …

239ème régiment d'infanterie

Rouen

23ème division militaire territoriale

/ …

243ème régiment d'infanterie

Lille

21ème division militaire territoriale

/ …

292ème régiment d'infanterie

Clermont-Ferrand

52ème division militaire territoriale

/ …

299ème régiment d'infanterie

Sathonay

51ème division militaire territoriale

Lieutenant-Colonel (CR) MUDLER

373ème régiment d'infanterie

Ajaccio

55ème division militaire territoriale

Colonel (CR) VILLANOVA

 

Ces vingt-trois unités sont mises sur pied en 1984 lors de la réforme du corps de bataille et des réserves. En effet, jusqu'alors la défense opérationnelle du territoire n'avait comme axe de défense que les onze divisions de réserve et les quatre divisions d'infanterie « école » comptant trois régiments d'infanterie par grande unités.

 

En 1984, la réforme dissout les onze divisions de réserve, tandis que deux divisions d'infanterie « école » se transforment en divisions légères blindées « école » et qu'une autre est dissoute. Il ne reste donc plus que la 152ème division d'infanterie chargée de la protection du plateau d'Albion.

 

Il est mis sur pied en remplacement de ses unités sept brigades de zone regroupant une partie des moyens des divisions de réserve dissoutes. Ces brigades de zone agissent au niveau zone de défense.

 

Pour ce qui est du niveau « division militaire territoriale », il est décidé la création de vingt-trois régiments interarmes divisionnaires ou « RIAD ». Ces régiments sont des unités d'intervention agissant dans une zone bien définie, soit la région économique.

 

Comme nous pouvons le voir dans le tableau supra, la 55ème division militaire territoriale (région Corse) dispose de deux régiments.

 

Ces vingt-trois unités interarmes, à l'effectif oscillant entre 1200 et 1400 hommes et dotées de 12 automitrailleuses légères (9 AML-60 et 3 AML-90), sont organisées en :

 
  • un état-major,

  • une compagnie de commandement, d'appui et des services,

  • de quatre à cinq compagnies de combat d'infanterie portée,

  • un escadron d'automitrailleuses.

 

IMAGE 27E

 

Ces régiments interarmes divisionnaires sont des unités de lutte contre les partisans ou les groupes infiltrés d'infanterie légère.

 

La compagnie de commandement, d'appui et des services compte outre les transmissions, une section d’éclairage et de reconnaissance sur jeep, une section antichar équipée de canon de 106 mm sans recul et une section de mortiers de 120 mm ou de 81 mm.

 

Comme nous pouvons le voir sur le schéma, ce sont des unités motorisées mais chaque compagnie de combat ne répartit pas ses moyens de déplacement routier dans les groupes de combat. Il existe un groupe de transport composé de six véhicules cargos grande capacité capable de transporter les trois sections de combat soit 111 hommes.

 

Les moyens donnés aux appuis ne sont pas de dernière génération, on trouve des mortiers tractés de 81 mm et des canons sans recul de 106 mm transportés dans des véhicules cargo moyenne capacité en lieu et place des mortiers tractés de 120 mm et des missiles antichars MILAN montés sur véhicules légers tout-terrain.

 

Il en va de même pour les moyens radio : les TRPP 13 et TRPP 11 sont remplacés par la génération précédente à savoir des PRC 10 et TRPP 8.

 

L'escadron d'automitrailleuses provient des régiments de cavalerie légère des divisions de réserve. Les régiments sont dissous et leurs escadrons sont répartis dans les régiments interarmes divisionnaires. Nous avons eu le témoignage du Colonel de réserve Febiffé qui a commandé l'escadron d'automitrailleuses du 8ème régiment d'infanterie de Marine de 1985 à 1991.

 

Il nous présente son escadron qui se compose de :

 
  • un peloton de commandement,

  • un peloton de trois automitrailleuses légères à canon de 90 mm et trois véhicules légers tout-terrain de type « jeep »,

  • deux pelotons de trois automitrailleuses légères équipées d'un mortier sous tourelle de 60 mm et trois véhicules légers tout-terrain de type « jeep »,

  • 1 peloton porté sur camionnette tactique.

 

« Ces blindés légers, quoique n'étant plus de toute première jeunesse, sont simples d’emploi et rustiques. Ils permettent au commandement de disposer d'un élément mobile légèrement blindé, doté d'une bonne puissance de feu importante par rapport au reste du régiment. Cet élément est en effet plus souple d’emploi que la section de mortiers ou que la section antichar par exemple. »

 

Il est à noter quelque chose d'amusant, en effet l’escadron d'automitrailleues légères du 8ème régiment d'infanterie de Marine perpétue les traditions du 4ème escadron du 7ème Régiment de Hussards, unité de l'Arme blindée cavalerie.

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3 – LES UNITÉS « FRONTIÈRE » :

 

Passons maintenant aux régiments « frontière ».

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

15ème bataillon de Chasseurs alpins

Gap

Zone de défense « Sud-Est »

Lieutenant-Colonel (CR) CÉZANNE

22ème bataillon de Chasseurs alpins

Nice

Zone de défense « Sud-Est »

Lieutenant-Colonel (CR) GUITART

53ème bataillon de Chasseurs alpins

Barby

Zone de défense « Sud-Est »

/ …

49ème régiment d'infanterie

Ger

Zone de défense « Sud-Ouest »

/ …

53ème régiment d'infanterie

Béziers

Zone de défense « Sud-Est »

/ …

88ème régiment d'infanterie

Lannemezan

Zone de défense « Sud-Ouest »

/ …

 

Nous pouvons voir que ces six unités sont toutes mises sur pied dans les deux zones de défense du sud de la France. En effet, les 15ème, 22ème et 53ème bataillons de Chasseurs Alpins et le 53ème régiment d'infanterie sont mis sur pied dans la zone de défense « Sud-Est » alors que les 49ème et 88ème régiments d'infanterie sont mis sur mobilisés au pied du massif pyrénéen.

 

Ce type d'unité n'apparaît pas en 1984, nous avons en effet retrouvé l'organisation type du « régiment frontière » dans le TTA 155 – édition 1979. C'est en fait une unité de surveillance de zone à savoir les deux massifs des Alpes et des Pyrénées. Certains pourrait rétorquer à juste titre que ces deux massifs montagneux nous séparent de pays amis membres de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord » mais il semble que l'état-major de l'Armée de terre ait voulu se doter d'unité de surveillance aptes à détecter l'intrusion de troupes ennemis pouvant passer par des pays dits « amis ».

 

Le régiment « frontière », après mobilisation des troupes et recueil du matériel, se compose de 1 050 hommes (45 officiers, 150 sous-officiers et 855 hommes du rang) et se voit doté de 153 véhicules divers. Il s'organise en :

 
  • un état-major,

  • une compagnie de commandement et des services,

  • 1ère, 2ème, 3ème et 4ème compagnies de secteur,

  • une compagnie mobile de surveillance.

 

IMAGE 27F

 

Outre la section de commandement, la compagnie mobile de surveillance se compose de quatre sections de surveillance se divisant en trois patrouilles de surveillance dotées chacune de deux motocyclettes et d'un véhicule léger tout-terrain.

 

Les quatre compagnies de secteur sont en fait de simples compagnies de combat d'infanterie non motorisée dotées chacune de quatre sections de combat et d'une section de commandement et d'appui avec un groupe de mortiers avec deux pièces de 81 mm.

 

Nous pouvons faire la même remarque tant sur les moyens de feu que sur les transmissions que celle faite pour les régiments interarmes divisionnaires.

 

Mentionnons que l'armement tant individuel que collectif suit bien sûr le même chemin.





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