Entre réalité et prospective :
   L'armée de terre française en janvier 1989
 
David DELPORTE
 
 

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B – LES UNITÉS D'INFANTERIE :

 

Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

1er régiment d'infanterie

Sarrebourg

4ème division aéromobile

Colonel LACCONI

 

Le 1er régiment d'infanterie est une unité à part dans la galaxie des unités d'infanterie française. Il s'agit du premier et unique régiment de combat aéromobile mis sur pied par l'armée française en 1985. Il a pour mission de préparer, compléter et prolonger l'action des hélicoptères antichars des trois régiments d'hélicoptères de combat.

 

C'est la plus vieille unité d'infanterie de France, il porte jusqu'à la révolution le nom de « Picardie ».

 

En 1985, ce régiment, jusqu'alors régiment d'infanterie motorisé, élément organique du 1er corps d'armée, se transforme en régiment de combat aéromobile et intègre la 4ème division aéromobile après avoir testé cette nouvelle capacité en compagnie des 1er et 3ème régiments d'hélicoptères de combat dans ce que l'on a appelé la brigade aéromobile expérimentale « Force Éclair ».

 

Se réformant, il passe à un format de sept unités élémentaires et un groupement d'instruction à deux compagnies avec un effectif total de 1495 hommes (67 officiers, 232 sous-officiers et 1196 hommes du rang), soit :

 
  • une compagnie de commandement et des services,

  • 1ère, 2ème et 3ème compagnies d'éclairage et de combat antichars,

  • 4ème compagnie légère de renseignement,

  • une compagnie d'appui,

  • une compagnie de contre-mobilité,

  • un groupement d'instruction avec :

    • 11ème compagnie d'instruction se transformant en compagnie d'intervention aéromobile en cas de guerre

    • 12ème compagnie d'instruction.

 

 

L'unité utilise donc de nombreux matériels dont :

 
  • 274 véhicules légers tout-terrain de type Jeep / Peugeot P4 ou Auverland dont 45 servant de support pour les 45 postes de tir MILAN dans les trois compagnies d'éclairage et de combat antichars,

  • 151 motocyclettes lourdes dont 140 servent au sein de la 4ème compagnie légère de renseignement,

  • 18 canons de 20 mm antiaériens de type 53T2 montés sur autant de camionnettes tactiques de type Renault TRM 2000 servant au sein de la compagnie d'appui,

  • 7 radars RASURA et 12 postes OLIFANT servant dans la compagnie d'appui et dans les trois compagnies d'éclairage et de combat antichars

 

Faisons un point quant à la compagnie de contre-mobilité qui est incorporée au 1er régiment d'infanterie. Sur le site « Arme du génie », à une question que j'avais posé quant à cette compagnie de contre-mobilité, un membre prénommé « génie67 » m'a donné les élements de réponse, je vous livre ici ses déclarations :

 

«  Créée en 1984 à partir de la 3ème compagnie de travaux du 34ème régiment du génie, la compagnie du génie rejoint le 1er régiment d'infanterie en 1985. Composée principalement d'appelés du contingent, contrairement aux unités d'infanterie pure des unités de combat, de reconnaissance et d'appui du régiment, la compagnie est organisée en :

 
  • 1 section de commandement,

  • 1 section légère d'appui avec 2 CP20 et 2 distributeurs de mines

  • 1ère, 2ème, 3ème et 4ème sections de combat

 

De plus, un élément de commandement « génie » est incorporé à la section « état-major » de la compagnie de commandement et de soutien.


Les VL étaient des jeep Willys jusqu'à l'été 1994, date à laquelle elles ont été remplacés par l'Auverland A4 (dans tous le 1°RI). La pose de mines se faisaient soit manuellement, soit avec les deux distributeurs, soit par largage depuis hélicoptères Puma ou Cougar pour les seules mines HPD.


Dans ce cas, un sapeur était débarqué en début de ligne de mines afin de remettre les mines sur le bon côté dans les 10 minutes de délai d'armement. Un hélicoptère pouvait emporter les 112 mines d'un container, ainsi que 5 sapeurs :

 

* le chef de groupe qui donnait l'ordre de "largage" ;

* le sapeur débarqué qui mettait les mines sur le bon côté ;

* un sapeur armant les mines et les donnant ensuite aux deux largeurs ;

* deux largeurs assis à la porte (avec sangle), chargés de lancer les mines.


L'hélicoptère volait à 2-3m de hauteur et le chef de groupe en place à la porte était en liaison radio avec le pilote. Il donnait une tape sur l'épaule des largeurs pour leur faire lâcher la mine, selon la densité voulue (estimation des distances). En fin de ligne, le sapeur débarqué était récupéré.


Avec 112 mines (environ 700kg et 5 pax) la charge maxi des hélicoptères était atteinte. Il était possible de réaliser en 10 minutes une ligne de mines de 500m environ. Avec plusieurs hélicoptères, la pose se faisait comme avec le distributeur ou l'enfouisseur, avec un décalage entre les machines pour la reprise de pose.


Les autres procédés spécifiques étaient le détachement héliporté d'intervention du génie, la descente en rappel depuis hélicoptères ou en grappe (à partir de 1996 seulement).


Les sections de combat étaient équipés des matériels classiques : mines AC et AP, explosifs, 1 tronçonneuse, lots de sondage/marquage/balisage, DHPM, etc. La section commandement avait une capacité de transport théorique de 32T avec ses quatre GBC avec remorque Titan. Elle avait aussi des matériels de manœuvre de force et des tire-fort.

En 1995, la compagnie devient "compagnie du génie aéromobile" (et même "de" génie comme la Légion, suite à une erreur de frappe du SHAT). Cela entraîne la transformation d'une section de combat en section d'aide au déploiement mais les matériels (épurateur d'eau, groupe électrogène et EMAD) ne sont pas arrivés.
La compagnie est dissoute le 30 juin 1997.


Une correction (minime) : la compagnie était "aéromobile" pas "aéroportée" (en parachute) même si beaucoup de cadre venaient du 17°RGP. »

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B – LES UNITÉS DU MATÉRIEL :


Unités

Garnison

Rattachement

Chef de corps

9ème régiment de soutien aéromobile

Phalsbourg

4ème division aéromobile

Colonel MOULINIER


Le 9ème régiment de soutien aéromobile est un régiment issu de l'arme du matériel et faisant suite aux huit premiers régiments mis sur pied en 1984 – 1985.


D'abord créé le 1er juillet 1986 sous le vocable « 23ème bataillon du matériel » et prenant place à la suite des 21ème et 22ème bataillons du matériel qui sont les unités supports des régiments d'artillerie nucléaire, il prend le nom de « 9ème régiment de soutien aéromobile » le 1er juillet 1987.


Ce régiment est composé de :

      • une compagnie de commandement de de soutien,

      • 1ère et 2ème compagnies de soutien renforcées,

      • 4ème compagnie de soutien multi-technique,

      • 4ème escadron de circulation et de transport,

      • 4ème antenne chirurgicale avancée.



Si les 1ère et 2ème compagnies de soutien renforcées et la 4ème compagnie de soutien multi-technique sont bien des unités du matériel, les deux dernières unités provient soit de l'arme du train ou du service de santé des Armées.


Cela s’explique par la dissolution du 4ème régiment de commandement et de soutien de la défunte 4ème division blindée. Les unités composant de régiment du train ont été réparties entre le 4ème régiment d’hélicoptères de commandement et de manœuvre et le 23ème bataillon du matériel devenu ensuite 9ème régiment de soutien aéromobile.


Ainsi, la répartition des unités du 4ème régiment de commandement et de soutien s'est ainsi faite mais ceci n'est qu'un rappel de ce que l'on a pu écrire ci-dessus :


  • 4ème régiment d’hélicoptères de commandement et de manœuvre :

    • 4ème escadrille de commandement et de quartier général, ex-4ème escadron de commandement et de quartier général,

    • 4ème compagnie de transmission divisionnaire,


  • 9ème régiment de soutien aéromobile :

    • 4ème compagnie de soutien multi-technique, ex-4ème groupement de réparation du matériel de division blindée,

    • 4ème escadron de circulation et de transport,

    • 4ème antenne chirurgicale avancée.


Les 1ère et 2ème compagnies de soutien renforcées sont issues de la transformation nominale respective des 1er et 5ème groupements de soutien « ALAT » de Phalsbourg et de Pau. La 2ème compagnie de soutien renforcée reste à Pau au profit du 5ème régiment d'hélicoptères de combat.


Mentionnons que le 3ème groupement de soutien « ALAT », unité support du 3ème régiment d'hélicoptères de combat, n'intègre pas le 23ème bataillon du matériel devenu ensuite 9ème régiment de soutien aéromobile, mais est intégré au 1er régiment du matériel le 1er juillet 1985 sous son vocable d'alors pour devenir 3ème compagnie de soutien « ALAT » le 1er juillet 1986. Ce ne sera que le 1er août 1993, que cette compagnie basée à Étain, sera mise sous le commandement du 9ème régiment de soutien aéromobile sous le vocable « 3ème compagnie de soutien renforcée ».


Comme vous avez pu le lire, la 4ème compagnie de soutien multi-technique est issu, quant à lui, du défunt 4ème groupement de réparation du matériel de la défunte 4ème division blindée.

 

Merci à lui pour ce témoignage d'un témoin direct.




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